07 mai 2008
Encore le PS
"N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent" (J. Jaurès).
Bon, je vais encore parler du PS. Parce que c'est ma dope, parce que quand j'ai rien à dire, et bien y a toujours à dire sur le PS. Là est l'avantage d'être dans un parti où c'est le bordel le plus absolu : on peut discuter de comment on a perdu, comment on a gagné (ça date mais on l'a fait), comment on pourrait regagner (on y croit !!)... Donc je vais encore parler du PS.
Je me pose aujourd'hui la question de savoir s'il faut ou non exploser le PS. Ne hurlez pas tout de suite, la question n'est pas si absurde. Je suis personnellement assez réticent à cette idée, parce que malgré ses divisions et son incapacité à se rénover, il conserve une symbolique très importante. Il fait partie de l'histoire. Il ne faut pas oublier l'appareil et la machine de guerre qui se cache derrière la cacophonie interne et les éléphants. De plus, exploser le PS maintenant, alors qu'il se cherche, ne risquerait-il pas d'exploser l'offre politique et de renforcer les autres partis (LCR le nouvôpartihanticapitalisteuh, Modem...) ?
Mais alors ? L'autre jour, je regardais un documentaire sur le mort de Bérégovoy, et Bernard Tapie intervenait (oui, je sais, on cite qui on peut, mais sur ce coup je l'ai trouvé brillant). Il disait que le PS, depuis le début, est un parti qui fonctionne différemment des autres : les cadres s'y détestent. Depuis le début. Sous Mitterrand, ça existait aussi, mais il y avait le respect et la peur du chef, qui avait le pouvoir de vie et de mort sur les cadres. D'ailleurs personne ne tutoyait Mitterrand.
Alors avec l'ambiance délétère qui règne au PS, ne serait-il pas plus sain de saborder le bateau dont tout le monde veut être chef, et de repartir sur de bonnes bases, sur une entente entre les cadres, un respect mutuel pour l'appareil et une lutte pour la victoire des socialistes, et non pas pour sa propre victoire ? Pour un parti qui entend lutter contre l'individualisme, le PS n'est pas un exemple à suivre, quand on voit ses dirigeants. J'en suis à me dire qu'il faudrait peut-être un peu déconstruire et reconstruire tout ça.
Je discutais l'autre jour sur le duel Ségolène-Delanoë. J'affirmais que le PS ne supporterait pas un premier secrétariat ségolénien tout simplement parce que que ce soit dans la base militante ou dans les cadres, trop de gens la haïssent à un point qu'ils préfèreront voir Sarkozy réélu en 2012 qu'elle passer. Et là, Ségolène n'accèderait même pas au second tour en 2012. Ce à quoi on m'a rétorqué que si, elle pourrait prendre la tête du PS... à condition d'appliquer scrupuleusement les enseignements de Machiavel (je suis en train de relire Le Prince, d'ailleurs). À savoir : le Prince ne doit se soucier que de ses intérêts pour avancer. Et quand on conquiert un territoire, il faut éliminer son dirigeant et tous ses descendants.
C'est méchant, hein ? Alors oui, Ségolène Royal peut prendre la tête du PS. À condition de réaliser une épuration politique de taille. Cela ne peut, selon moi, se faire qu'en explosant le PS, et ce au prix de quelques dissidences. Le PS était le parti de Mitterrand. Créé par lui et pour lui. Quand je dis qu'au PS, tout le monde se déteste, c'était aussi le cas sous Tonton. Mais il en imposait tellement que tous ceux qui s'y sont attaqués s'y sont cassé les dents (Michel R., Pierre B., Lionel J. ...). Alors Mitterrand avait créé son appareil : le PS. Comme Chirac avait créé le sien, du reste : le RPR. Et Sarkozy l'UMP. Et Le Pen le FN (voir à ce propos ma théorie sur Le Pen, que la dernière saillie sur les Ch'tis vient confirmer). Il faudrait donc que le prochain leader, surtout si une majorité de l'appareil ne lui est pas sympathique, ait le courage de dire que l'union pour l'union n'est pas bénéfique et qu'il faut partir sur de meilleures bases.
Je tiens à dire que je n'ai pas d'avis arrêté sur cette question. Je ne fais que faire la lumière sur une possibilité, écrite un peu au fil de la plume. À vous de me dire ce que vous en pensez ! ;-)
13:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ps, rénovation
24 novembre 2007
Réponse à Jean Glavany
Je viens de tomber sur le blog de Jean Glavany, qui bien qu'étant hébergé par Skyblog est très intéressant (sic). Je trouve que d'après ses articles et déclarations, cet homme est brillant. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais force est de constater que ce qu'il écrit est fort intéressant et convaincant.
Sur son dernier article, qui traite du Grand Cadavre à la Renverse de BHL, j'ai laissé un commentaire où je me suis lâché. Il disait beaucoup de choses dont j'avais justement envie de traiter ces derniers jours, alors j'ai rédigé un peu beaucoup. Je vous invite à lire l'article sur http://jglavany.skyrock.com/ du mardi 20 novembre 2007 ; mon commentaire est juste ici :
Rappelez-vous, M. Glavany, cette vérité historique observée : les mouvements politiques ont tendance à se déplacer vers leur droite par l'apparition à leur gauche de mouvements révolutionnaires conjointement à leur arrivée au pouvoir. Cela est indissociable du glissement des idées à droite : le libéralisme, la méritocratie, la valeur travail, le nationalisme, sont des valeurs de gauche, au départ ! Mais comme l'a dit Mark Twain : "les gens de gauche inventent des idées ; quand elles sont usées, les gens de droite les adoptent." La gauche est, aujourd'hui, condamnée à trouver de nouvelles idées qui ne soient pas que le prolongement des 110 propositions : Mitterrand est mort depuis plus de 10 ans, et il faut tourner la page ! J'ai 17 ans, sa mort n'est qu'un vague souvenir pour moi. Aujourd'hui, alors que je milite pour la gauche avec le MJS, je défends bien sûr les acquis sociaux de 1936, 1946, 1981, mais je veux que les socialistes trouvent un nouveau moyen d'être de gauche.
Notez que je ne sais pas de quelle "écurie" vous faites partie ou de laquelle vous êtes proche, et que je n'irai chercher que lorsque j'aurai envoyé le commentaire. Mais je crois que le fait que les gauches d'Europe soient presque toutes passées à droite, du moins sur le terrain économique, témoigne d'une difficulté à se renouveler et d'une cession à la facilité de devenir un parti de gouvernement. Car oui, le glissement à droite des partis s'explique aussi par le fait que quand il est aux affaires, un gouvernement, même (surtout ?) s'il a été élu sur un programme radical, doit mettre de l'eau dans son vin et se montrer consensuel. C'est pourquoi le fait que le SPD, le New Labour, le PSOE, acceptent la mondialisation et essaient de composer avec par la politique du moins-pire, témoigne selon moi d'un renoncement à trouver des idées novatrices vraiment de gauche, de nouveaux combats à mener au nom de l'humanisme. Ce n'est pas un hasard si le PS français a paru archaïque aux dernières élections : il n'a pas encore trouvé comment être de gauche aujourd'hui. Je dis "pas encore" car j'y crois. Je crois que le PS est capable d'endiguer la montée de la LCR sur sa gauche en remettant en cause la société du tout-financier d'aujourd'hui. Je crois que les théoriciens de la nouvelle gauche s'appellent Stiglitz, Chomsky ; je crois que le socialisme du XXIème siècle (et ceci n'est pas un plaidoyer en faveur de Chavez) repose peut-être sur la remise en cause des fins du capitalisme : où va-t-on ? Le capitalisme est une fuite en avant permanente ; maintenant, il faudrait savoir où on ira quand on arrivera au bout de cette fuite en avant. Le point de non-retour me fait peur, et je crois vraiment que le socialisme du XXIème siècle repose sur une remise en cause profonde du modèle capitaliste. Comment peut-on penser que, dans un monde fini, le bonheur tient à une croissance illimitée ? C'est ridicule ! Je crois que le rêve du développement durable, qui est de renouer avec le développement sans toutefois compromettre l'avenir des générations futures, en remettant en cause le modèle de la consommation comme seule fin, de la course à la productivité, du gaspillage, est un rêve de gauche, et que cette nouvelle utopie peut être le fer de lance de la gauche du XXIème siècle. À nous maintenant de le faire entendre.
23:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean glavany, gauche, parti socialiste, skyblog, rénovation



