13 juin 2008
D'une hypothétique Constitution européenne
"J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire, afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 États membres. La question de la réécriture d’un texte plus global, scellant la dimension fondamentalement politique de l’Europe, se posera dans un second temps." (Extrait du programme de Nicolas Sarkozy)
Force est de constater que le traité de Lisbonne, que les Irlandais sont en train de rejeter, ne se limite pas aux questions institutionnelles, qu'il n'est nullement simplifié et que nul ne le conteste pas.
Je ne vais pas m'attarder sur la critique du traité de Lisbonne, puisque si l'on en croit François Fillon et le Taoiseach irlandais, le traité de Lisbonne est enterré après ce non. Je vais plutôt proposer mon programme pour une Europe fédérale, qui ne soit pas une gigantesque bureaucratie-technocratie et tous les mots négatifs se terminant par -cratie, et qui ne soit pas accusée de nous imposer sa volonté.
Je crois en une Europe fédérale réellement forte, qui intéresse la population. Pour cela, il est effectivement nécessaire, en tout cas à mon sens, de lui donner des institutions qui soient plus proches des institutions nationales des pays de l'Union. Ces institutions devraient évidemment être inscrites dans une Constitution limitée à ces questions. En bon Français, j'opterais bien pour un régime semi-présidentiel à la française, mais je sais bien que le régime français est franco-français, et qu'on a déjà suffisamment essayé de faire une Europe à la française avec le Général. Je crois donc que l'Europe a besoin d'un régime parlementaire à l'allemande-espagnole-ital... heu non, en fait, pas italienne. ^^
Il nous faut un Premier Ministre européen, qui serait le président de la Commission Européenne, véritable gouvernement européen. Afin de rendre son action plus lisible, la Commission devrait à mon sens comporter des commissaires spécialisés... des ministres, quoi. Tout cela dans le but de, même si cette idée peut faire hurler beaucoup de gens, personnaliser la politique au niveau européen. Je crois que cela ne pourra que le crédibiliser, et le jour où on pourra se plaindre que Barroso paraît dans Voici, on aura fait un grand bond en avant dans la construction européenne. Pour chapeauter tout cela, il me semble qu'on pourrait avoir un Président de l'Union aux pouvoirs limités mais néanmoins existants.
Je crois également que le Parlement Européen doit être réformé, et pourquoi pas rendu bicaméral, avec un Sénat européen représentant les nations et un Parlement élu lors d'une seule élection échelonnée sur deux jours, avec les mêmes règles partout. Élu à la proportionnelle, mais ne seraient représentés que les partis ayant dépassé 5%.
Bon, tout cela est bien joli, mais comment la voterait-on, cette nouvelle Constitution ?
Et bien je crois qu'on devrait BIEN la voter. À savoir après l'élection d'une Assemblée Constituante, élue selon les règles que j'ai énoncées plus haut. Le projet serait finalement soumis à un référendum global dans toute l'Europe, avec un seul vote global et un seul résultat. Comme ça, on pourrait sortir de l'impasse. Tant que l'Europe se fera sans les Européens, il sera impossible de la construire.
18:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : europe, traité de lisbonne, tce, irlande, sarkozy
22 mars 2008
Qu'est-ce qu'une bonne campagne ?
Alors que se termine vraisemblablement la rupture sarkozyenne, (Toréador l'explique mieux que moi) et que Nico Sarko semble commencer vraiment à faire le président qui préside...
Alors que John McCain est de mieux en mieux placé pour gagner la présidentielle américaine face à ces cons de démocrates qui auraient mieux fait de regarder ce qui s'est fait chez les socialistes français en 2007 car ils sont en train de reproduire les mêmes conneries qui nous ont fait perdre cette élection...
Alors que les socialistes ont par défaut remporté les municipales grâce à leur enracinement (et rien d'autre), et qu'ils se dirigent vers le combat des chefs, Bertrand vs. Ségolène (vous noterez qu'il n'y a aucun "gauchiste" déclaré dans la course à l'investiture)...
Je me pose la question de la présidentielle 2012. Oh, allez-vous dire, 2012, c'est loin, on s'en posera la question en 2011, au pire en 2010 ! Et bien non. La question du candidat, de la campagne, du staff de campagne, de savoir comment dézinguer le déjà indéboulonnable Sarkozy, ça, ce sont les détails techniques que nous règlerons en 2011. Mais il faut déjà savoir où l'on va dans les 4 années à venir. Presque un an est passé depuis l'élection, et j'ai l'impression que rien n'a bougé au PS. Un peu moins de cacophonie car nos chers cadres ne l'ont pas trop ouverte, et étaient chacun de leur côté ; ils pouvaient tous faire campagne de leur côté sans se croiser une seule fois. D'ailleurs, vous avez remarqué que Ségolène n'a à aucun moment affiché son soutien à Delanoë ? Mais je m'égare. Un peu moins de cacophonie, disais-je, mais c'est le calme avant la tempête.
Si le PS est si fort dans les élections locales et si mauvais dans les élections nationales, je crois que c'est parce qu'il ne sait pas faire une campagne d'envergure nationale. Il n'est pas capable de se mettre en valeur, de mettre en valeur un candidat, un programme, un bon bilan ; la catastrophe de 2002 en est le plus bel exemple. Un candidat repoussant, chiant, qui n'empêche pas la multiplication des candidatures de gauche, qui elles-mêmes attirent les électeurs de premier tour... Pourtant, Jospin avait un excellent bilan : économie au beau fixe, chômage en baisse, déficit public stabilisé, deux triomphes au foot... Une campagne mettant en avant ce bilan et la volonté de le prolonger tout en innovant, et c'était gagné. Mais la campagne fut ce qu'elle fut, Jospin s'avéra incapable de faire face à l'emballement médiatique provoqué par Jacquot et le Borgne, avec le résultat que l'on sait.
Mon prof d'histoire politique est un monsieur que j'admire beaucoup, et il nous avait cité en début de semestre la règle d'or des élections présidentielles : "Le candidat qui gagne l'élection est toujours celui qui a fait la meilleure campagne."
Après cette longue introduction, je pense que je vais couper cet article, et faire appel à vous, chers blogueurs et visiteurs. Pendant que j'y réfléchis, j'aimerais que vous utilisiez ce formidable outil de démocratie participative qu'est le blog pour me dire ce que vous pensez être une bonne campagne. Quelques pistes :
Savoir parler ? Le charisme ? Nécessaire mais pas suffisant. Encore faut-il savoir ce qu'on dit.
Avoir un projet cohérent ? Pas nécessaire, et encore moins suffisant. Voyez Jospin d'un côté (projet mais campagne à chier) et Le Pen de l'autre (pas de projet qui se tient et meilleure campagne en 2002).
Être challenger ? Je ne pense pas que ça n'avantage ni ne désavantage. Sarkozy était sortant d'un gouvernement impopulaire et il s'est fait élire, Giscard en 1981 était très populaire mais a perdu... Je pense néanmoins que la campagne est différente selon qu'on est challenger ou sortant.
Avoir une idée phare ? On se rapproche peut-être... mais hum, la démocratie participative c'était-y pas une idée-phare ? Et en 1981, Mitterrand, il avait UNE idée-phare ou CENT DIX propositions phares ?
Avoir les médias avec soi ? Souvenez-vous de 1995 : Balladur avait les médias avec lui !
Être uni, avoir son parti avec soi ? En 1995, le RPR n'était pas un modèle d'union...
Avoir un ennemi commun ? 2007 avec Sarkozy, 1965 avec de Gaulle, 1981 avec les chars soviétiques...
Je crois que c'est un peu de tout ça. En tout cas, je crois que si les socialistes doivent briser un tabou, c'est vraiment dans leur rapport aux médias et s'ils doivent se poser une question de forme, ce n'est pas sur le candidat, mais sur le "comment faire une bonne campagne." Comme ça, on pourra avoir une chance de gagner la présidentielle.
Heu... et n'allez pas croire que je viens vous dire qu'il ne faut pas se poser des questions de fond : c'est important aussi ! D'ailleurs, faire une bonne campagne, c'est aussi savoir ce que l'on veut en plus ce qu'on ne veut pas.
20:22 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : campagne électorale, sarkozy, ségolène, bayrou, présidentielle 2007
08 mars 2008
BASTONNN !
Je ne vous parlerai pas de la campagne municipale en France, on n'a plus le droit. La campagne est terminée.
Je ne vous parlerai pas de la campagne législative en Espagne, on n'a plus le droit. La campagne est suspendue après un attentat d'ETA.
Alors je vais vous parler du troisième évènement marquant de la semaine selon moi.
Vous avez entendu des trucs sur l'Amérique Latine ? Vous êtes au courant qu'il s'est passé des trucs là-bas et que ça a chauffé dans la semaine ? Oui ? Hummm... permettez-moi d'en douter. Vous pensez qu'on a frôlé la guerre tout ça parce que Chávez a massé ses troupes à la frontière colombienne après une intrusion des troupes colombiennes sur le territoire équatorien qui ont tué des membres des FARC. Humm... il vous manque quelques éléments. Même moi, il a fallu qu'on m'explique, alors que je connais les protagonistes, la situation là-bas... Imaginez le Français moyen qui entend ça !
Je tenais donc à rétablir quelques vérités sur cet évènement, et vous redonner tout le fil de l'histoire et le contexte. C'est vrai qu'en France, on a plutôt tendance penser et à faire penser (consciemment ou pas) que Chávez c'est le vilain.
Le fil de l'histoire, c'est que le président équatorien, Rafael Correa (gauche), et le président vénézuélien, qu'on ne présente plus, avaient prévu de négocier avec les FARC (qu'on ne présente plus non plus) la libération d'Ingrid Bétancourt et de quelques autres otages. Les négociations avancent, et ils conviennent d'un point de rencontre dans la jungle équatorienne, où devaient se rendre les FARC et Sarkozy pour libérer Ingrid Bétancourt.
C'était sans compter sur Álvaro Uribe, le président colombien (droite). Ce monsieur, mouillé jusqu'au cou dans les milieux mafieux et autoproclamé champion de la lutte armée contre les FARC, est également un ennemi de longue date d'Hugo Chávez et ses petits copains. Or, Chávez a il y a quelques mois de cela, s'est fait le champion de la négociation avec les FARC, prenant ainsi le contre-pied de la méthode Uribe. Autant dire que ça ne plaisait pas trop au señor Uribe. Cet abruti s'est alors juré de tout faire pour faire capoter le processus de négociation.
Aujourd'hui, l'aboutissement de cet acharnement est qu'Uribe, sitôt de point de rendez-vous connu, s'est empressé d'aller envoyer ses troupes au point de rendez-vous fixé par Correa, en violant au passage la frontière équatorienne, pour aller tuer les membres des FARC. Pour la libération d'Ingrid Bétancourt, après cette opération, autant dire que ce n'était plus tellement à l'ordre du jour. Cette information a été confirmée par l'Élysée.
Par conséquent, les relations entre l'Équateur et la Colombie se sont subitement dégradées, le président Chávez, qui participait aux négociations, n'a pas trop aimé non plus le coup foireux du colombien. On est passés à côté d'un conflit armé dans une région qui a réussi tant bien que mal à maintenir une relative stabilité sur son territoire, et ce à cause de la jalousie d'Uribe. Il aura fallu que Lula organise une conférence à Saint-Domingue pour calmer le jeu. On a d'ailleurs vu les regards que Correa et Chávez ont lancé à Uribe : ils avaient l'air tout sauf réconciliés. Enfin, comme dit l'autre, on a évité le pire, et le pire, c'est la guerre.
La question est maintenant de savoir qui a gagné et qui a perdu : pour moi, le grand gagnant est Lula. Pourquoi le président du Brésil ? Parce que c'est lui qui s'est fait le champion de la réconciliation latino-américaine. Il a réussi à se tailler une image de leader régional garant de la stabilité politique qui va certainement lui donner une bonne image.
Pour les autres, ils sont tous discrédités : Uribe parce qu'il a fait capoter un processus de libération d'otages comme un gamin qui vient casser château de cartes ; Chávez parce qu'il n'arrange pas son image d'homme impulsif (pour avoir envoyé des troupes à la frontière) ; Sarkozy et les Français parce qu'Ingrid ne va pas nous revenir de sitôt.
Seul Correa semble être sorti à peu près indemne de cette histoire, mais il faut dire qu'on le connaît pas trop.
18:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chavez, uribe, correa, venezuela, équateur, colombie, sarkozy
29 février 2008
La privatisation de la vie publique
Dans le Courrier International de la semaine dernière (celui sur Génération Obama et Sarkozy, ce grand malade), j'ai lu un article qui m'a paru lumineux. Pas tant les articles sur Obama, qui finalement ne sont pas très éclairants (d'ailleurs, je pense qu'ils ne le sont pas parce que personne ne comprend vraiment le phénomène Obama. Peut-être un article dessus dans les jours à venir...), ni ceux sur Sarkozy, ce grand malade, qui ne font que synthétiser les arguments anti-Sarko qu'on peut trouver en sortant du pays du camembert, mais un article à la fin du journal.* Je ne vais quasiment jamais jusqu'à la fin de mon CI car j'y suis abonné, mais cette semaine, j'ai pris le temps de le lire jusqu'au bout. Et il y avait une réflexion d'un philosophe, parue dans El País, qui m'a impressionné par son exactitude et sa pertinence. Il expliquait Sarkozy, le désintérêt des gens pour la politique, la personnalisation de la vie politique, le lissage des clivages, le flou des programmes politiques, les débats sur la morale, la remise en cause de la laïcité, le pathos dans les campagnes électorales... tout ça en une seule idée : la confusion public-privé.
Ce philosophe, au doux nom de Daniel Innerarity, nous explique qu'il y a une confusion public-privé qui s'est installée dans la vie de tous les jours. "On assiste à une espèce d'invasion du privé, d'extraversion du personnel sur la scène publique, un phénomène rendu possible sans doute avant tout par le fait que l'espace public officiel, banalisé et rituel, s'est vidé de sa substance et, de ce fait, est incapable d'offrir des significations communes auxquelles puissent s'identifier les individus", nous dit-il. Cela pourrait expliquer le remplacement des donnes abstraites par des histoires personnalisées, qui touchent plus les gens. En témoigne l'irruption des émissions comme Loft Story. On part de rien, et on fait une histoire. Au fait, lisez Le cauchemar médiatique, de Daniel Schneidermann. Comme les médias vivent pour le sensationnel, pour l'image, pour le choc des photos bien plus que le poids des mots, ils ont personnalisé la vie politique car les enjeux seraient trop compliquée pour les individus lambda. Et c'est comme ça qu'on choisit un candidat à la présidentielle parce que c'est une femme, ou un noir, sans regarder son programme. Suivez mon regard, et d'ailleurs la plupart du temps il vaut mieux ne pas regarder le programme.
Et si on a privatisation (si j'ose dire) de la sphère publique, on a aussi politisation de la sphère privée. "Nous vivons une époque où l'expérience privée qu'est l'identité personnelle est devenue une force politique majeure." Comme quand un homme politique met en avant son passé de vétéran du Viêt-Nam. Suivez mon regard.
En même temps, chez les individus, on a confusion entre intérêts privés et commun, entre loi et morale, entre le toléré et l'approuvé. Les individus voudraient de plus en plus une réalité à leur image, prennent leur cas pour des généralités en quelque sorte. Et c'est ça, justement, qui crée la distinction entre sphère publique et sphère privée. "Dans nos sociétés sont fréquemment formulées des revendications qui vont au-delà de la quête de justice sociale et économique : les droits politiques que nous exigeons sont le bonheur personnel, la reconnaissance morale, la gratification sexuelle ou le salut de l'âme. Or, ce sont des choses qu'il est absurde d'exiger et qui, de surcroît, ne sont pas nécessaires au développement de l'identité de chacun." Et l'auteur de citer Martin Luther King : "Nous ne demandons pas que vous nous aimiez. Nous exigeons seulement que vous cessiez de nous importuner." Et ce serait ça qu'on aurait perdu.
L'auteur termine en rappelant que la vie en société passe aussi par la tolérance de choses qui ne nous plaisent pas. Vouloir éviter à tout prix la frustration empêche de vivre en société. Et montrer ce qu'on fait de manière privée en permanence (ce que je fais aussi dans une certaine mesure par ce blog, en publiant mon nom, prénom, photo, âge, résultats de partiels, etc...) n'est pas nécessaire. "Pourquoi, dès lors, nous entêter à rechercher cet assentiment public ? Cette quête d'approbation témoigne sans doute de la profonde fragilité de l'identité, des sentiments ou des convictions religieuses." Et il conclut par "Il n'est pas possible de vivre sans espaces d'indifférence négociée, sans ce que le sociologue Erving Goffman appelait une "inattention courtoise". C'est grâce à ces espaces que nous consolidons la principale conquête de notre civilisation, qui est non pas l'assurance d'une affection réciproque mais la possibilité de vivre et même d'agir ensemble sans la compulsion d'être identiques."
C'est beau, non ?
Le lien de l'article complet est introuvable gratuit et en français. À défaut, je vous laisse avec l'article en espagnol !
*Je m'excuse pour cette phrase de 4 lignes. J'écris au fil de la plume, donc des fois c'est pas très agréable... ;-)
16:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : privé, public, politique, sarkozy, innerarity
24 février 2008
XD
J'ai trouvé une application à la con et je n'ai pas envie de parler d'un sujet sérieux, alors j'ai essayé... les résultats sont étonnants !

21:29 Publié dans Des conneries | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, carla bruni, conneries, amour
21 février 2008
JFK
Je ne vais pas ici vous parler de John Fitzgerald Kennedy, encore moins de John F. Kerry, ni de Barack Obama.
Non, c'est de l'autre JFK dont il est question : Jean-François Kahn. Vous savez, le vieux papy, récent ancien directeur de Marianne, hebdomadaire auquel j'ai été abonné pendant un an et qui s'est récemment illustré par son appel à une vigilance républicaine. Le texte dit exactement cela :
Pour une vigilance républicaine
Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.
- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.
- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.
- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.
- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.
Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.
Et il est signé par les principaux opposants à notre cher Président : Ségo, Galouzeau, Bayrou, Chevènement, Dupont-Aignan, Mamère, Montebourg...
Jusqu'ici, j'avais manifesté à l'égard de cet appel, purement formel dans la mesure où il signifiait pour moi "Sarkozy c'est pô bien", une indifférence royale. Et voilà que, presque par hasard, j'ai mis Canal+ ce soir, vers 19h20. Or, l'invité n'était autre que le papy Kahn. Connaissant ses qualités de débatteur, je me réjouissais de ce que j'allais entendre. Bah j'ai été déçu, les p'tits !
Face à Kahn, Aphatie. J'aime bien Jean-Michel Aphatie. Je le trouve impertinent juste ce qu'il faut, intelligent, un peu de gauche quand même mais pas trop biaisé. Et il prenait cette lettre sous un autre angle : parler de monarchie élective, ce s'rait-y pas un peu faire comme une partie de la gauche française en accusant la droite d'antirépublicanisme ? Il a cité Mitterrand en 1964 avec Le Coup d'État permanent, qui disait que la Vème République était une dictature parce qu'elle dérivait vers un pouvoir personnel.* Le même discours, mot pout mot.
Kahn ne s'est pas laissé faire ; habile débatteur au début, il réussissait à tourner le dialogue à son avantage en racontant des boutades quand le ton montait. Mais l'impertinence si chère à Kahn s'est vite transformée en paranoïa et en provocation systématique. Tous les membres du jury (Denisot, Massenet, etc) ont pris fait et cause pour Aphatie.
Raté pour JFK. Je l'ai trouvé très parano sur ce coup-là. Il faisait de la rhétorique dans un style très "extrême-droite", avec moins de talent qu'un Le Pen. Il est bien descendu dans mon estime, et ça m'a ouvert les yeux sur un fait concernant Jean-François Kahn : je trouve qu'il aime bien avoir raison. Et que comme il est très fort en critique, pour qu'il ait raison, il faut que ce soit aux dépens d'autres. Cette fois, il s'est lâchement attaqué à Aphatie, qui n'est peut-être pas exempt de tout reproche, mais qui est selon moi un homme respectable, voire brillant.
Ce qui m'amène à expliquer les motivations qui m'ont poussé à me désabonner de Marianne. Sur le blog Crise dans les médias, Filaplomb m'avait dit qu'il trouvait Marianne trop anti-tout (si je me souviens bien). Je lui avais répondu que j'étais d'accord, mais qu'ils le faisaient bien. Sauf que ça m'a lassé. La critique systématique, ça va cinq minutes, mais au final ça vous fait déprimer. Et puis c'est vrai que je les trouve, à plusieurs égards, très poujadistes. Les "on vous l'avait dit", ça fait un peu trop autocongratulation. J'aimais bien quand ils disaient quelque chose et que, plusieurs mois plus tard, je me rendais compte à quel point ils étaient dans le vrai. Par exemple, c'est Marianne qui a inventé l'expression "droite bling-bling". Mais ça m'a soûlé quand ils ont fait un article pour dire "on vous l'avait dit, c'est nous qu'on l'a fait."
Et surtout, la dénonciation de la surmédiatisation de Sarkozy. C'est vrai, ils ont raison, c'est pas bien. Mais de là à dire que c'est antidémocratique, il y a un pas qu'ils ont choisi de franchir et moi pas. Et surtout, ce qui m'a lassé, c'est qu'à une ou deux exceptions près, depuis le 6 mai 2007, ils ont fait quasiment toutes leurs couvertures sur Sarkozy. Heu, c'est-y pas un peu antinomique, ça ?
Pour toutes ces raisons, je me suis désabonné de leur magazine. Pour finir par ce par quoi j'ai commencé, c'est-à-dire non pas Kennedy ou Obama, mais Kahn, je le trouve capable de réflexions brillantes, mais il aime un peu trop avoir raison et ne supporte pas assez la contradiction à mon goût. Ajoutez à cela qu'il a une fâcheuse tendance à attaquer personnellement ses interlocuteurs, parfois à la limite de l'insulte. -1, Monsieur Kahn...
22:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : jean-françois kahn, marianne, jean-michel aphatie, sarkozy, république, médias
18 décembre 2007
Ca sent le Bruni
Alors celle-là, sérieusement, j'ai hésité à la mettre dans la catégorie "Politique". EDIT : Suite à une remarque, je l'en ai même enlevé. J'ai même hésité à parler des histoires du cul du Président, mais bon, on va faire comme les journalistes et on va en parler. Mais ne vous attendez pas à me voir leur envoyer des roses !
Alors comme vous le savez, Notre-Divin-Président a eu tôt fait de se retrouver une représentante de la gente féminine pour montrer que même à 52 ans, il est toujours Président séduisant. Ca a été révélé par un obscur magazine people, mais tout porte à croire que le nouveau couple l'a fait exprès. Et bien voilà : Nicolas est sorti (au sens propre en attendant le sens figuré) avec Carla Bruni. Bon, en même temps, il est Président : ça aide, car comme l'on sait, le pouvoir attire les femmes de même que les gros seins attirent les hommes ; comme quoi, l'Homme est un animal comme les autres.
Pour le choix de la personne, je dirais que lui a plutôt bon goût (en même temps, être top-model, ça se mérite) et qu'elle est mieux que Cécilia. En même temps, il eût eu plus de mal à s'en trouver une moins bien, et comme un Président, ça a autant de choix en matière de femmes que de ministres (et d'ailleurs, Rachida Dati et Rama Yade le savent bien), il a bien fait de s'en prendre une bien. Sur son choix à ELLE, hum..... comment dire..... elle était pas bien avec son Raphaël ? Elle avait absolument besoin de baisser dans mon estime à ce point ? Tant pis pour elle, elle pourra profiter pendant un petit moment d'un salaire fraîchement triplé et rapidement de deux cornes bien jolies !
Ce qui me gêne surtout dans cette opération médiatique dont Notre-Divin-Président a le secret, c'est..... ben justement, l'opération médiatique. Vous noterez que ce n'est pas officiel (même si ça ne saurait tarder), et que ça peut durer un bon moment. On les a vus ensemble, mais il faudra attendre un petit moment avant que ça ne soit vraiment officiel (au moins le temps qu'on ait tout dit là-dessus), et puis après on aura toutes les cérémonies, et ça va plaire. Et pendant ce temps, on ne parle pas du pouvoir d'achat en berne, des bourses qui rechutent, de Kadhafi, etc. Et donc il peut compenser sa baisse dans les sondages.
En plus, il a montré ça à..... Eurodisney. Je me demande d'ailleurs s'il a payé sa place et fait la queue pour le Space Mountain. Ou alors il ne faisait pas la taille requise..... ^^ Plus sérieusement, il est président du pays le plus visité au monde et il a un palais dans la plus belle ville du monde, et ce con va pointer dans ce parc d'Amerloques, qui soit dit en passant doit être sympa, mais bon, pour la symbolique c'est moyen. Faut pas pousser l'atlantisme trop loin ! Restons gaullistes, merde ! En plus, si vous voulez le hérisser, vous n'avez qu'à lui dire qu'Eurodisney c'est en BANLIEUE. Si ça se trouve, il vous répondra que voilà, qu'il avait promis pendant la campagne d'y aller, et qu'il y est allé. Oui mais Marne-la-Vallée et Nauilly-sur-Seine, ça compte pas Monsieur le Président ! Vous seriez-t-y pas de mauvaise foi, Monsieur le Président ?
EDIT 2 : j'ai rajouté un excellent blog qui a pour sujet les sondages. Pas que des chiffres, mais aussi de l'analyse sur leur utilisation et leurs effets sur les médias, les hommes politiques, etc. Ca s'appelle Sondages 2007 !
10:40 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, carla bruni, cécilia, politique, people
11 décembre 2007
La médiacratie
Je vais bientôt publier un article sur Ingrid Bétancourt. Si je vous préviens de cela, comme je l'ai fait dans mon dernier article sur le Téléthon (qui a récolté moins de dons que l'an dernier, niak niak), c'est parce que j'ai l'idée de ce billet depuis un bon moment. L'idée a germé dans mon esprit il y a trois ou quatre jours. Oups, quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Trois jours, ça fait un bon moment ?
Et oui, l'actualité, à l'heure d'Internet, des médias de masse, des blogs aussi, c'est de l'immédiateté. De sorte que si ça fait deux jours qu'on ne parle plus d'un sujet, allez hop ! À la trappe ! Sérieusement, l'actualité va de plus en plus vite, et elle est surtout de plus en plus éphémère. Pour l'expérience que j'en ai, à savoir celle de seulement quelques années (quatre, pour être précis) passées à regarder le jité et à suivre l'info sérieusement et avec un regard critique, je crois que l'information est de plus en plus balancée brute de décoffrage, sans analyse, sans rien. Une série d'images, de breaking news, de titres spectaculaires, d'attentats, de Présidents et de dictateurs dont on oubliera tout le lendemain. La semaine suivante pour les grosses infos ou ceux qui ont bonne mémoire.
Bon, et après ? On a fait le constat. Maintenant, c'est quoi le problème ? On regarde l'info comme on regarde une série américaine : une série d'images défile devant nos yeux, on en retient finalement très peu, et on peut en parler le lendemain avec les collègues de bureau qui l'ont suivie aussi. Ce n'est pas pour rien que le 13 heures de Pernaut, qui ne donne absolument aucune info (à moins que vous n'appeliez -je cite- "les vaches ne regardant pas passer les trains, et pour cause, il n'y en a pas, et ce à cause des cheminots qui se mobilisent contre une réforme plus équitable du système des retraites qui était dans le programme de Nicolas Sarkozy et c'est pour cela qu'il a été élu" de l'info), est un des jités les plus suivis de France ! Bon. Et après ? On oublie tout ce qui s'est passé aussi sec, et alors ? Faisons avec !
Je serais d'accord (et encore, non en fait) si je ne me demandais pas si les jités n'ont pas une influence un peu plus insidieuse sur nous. Des images, encore des images, toujours des images, comme aurait dit Danton, ça ne permettrait pas de faire passer, de temps en temps, un pitit message subliminal de rien du tout ? Tellement subliminal qu'on ne se rend même pas compte qu'il est là ? Allez, réfléchissez un peu..... Imaginez par exemple qu'on voie la même image, déclinée à toutes les sauces, tous les jours, à tous les jités, au milieu de l'information. On finirait par être obsédé par cette image, elle finirait par prendre une place importante dans notre cerveau, inconscient, subconscient ou je ne sais quoi..... non ?
Maintenant imaginez que cette image, elle est Présidente de la République. Vous voyez où je veux en venir ? Oui, Nicolas Sarkozy a tout à fait compris le système médiatique, et le fonctionnement de la société de l'information à outrance. Il a compris qu'il lui suffisait d'être là, tout le temps, d'avoir une info à donner, un évènement à créer, pour exister. Et ça n'a rien à voir avec ses accointances avec les grands patrons des médias, Bouygues, Arnault, etc..... (même si ça aide) car même sur la scène internationale, ça peut marcher ! Veut-il se faire un nom en Europe ? Il va se saisir d'une affaire médiatique impliquant l'Union Européenne. Au hasard, prenons les infirmières bulgares en Libye, puisque Kadhafi est en France. Il va y aller, rencontrer Kadhafi après lui avoir envoyé sa femme, va signer de juteux contrats nucléaires, et en contrepartie, il va griller tous les diplomates de l'UE et se faire un nom dans toute l'Europe ! Au détriment de l'Europe, c'est vrai, mais lui il s'en fout de l'Europe, ce qu'il veut, c'est assouvir son narcissisme.
Veut-il se faire un nom en Amérique Latine ? Il va..... mais je crois que vous avez compris !
La clé, aujourd'hui, c'est être présent. Faire l'évènement. Toujours. Mener la danse. Avoir l'initiative. Créer, et pas répondre. Jouer en premier. Parce que si on joue en deuxième, l'autre pourra toujours commencer une autre partie où il jouera en premier. UMP = Un Meneur Premier et PS = Perdant, Second ? Je le crois. Mais ça peut changer car on en est capables : Ségo l'a fait pendant la campagne interne, et Fabius l'a fait s'enliser dans une partie qu'il allait perdre (la TVA sociale).
14:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : médias, sarkozy, ingrid bétancourt, kadhafi, infirmières, hyperprésident
04 décembre 2007
Trou
Ces derniers temps, je ne sais pas trop ce qui m'arrive..... certains me diront que je change, ce qui n'est certainement pas faux (loin de là). Et pour ce qui est du blog, j'ai un petit problème : manque d'inspiration. Pourtant, on n'est pas dans un trou politique, loin s'en faut : Notre-Divin-Président est allé en Chine puis en Algérie, où il nous a dégoté des contrats bien juteux en occultant les pitits problèmes diplomatiques..... en Chine, non seulement il n'a pas parlé de droits de l'homme, ce qui bien qu'étant d'une hypocrisie suprême peut se comprendre dans la mesure où si on engueule les Chinois, ils vont exécuter 200 personnes de plus rien que pour nous faire chier, mais il a montré son fils à Hu Jintao en lui disant "je vais vous le confier, il a besoin d'autorité". Pour un peu, il félicitait la rapidité de la justice chinoise, dites-moi ! De même, il a réaffirmé que le Tibet et Taïwan faisaient partie du territoire chinois. Ici, c'est quand même un peu plus scandaleux quand on sait que le seul pays à refuser de reconnaître Taïwan est..... la Chine elle-même, et surtout parce que NS aurait très bien pu se taire. Et bien non. Là, il vient s'agenouiller et montrer patte blanche pour vendre ses armes et ses Airbus.
Dans l'actu, on a aussi SR qui sort son livre, sur un sujet tellement original : sa défaite à la présidentielle. Si j'étais un peu cynique, je dirais que sur la victoire de NS, on a eu un livre (le Yasmina Reza, vous vous souvenez ?), et que sur la défaite de SR, on a eu..... Jospin, Mélenchon, Emmanuelli, Lienemann, BHL, Frêche, Cambadélis..... je ne compte même plus combien de livres. Mais vous me connaissez, je ne suis pas cynique pour un sou, et je ne ferai pas ce petit commentaire gratuit et méchant : "Hé bien pour une fois au moins, ce n'est pas une descente en flammes de SR !" À peine le livre est-il sorti que Bartolone fait déjà une de ces remarques si utiles et si peu assassines dont il a le secret. Et j'attends les autres.....
Mais l'étudiant a un peu de mal à suivre l'actu, à mener sa vie sociale, à préparer ses partiels de dans une semaine (semaine prochaine et semaine suivante), à faire ses devoirs..... Et quand j'y réfléchis, je me dis que j'ai quand même écrit un article sur Sarko et Ségo sans trop y penser, mais je n'en avais au départ pas envie. Il me manque quelque chose, je n'arrive plus à faire de boutades, à être original..... Ah tiens, j'aurais aussi pu parler de l'après-non au référendum chaviste, vu que j'en connais un rayon sur ce sujet, ou du silence européen à propos de Poutine à cause du gaz, j'ai aussi des trucs à dire mais j'ai pas envie.
Espérons que c'est juste un petit trou d'air dans le blog, parce que d'un autre côté, les réactions, les commentaires, le dialogue avec mes lecteurs, me manquent.
En tout cas continuez à vous exprimer sur vos blogs ou à commenter mes articles, c'est ce qui fait vivre notre blogosphère !
13:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : trou, sarkozy, ségolène royal, livre, chine, étudiant
17 novembre 2007
Quelle mouche l'a piqué ?
Ces derniers temps, c'est vrai que je ne blogue pas beaucoup ; il faut dire que je ne suis pas très inspiré. Alors je diffuse des conneries trouvées sur des sites belges.
15:45 Publié dans Des conneries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, souris, youtube, mouche



