07 mai 2008
Encore le PS
"N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent" (J. Jaurès).
Bon, je vais encore parler du PS. Parce que c'est ma dope, parce que quand j'ai rien à dire, et bien y a toujours à dire sur le PS. Là est l'avantage d'être dans un parti où c'est le bordel le plus absolu : on peut discuter de comment on a perdu, comment on a gagné (ça date mais on l'a fait), comment on pourrait regagner (on y croit !!)... Donc je vais encore parler du PS.
Je me pose aujourd'hui la question de savoir s'il faut ou non exploser le PS. Ne hurlez pas tout de suite, la question n'est pas si absurde. Je suis personnellement assez réticent à cette idée, parce que malgré ses divisions et son incapacité à se rénover, il conserve une symbolique très importante. Il fait partie de l'histoire. Il ne faut pas oublier l'appareil et la machine de guerre qui se cache derrière la cacophonie interne et les éléphants. De plus, exploser le PS maintenant, alors qu'il se cherche, ne risquerait-il pas d'exploser l'offre politique et de renforcer les autres partis (LCR le nouvôpartihanticapitalisteuh, Modem...) ?
Mais alors ? L'autre jour, je regardais un documentaire sur le mort de Bérégovoy, et Bernard Tapie intervenait (oui, je sais, on cite qui on peut, mais sur ce coup je l'ai trouvé brillant). Il disait que le PS, depuis le début, est un parti qui fonctionne différemment des autres : les cadres s'y détestent. Depuis le début. Sous Mitterrand, ça existait aussi, mais il y avait le respect et la peur du chef, qui avait le pouvoir de vie et de mort sur les cadres. D'ailleurs personne ne tutoyait Mitterrand.
Alors avec l'ambiance délétère qui règne au PS, ne serait-il pas plus sain de saborder le bateau dont tout le monde veut être chef, et de repartir sur de bonnes bases, sur une entente entre les cadres, un respect mutuel pour l'appareil et une lutte pour la victoire des socialistes, et non pas pour sa propre victoire ? Pour un parti qui entend lutter contre l'individualisme, le PS n'est pas un exemple à suivre, quand on voit ses dirigeants. J'en suis à me dire qu'il faudrait peut-être un peu déconstruire et reconstruire tout ça.
Je discutais l'autre jour sur le duel Ségolène-Delanoë. J'affirmais que le PS ne supporterait pas un premier secrétariat ségolénien tout simplement parce que que ce soit dans la base militante ou dans les cadres, trop de gens la haïssent à un point qu'ils préfèreront voir Sarkozy réélu en 2012 qu'elle passer. Et là, Ségolène n'accèderait même pas au second tour en 2012. Ce à quoi on m'a rétorqué que si, elle pourrait prendre la tête du PS... à condition d'appliquer scrupuleusement les enseignements de Machiavel (je suis en train de relire Le Prince, d'ailleurs). À savoir : le Prince ne doit se soucier que de ses intérêts pour avancer. Et quand on conquiert un territoire, il faut éliminer son dirigeant et tous ses descendants.
C'est méchant, hein ? Alors oui, Ségolène Royal peut prendre la tête du PS. À condition de réaliser une épuration politique de taille. Cela ne peut, selon moi, se faire qu'en explosant le PS, et ce au prix de quelques dissidences. Le PS était le parti de Mitterrand. Créé par lui et pour lui. Quand je dis qu'au PS, tout le monde se déteste, c'était aussi le cas sous Tonton. Mais il en imposait tellement que tous ceux qui s'y sont attaqués s'y sont cassé les dents (Michel R., Pierre B., Lionel J. ...). Alors Mitterrand avait créé son appareil : le PS. Comme Chirac avait créé le sien, du reste : le RPR. Et Sarkozy l'UMP. Et Le Pen le FN (voir à ce propos ma théorie sur Le Pen, que la dernière saillie sur les Ch'tis vient confirmer). Il faudrait donc que le prochain leader, surtout si une majorité de l'appareil ne lui est pas sympathique, ait le courage de dire que l'union pour l'union n'est pas bénéfique et qu'il faut partir sur de meilleures bases.
Je tiens à dire que je n'ai pas d'avis arrêté sur cette question. Je ne fais que faire la lumière sur une possibilité, écrite un peu au fil de la plume. À vous de me dire ce que vous en pensez ! ;-)
13:33 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ps, rénovation
19 février 2008
Le facteur qui faisait trembler la gauche
Aujourd'hui j'avais envie d'écrire un article. Un bon article, comme ceux du bon vieux temps où bloguer tous les jours ne me gênait nullement. Mais une multitude de sujets s'offraient à moi : parler de Fidel ? Je l'avais déjà fait il y a quelques mois, Chahid aussi. L'idée me plaisait bien, mais j'avais le sentiment d'avoir déjà tout dit. En me relisant, je constate que ce n'était pas le cas, mais bon...
Parler de Sarko ? Je l'ai déjà tellement fait...
Alors j'ai décidé de parler d'un sujet qui n'a pas trop de rapport avec l'actualité la plus brûlante : Olivier Besancenot et la LCR.
J'y ai déjà réfléchi à plusieurs reprises, notamment dans mes révisions de science politique sur les partis et les groupes d'intérêt, complété par un meeting du Facteur à Aix, il y a quelques mois.
Alors, les sondages (avec tout ce qu'on peut dire des sondages) font état d'une montée de ce brave monsieur. Il est l'un des rares "petits candidats" à avoir réitéré son score de 2002 en 2007, c'est un homme très charismatique (pour l'avoir vu en vrai, je peux vous le dire, il en jette), et il a de la marge. Alors, en tant que socialiste, dois-je le craindre, l'encourager ? M'en foutre ? Avoir de la sympathie pour lui ?
Et bien jusqu'à l'avoir vu en meeting, j'avais de la sympathie pour lui. Et quand je l'ai vu, j'ai compris qu'il pouvait représenter une menace réelle pour le PS. Charismatique, avec un discours cohérent, et bientôt avec un appareil à son service. Tout ça est un avantage sur un PS inaudible, sans tête et dont l'appareil est un fléau plus qu'un service. J'ai alors commencé à le considérer en adversaire.
Le credo de la LCR est assez simple : mener une politique de gauche ambitieuse : augmenter les salaires, nationaliser les grandes entreprises, édifier un État fort qui fasse en sorte que personne ne vive dans la misère... et ça, le meilleur moyend de l'obtenir est l'action sociale. Vive la grève, en quelque sorte. Blocages, manifestations, pour défendre les acquis sociaux. Intransigeance syndicale, SUD, CGT, tout ça. Et en ça, la LCR montre bien qu'elle n'est pas un parti protestataire (du moins pas encore car elle n'a pas de succès électoral à sa mesure), mais bien un groupe d'intérêt.
Rappel de science po : un groupe d'intérêt, c'est une organisation qui fait pression sur le pouvoir (ce que Le Pen appelle l'establishment) pour obtenir la prise en compte de ses revendications. Les deux derniers partis-groupes d'intérêt, ce sont les Verts et le FN. Les Verts, c'est assez facile à comprendre : leur but était d'insérer la thématique de l'écologie dans le discours politicien. Ils ont plus ou moins réussi, même si c'est Nicolas Hulot qui les a grillés à la présidentielle, et même si notre divin Président ne parle pas beaucoup d'écologie. Il faut dire qu'après la baudruche du Grenelle de l'Environnement et avec ce plot de Borloo, il ne fallait pas s'attendre à des merveilles. Bref.
Le FN aussi est en quelque sorte un groupe d'intérêt : il a réussi à imposer sa thématique favorite, à savoir l'immigration, et dans une moindre mesure l'identité nationale (voir leur tract pour les municipales), dans le discours des politiciens "classiques". Prenons au hasard Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pendant la campagne. Vous voyez où je veux en venir ? Et le FN, comme les Verts, s'est dégonflé comme par magie dès lors que son thème était repris.
Et bien je crois que la LCR a un rôle à jouer sur le PS. En effet, si le PS choisit durablement l'option sociale-démocrate de ses voisins européens (le New Labour et le SPD en tête) et abandonne son aile gauche(iste ?), il pourra émerger un parti rassembleur sur ce vide. Et s'il monte électoralement et devient incontournable, deux options possibles :
-Soit le PS devient à son tour un parti de centre-gauche, et le nouveau parti de Besancenot pourra peser sur les scrutins (si toutefois il reste audible), voire forcer le PS à accepter de gouverner avec lui. Et il jouera le rôle d'aile gauche du PS.
-Soit le PS, pour éviter l'hémorragie à sa gauche, reprend à son compte les thématiques qui pourront lui être imposées par la nouvelle force, et s'impose comme grand parti de gauche.
En tout cas, je crois que Besancenot a choisi une stratégie qui peut être payante et qui peut à terme être bénéfique au PS, et à la gauche dans son ensemble.
23:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : besancenot, LCR, parti socialiste, PS, gauche
21 janvier 2008
Des municipales et des partis
L'article sur les USA attendra, je vous écris un article sur cette campagne dans laquelle je m'implique : les élections municipales de dans deux mois.
Suite à un article que j'ai lu au détour de l'Internet, je me suis lancé sans trop m'en rendre compte dans une dissertation sur les municipales : enjeu local ou national ? Et je la copie-colle ici parce que j'en suis fier.
On connait la chanson... à l'issue du scrutin du 16 mars, le gagnant -si gagnant net il y a- dira que c'est un test national, que les électeurs ont (dés-)approuvé la politique du gouvernement et du Président de la République, et le perdant que ce n'est qu'une élection locale, et qu'à élection locale, conséquences locales, comme dirait un bossu dont j'ai oublié (à moins que je ne l'aie jamais su ?) le nom lors de régionales qui brillèrent par leur inutilité* d'abord, et par leur résultats ensuite, donnant au gouvernement en place une mémorable gifle à faire pâlir (ou dirais-je : rosir ?) d'envie tout socialiste digne de ce nom. Mais je m'égare. Bref :
Pour moi, les municipales ne sont pas un test national. Si les régionales peuvent l'être car ayant objectivement très peu d'intérêt tant au niveau local que national, en tout cas pour le citoyen lambda qui ne voit / sait pas ce qui s'y fait, les municipales sont selon moi, les deuxièmes élections plus passionnantes et passionnées, tout de même loin derrière la présidentielle, de la vie politique française. Les plus importantes sont les européennes, mais tout le monde s'en fout, et les législatives, mais elles se font dans la foulée de la présidentielle. La campagne municipale est donc une campagne passionnée. Parce que, et c'est vrai dans toutes les villes, de mille ou un million d'habitants, la politique municipale est celle qui a le plus d'effet sur la vie des gens. Le concret, la vie de tous les jours, c'est ça que les municipales peuvent changer. Le voisin fait chier son chien derrière chez vous ? La mairie y peut quelque chose !... ou presque.
Dans les villages, c'est facile ; tout le monde connait le maire, et c'est parfois moins passionnant car il peut être apolitique (et pour un militant comme moi, ça n'a aucune saveur), ou l'élection peut être jouée d'avance, justement parce que le maire connaît tout le monde, et là qu'il soit PS, UMP, PRG, PCF, FN ou CPNT, il sera indéboulonnable jusqu'à sa mort.
Au contraire, dans les grandes villes, il n'est pas rare que les gens n'aient jamais recontré leur maire (même si ça dépend du maire ; je suis par exemple certain que tout Marseillais a au moins une fois serré la louche à Gaudin), mais comme il y a plus de $$$ en jeu et que ce qui est entrepris touche quand même la vie des habitants, je suis persuadé que ça n'a pas moins d'intérêt. Par exemple, les habitants d'une ville sauront toujours quoi penser de la construction d'un centre commercial, d'une ligne de tram, etc... Cela dit, je suis d'accord sur le fait que les élections municipales dans les grandes villes sont plus politisées dans le sens où elles sont symboliques pour les partis, car (et ça rejoint ce que je disais au début) le soir des résultats, si un parti remporte des villes, c'est une victoire pour lui et il pourra crâner en disant qu'il a Marseille, mouahaha. (je dis Marseille parce qu'à Paris tout est joué, que Lyon on s'en fout, et que allez Guérini) donc les partis s'y engagent à fond. Et ça donne Ségolène qui va prêter son grand sourire aux candidats PS, Fillon qui va se faire voir chez Gaudin, etc...
[mode militant on] Je conclurai cet article par une touche d'optimisme, en vous rappelant de voter pour le candidat de gauche, quelle que soit votre ville. Personnellement je vais continuer à m'impliquer pour faire élire Hélène Mandroux à Montpellier, et Jean-Noël Guérini peut compter sur mon soutien moral à Marseille (faute de mieux). Et tous les autres, mais moins. Heu... tous les autres aussi, et particulièrement les deux susnommés. [mode militant off]
* Si l'on exclut Ségolène, qui est bien la seule à se vanter d'être présidente d'un Conseil Régional.
17:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : municipales, montpellier, marseille, UMP, PS
15 octobre 2007
De la gauche, du centre et des médias
Rien à voir : j'ai rentré deux nouvaux blogs dans ma blogroll : Oxonium, un camarade marseillais, et NeoUtopia, le blog pseudo-philospohique de Zebdal.
Oui, ces derniers temps, j'ai peu publié. Pas parce que je n'ai pas d'idée, bien au contraire, mais parce qu'à chaque fois que je me connectais sur mon admin, j'étais confronté à cette page blanche et je perdais tous mes moyens. Or, là, maintenant, toutes mes idées reviennent d'un seul coup. Excusez-moi d'avance, mais vous allez avoir de la lecture ! D'habitude, je ne fais pas d'articles longs, mais là, il me fallait vraiment balancer tout ça, je ne pouvais pas attendre. Je sais qu'un article long décourage les lecteurs, mais je vous encourage vivement à le lire ! J'ai fait des parties pour qu'il soit plus lisible !
La gauche : un champ de ruines..... refondable ?
Je voudrais partir dans un premier temps de l'état de la gauche et de l'opposition en France. Un sourd aveugle manchot pourrait comprendre aisément que le Parti Socialiste, et la gauche en général, va mal. Très, très, très mal. Les socialistes sont en plein milieu d'une phase d'énorme bordel cacophonique supposée déboucher, à l'issue d'un congrès, sur une union retrouvée. La refondation, qu'ils appellent ça ! Nous sommes dans la préparation du congrès de mars ; autant dire qu'il va falloir bosser pour refonder et en même temps faire campagne pour les municipales !
La refondation la plus visible, et donc la plus importante dans la médiacratie, est tout d'abord celle de l'image du parti. Le Premier Secrétaire, François Hollande, n'est pas encore parti que la question de sa succession est déjà posée. Il tente de faire son boulot jusqu'au bout et comme il le peut alors que chacun sait qu'il ne se représentera pas, et il est ainsi plus transparent que jamais. D'où une perte de crédibilité, et il n'avait pas besoin de ça. Alors la question de "qui pour lui succéder ?" est primordiale. Il s'agit de savoir qui sera le leader du PS pour les deux ans à venir. Le problème, c'est que d'une part, les courants restent très forts au PS, et ces deux ans sont minés. En effet, ce que visent tous les gros bonnets du PS, c'est (tiens donc ?) la présidentielle en 2012. Donc, ils pensent tous au congrès de 2010, où la place du Premier Secrétariat sera certainement très très disputée. Pour cette fois, il est probable (c'est Le Monde qui le dit) que chaque éléphant qui a des ambitions présidentielles (ce qui fait pas mal de monde, malheureusement) tente de placer un de ses fidèles lieutenants. Lolo placera certainement Bartolone, DSK placera Cambadélis, Ségolène placera un Peillon, un Dray ou un Mennucci, Delanoë placera certainement quelqu'un lui aussi, et l'aile gauche pourrait tester le jeune Hamon, tous ces brillants messieurs temporisant encore pour faire ressortir les querelles intestines au moment où on en aura le moins besoin. M'enfin. Le rêve de tout socialiste honnête est d'avoir un chef "médiagénique" qui ait à coeur de reconstruire le PS pour en faire une grande force d'opposition, une machine de guerre structurée, bref une machine à gagner, et qui ait le courage de prendre une batte pour casser une bonne fois pour toutes cette putain de machine à perdre de merde. Et tant pis si des bébés partent avec l'eau du bain. Je dirais même : tant mieux, on sera débarrassés de ceux qui veulent se servir de la machine à perdre pour avoir leur quart d'heure de célébrité. Je l'espère. Et tous les socialistes honnêtes l'espèrent.
Vient ensuite le problème non moins épineux de la refondation idéologique. Tout le monde le dit depuis la mort de Mitterrand, personne ne l'a fait. Le problème, c'est que dans un parti en crise, la division est partout, et aussi (surtout ?) dans l'idéologie. Grosso modo, comme l'avait expliqué Libération il y a quelque temps de cela, il y a quatre tendances au PS : de droite à gauche, les socio-démocrates de DSK, qui veulent une refondation à la Tony Blair, qui voudrait dire qu'on accepte et promeut le libéralisme, la mondialisation et l'individualisme, en se concentrant sur une vision "progressiste". Les conservateurs comme Ségolène Royal, quant à eux, sont moins libéraux sur l'économie, mais ont une vision de la société plus à droite. Ensuite, les partisans d'un ancrage à gauche du parti et d'une clarification du discours. On y trouve notamment Lolo. Enfin, les, hum.... "gauchistes", partisans d'un "à gauche toute", comme Emmanuelli et Mélenchon, qui agitent tout le temps le spectre de la sécession. Poules mouillées ! Alors, on ne sait plus où aller, parce qu'entre les blairistes qui veulent promouvoir la mondialisation et les gauchistes qui veulent lutter contre, on n'a plus vraiment l'impression de se trouver dans le même parti. Normalement, le vote des militants en mars devrait trancher. Personnellement, je vomis les blairistes, car j'estime que ça ne sert à rien de conquérir le pouvoir étiqueté à gauche si c'est pour faire et assumer une politique de droite : la droite le fait mieux que nous. Je n'ai rien contre les gauchistes, à part peut-être leur sectarisme et leur sens des réalités pour le moins..... peu aiguisé. Ségolène m'avait beaucoup plu pendant la campagne interne, mais voilà, elle n'est pas capable de rassembler la gauche, et depuis qu'elle a tombé les masques et qu'elle s'assume comme bourge psychorigide, elle donne pas vraiment envie.
La crise au PS : pourquoi c'est grave et urgent
Je voudrais souligner que le PS est en crise, et que c'est vraiment grave. Et paradoxalement, ce qui aggrave la situation, c'est l'impopularité de la droite. Et oui, parce qu'il fut un temps où quand la droite était impopulaire, c'était la gauche qui en profitait. Au pire l'extrême-droite. Ou alors l'extrême-gauche dans le cas des mouvements sociaux. Mais même en crise (crise permanente dans laquelle il est enlisé depuis le 21 avril), le PS récupérait à son compte la contestation, et ce avec l'aide du FN, qui divisait la droite et qui était à l'origine de triangulaires dans les régions qui faisaient gagner une gauche..... unie. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, premièrement, FN, a pu ! Sont tous partis chez Sarko ! Deuxièmement (et c'est là que je veux en venir), a émergé de nulle part une nouvelle opposition forte, structurée, qui profite du vide sidéral laissé par la gauche. Pour les tests ADN, ce furent les gaullistes et Axel Kahn qui s'opposèrent avec le plus de véhémence à l'amendement scandaleux. A gauche, je n'ai pas entendu beaucoup d'indignation, même s'il y en avait un minimum. Pour la réforme des régimes spéciaux, j'ai été sidéré de voir que certains socialistes étaient pour, et j'ai été obligé d'aller chercher à la LCR pour trouver un argumentaire convaincant. Et pendant ce temps-là, Feuilles-de-chou-sauce-béarnaise occupe le terrain. Et il s'oppose. A toutes les mesures scandaleuses du gouvernement. Et le centristeuh fait son petit bonhomme de chemin. Et ça marche ! Je connais des gens très variés qui adhèrent au MoDem, de plus en plus haut débit. Et personne qui n'adhère au PS ! Un sondage (à considérer sérieusement mais sans oublier les pincettes de rigueur) donne Bayrou en tête des personnes dont les Français souhaitent qu'elles aient plus d'influence à l'avenir, avec 50% de oui. Ce monsieur est en train de monter, et il ne redescendra pas, encore moins si on lui facilite la tâche ! Bayrou est en train de consolider l'effet "sexy-centriste" de la présidentielle, et il faut l'en empêcher ici et maintenant, faute de quoi le centre risque de dépasser la gauche comme la deuxième force politique du pays. Dans un régime basé sur la majorité absolue, qui favorise donc le bipartisme, ça peut être destructeur pour la gauche ! Je vous en prie, faisons quelque chose ! Je ne veux pas voir une gauche incarnée par Bayrou, qui n'est pas de gauche ! Il est libéral, il représente tout ce que les blairistes voudraient faire du PS..... ils vont peut-être réussir à le faire en désertant le PS et en refondant ça sur le MoDem. Je ne veux pas voir ça, j'ai peur du Grand Naïf qui ne l'est pas tant que ça !
Sarkozy et les médias : est-ce vraiment de la triche ?
Sans transition, je voudrais revenir sur le rôle des médias dans la politique. Il me semble évident que notre régime est devenu médiacratique : ce sont les médias qui font et défont une élection. Pas toujours comme ils le voudraient, mais c'est parce qu'ils détiennent un pouvoir trop grand pour eux, trop grand pour n'importe qui. Alors parfois, il leur échappe et devient excessif (la sarkolâtrie par exemple), ou contre-productif (l'effet Bayrou ou le Non au référendum sur le TCE, alors que tous les médias étaient partisans du duel Sarko-Ségo et du oui par exemple). Mais si Sarkozy a gagné la présidentielle, c'est en grande partie dû à son incroyable capacité à occuper l'espace médiatique, partout, tout le temps, pour n'importe quoi. Alors pendant longtemps, j'ai pensé, comme beaucoup de socialistes et de centristes, que les journalistes étaient délibérément sarkolâtres ou du moins sarkophiles. En témoigne ce mail, que j'ai fait suivre. Pourtant, avec le recul, je ne trouve pas. Je trouve que les socialistes n'ont pas joué le jeu. Dans une médiacratie, il faut non seulement de bons orateurs, mais surtout des médiacrates, qui fascinent les médias et savent occuper l'espace médiatique. Ségolène Royal n'est pas une bonne oratrice, mais elle a su faire parler d'elle..... pendant la campagne interne. Quand elle a proposé l'éphémère CPC. Manque de pot, elle a seulement réussi à créer du buzz dans son propre camp et à se faire un peu plus détester de l'aile gauche, qui a été détestable pendant la campagne. Et pour montrer que je ne suis pas (trop) subjectif, même l'attitude de mon président Razzye Hammadi m'a scandalisé. Il a critiqué bêtement ce contrat sans savoir ce qu'il y avait dedans, et sans se souvenir simplement qu'il nous tirait une énième balle dans le pied.
Mais au final, je crois que les socialistes ont réellement été incapables de jouer le jeu. Une campagne, ça se base, comme au rugby, sur l'occupation du terrain. Et Sarko, qui avait Laporte dans son fan-club, était avantagé. ^^ Plus sérieusement, la compassion et l'inobjectivité des médias, ça se mérite. Un PS dégoûtant à voir, en crise perpétuelle depuis des années, gangrené par les querelles intestines, qui ne fait même pas bloc derrière sa candidate (qui par ailleurs pourrait être un bon élément médiatique), qui lui tape dessus, avec un programme flou, résultat d'une synthèse improbable entre des courants opposés, et auquel même la candidate ne croit pas, au point de l'avouer publiquement, avec enfin un Premier Secrétaire en pleine procédure de divorce avec la candidate, face à un Bayrou qui critique les médias aveque virulenceuh, et qui les oblige à mettre plus d'UDF à la télé, et qui par conséquent occupe les médias à l'insu de leur plein gré, et une machine de guerre UMP, qui fait remarquablement bloc derrière son candidat, par ailleurs très charismatique, qui a un programme clair et simpliste simple, qui impose ses thèmes tous les deux jours et qui est toujours en train de faire quelque chose (soit du pain bénit pour les journalistes en quête "d'info"), le choix est vite fait. Fansolo nous a pondu un excellent article sur la capacité de Sarkozy à occuper les médias tout le temps, pour tout et n'importe quoi.
Conclusion
Et bien, pour boucler la boucle de ce long article, je crois que le grand défi qui s'impose aux socialistes est le défi des médias. S'adapter à son temps, comme disent les socio-démocrates, ce n'est pas devenir de droite, c'est pour moi utiliser les appareils de communication du XXème et du XXIème siècle, dont le plus efficace est encore la télé, pour convaincre. Faire de l'opposition, c'est avoir une orientation claire, savoir ce qu'on veut et surtout ce qu'on ne veut pas (puisqu'on est dans l'opposition), et le dire. Tous ensemble. Tous dire la même chose. Et ça, ça passe par une résolution de la crise interne et une refondation qui fasse sinon unanimité, au moins consensus. Je ne veux pas être pessimiste et affirmer qu'on est enfermés dans une spirale sans fin, mais au contraire, je veux croire que l'appareil structuré et la machine de guerre qu'a été et qu'est toujours le Parti Socialiste est assez fort pour se sortir de là. Pour empêcher que le centre social-libéral ne devienne la seule alternative viable. Pour redevenir une vraie grande force tranquille. Pour surmonter les divisions internes. Pour faire passer ce qui nous rassemble avant ce qui nous divise. Pour retrouver la statut de leader de l'opposition. Pour pouvoir porter des valeurs de gauche. Pour que les gens votent socialiste parce qu'ils y croient. Je crois que nous pouvons le faire. C'est un défi de taille, peut-être le plus grand défi que n'ait connu la gauche, mais je veux que nous le relevions. En y croyant TOUS, car l'union fait la force, et que nous aurons besoin de toutes nos forces pour relever le défi de la gauche du XXIème siècle.
PS : Sur la conclusion, j'ai vraiment eu l'impression d'écrire un discours d'homme politique. Peut-être devrais-je me présenter..... ^^ Ou alors l'envoyer à Delanoë et demander des droits d'auteur..... ARG€NT ! ^^
23:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : gauche, centre, PS, modem, sarkozy, parti socialiste, médias
22 août 2007
Les Français (et les journalistes) sont des cons?
Ca y est, on y est déjà. La date du congrès du PS n'est pas encore fixée; nous avons tout au plus un vague "2008", même pas sûr; on a aussi "après les municipales", ce qui ne nous arrange pas vu qu'on n'a pas non plus la date des municipales. Et bien malgré ça, les instituts de sondages si impartiaux recommencent leur travail de militants sondeurs. Et c'est vraiment pas brillant; je pense d'abord aux sondages qui font voir à quel point les Français sont heureux de la politique de NDP©. Les cons sont pour le service minimum sans se dire que le service minimum, c'est précisément ce qui se met en place lors des grèves, et qu'il suffirait d'un peu plus d'organisation pour qu'il y ait un service régulier. Les cons sont pour "travailler plus pour gagner plus" sans savoir que la défiscalisation existe déjà. Ils sont pour l'exonération des droits de succession à 90% sans savoir qu'actuellement, ils sont exonérés à..... 80%. Ils sont pour le bouclier fiscal, alors que l'immense majorité de ces cons n'en profitera jamais.
Le plus drôle doit être ce sondage qui affirme que 63% des Français veulent travailler après 65 ans. Franchement, vous y croyez, vous? Alors de deux choses l'une: soit ce sondage est tellement bidonné qu'on n'arrive pas à y croire (c'est fort possible), soit les gens interrogés sont complètement abrutis. Je n'arrive pas à y croire.
Enfin..... venons-en au fait. Les sondages préférés des sondeurs sont bien entendu les sondages électoraux. Ca fait monter la sauce, comme si une campagne ne suffisait pas. Et le congrès du PS fait déjà l'objet des sondages, honteusement interprétés par les grands journaux partisans. Si Le Monde ne cède pas à la tentation, Le Figaro (évidemment) nous titre: DSK devance nettement Royal pour diriger la gauche. Quant à Libération, qui ne m'a pas l'air très royaliste non plus, s'il titre le Parti socialiste cherche sa tête, il nous sous-titre "selon un sondage LH2, les Français préfèrent Dominique Strauss-Kahn à Ségolène Royal pour moderniser la gauche." Avec, en petit, le sondage brut de décoffrage.
Or, que dit ce sondage?
Comme vous le voyez, SR est effectivement en baisse dans tous les cas de figure. Cependant, la question du sondage concernant la gauche, je ne vois pas pourquoi l'ensemble des Français serait à interroger. La première colonne n'a absolument aucun valeur à mes yeux, car les sympathisants UMP ou autres font un choix sensiblement différent de celui des sympathisants de gauche. En général, ils choisissent le plus à droite et/ou le moins apte à gagner. Petite anecdote: en 2006, les sympathisants de gauche préféraient Villepin à Sarkozy. Comme je le disais: le plus à gauche et le moins apte à gagner.
Ce qui le révolte, c'est surtout que les journaux interprètent et titrent sur le résultat des Français dans une affaire qui ne regarde pas tous les Français. Je veux bien que les sondeurs le sondent, parce que c'est toujours utile de le savoir, mais ça doit rester secondaire. Or, ici, c'est exactement le contraire. Regardez plutôt la colonne "sympathisants de gauche": DSK et SR sont à égalité. Et la colonne "sympathisants socialistes": SR devance DSK de 4 points et recule peu, malgré l'avancée importante de celui-ci.
Pour moi, c'est la deuxième colonne qui est la plus importante dans la mesure où elle implique la gauche toute entière, d'où la popularité relative de Besancenot et Buffet (froid) dans la deuxième colonne. Or, à ce moment-là, il faudrait plutôt titrer: DSK et SR toujours en course, ou quelque chose comme ça.
Ma petite réponse à moi se porterait davantage sur Montebourg ou Royal, Montebourg étant celui que je trouve le plus proche de mes idées, mais Royal étant la mieux placée pour diriger vu sa place actuelle.
11:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sondage, gauche, PS, leader, DSK, ségolène royal, montebourg
05 août 2007
Contre courants
non, je plaisante, je parle du PS parce que j'en ai envie et que je me sens concerné par l'avenir de la gauche. En plus, j'avais envie d'écrire ce message depuis longtemps.
Voilà, c'est un fait, aujourd'hui la gauche est divisée. Très profondément. Depuis Mitterrand, qui a tout fait pour qu'après lui il n'y ait rien, en installant ses petits soldats un à un, du nom de Fabius, DSK, Jospin, Lang, et en dynamitant les Rocard, Bérégovoy, Mauroy et autres. Et aujourd'hui, la situation est toujours la même: il existe au PS des courants très puissants, allant de la gauche communiste (comme Mélenchon ou Emmanuelli) au centre social-démocrate (DSK). Or, ces courants ne s'aiment pas beaucoup, pour ne pas dire qu'ils se détestent. Allez garantir l'unité du PS avec ça! Même de là où je suis, je l'ai ressenti: pendant la campagne présidentielle, même les jeunes socialistes étaient divisés entre le MJS et Ségosphère. Râlala, j'ai pu en entendre, des trucs sur Ségosphère! ENC****!!!
Or, étant depuis quelques mois encarté au MJS (l'école du vice, pour reprendre Mennucci) et projetant de m'encarter au PS (l'école de.... euh.... non, rien, pas l'école en fait, selon qui vous voulez) dans quelque temps, je me sens impliqué dans ce mouvement qui a lieu actuellement à gauche. Les vieux avides de pouvoir étant, pour la majeure partie d'entre eux, partis après trahison au gouvernement ou au FMI, on peut y voir plus clair. Des vieux, il en reste, mais ils n'ont selon moi aucune chance d'arriver aux postes dirigeants (Fabius a démissionné du Conseil National du PS, Emmanuelli et Mélenchon sont trop fermés). Il reste bien Ségolène, qui a selon moi aujourd'hui le plus de chances d'arriver au poste de Premier Secrétaire. Cela dit, il lui reste des mois à parcourir, et on verra si personne n'émerge.
Donc, aujourd'hui, table rase. Ou presque. Et les courants subsistent. Menés par des hommes politiques plus ou moins influents, mais ils subsistent. Et la raison d'être de cet article est là: je ne veux surtout pas jouer le jeu des courants. Je suis adhérent au MJS, où il existe aussi des courants, mais je ne veux pas rentrer dans ce jeu. Pour moi, la discussion doit se faire à l'intérieur du parti, mais pas entre des courants, encore moins des courants forts. La démocratie doit primer, et la gauche ne tirera rien de positif à rester dans un clivage gauche/droite interne: faisons du Bayrou à l'intérieur de la gauche, faisons l'union nationale! Jusqu'ici, toutes les victoires de la gauche se sont basées sur des alliances: le Cartel des Gauches, le Front Populaire, les éphémères gouvernements de la IVème République, et surtout la victoire de l'union de la gauche avec Dieu. Enfin, en 1997, le groupe PS n'avait pas la majorité absolue à l'Assemblée: il lui a fallu tenir compte des mouvements communiste, Vert, citoyen et radical, sans quoi il n'y aurait pas eu de majorité. Alors pour réunir maintenant, commençons par réunir les socialistes (rien que ça!) en mettant le feu aux courants, qui ne font que diviser et n'apportent rien à la construction d'une force de gauche! En tout cas, rien que ne pourrait faire un parti uni.
Entendons-nous bien: ne pas faire partie d'un courant n'est pas ne pas avoir d'idée. J'ai ma petite préférence, moi aussi, qui va à Arnaud Montebourg. Cela dit, ne pas faire partie d'un courant est aussi rester objectif vis-à-vis des actions des dirigeants socialistes. J'ai, pour les primaires socialistes, soutenu activement Ségolène, je ne l'ai pas regretté, mais j'ai trouvé idiot de mettre dehors un Montebourg qui avait dit quelque chose de juste (n'en déplaise aux hollandistes ^^). J'ai aussi trouvé idiot le fait de dire après coup qu'elle ne croyait pas en les idées de Fabius, même si c'est vrai. Aujourd'hui, je ne m'affirme plus comme étant ségoléniste et je ne veux plus être dans cette logique là. Reconstruisons la gauche ensemble, (car comme chacun sait, ensemble tout devient possible) et mettons les questions de personne en dehors de tout ça.
Vous me direz: l'élection du Premier Secrétaire se fera l'année prochaine, et cette fois il faudra bien choisir et soutenir une motion, donc un courant, car l'élection du Premier Secrétaire est primordiale pour la suite, y compris pour la présidentielle de dans 5 ans, où c'est un avantage majeur. Je réponds que oui, et que je choisirai et soutiendrai. Cependant, je compte bien choisir une motion animée par une personne qui ne jouera pas le jeu des courants (ce qui pour moi est primordial, surtout quand on prétend à ce poste), et qui aura la compétence pour non seulement rassembler à gauche, mais aussi pour être pendant 3 ans le leader de l'opposition. Et ce si, et seulement si, car ce n'est pas certain, je décide de prendre ma carte au PS. Enfin, il faut bien différencier les élections du reste: je suis contre les personnes qui jouent le jeu des courants en dehors des élections internes, et qui sous couvert d'un prétendu esprit critique en profitent pour se mettre en valeur.
19:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : courants, parti socialiste, PS, MJS, congrès, premier secrétaire, élection
24 juillet 2007
Ouverture facile..... trop facile

On va donc bientôt commémorer le dixième débauchage. En ces temps noirs pour le PS, que se passe-t-il chez les dirigeants qui restent, ou ceux qui arrivent? Rien. Le vide total. Plus personne n'entend le Premier Secrétaire..... d'ailleurs, est-il toujours vivant? Est-il toujours Premier Secrétaire? J'ai trouvé cette photo sur le Net; elle est tellement révélatrice! Rien n'est fait pour endiguer l'hémorragie. Qui entend Fabius, Ségolène, Mélenchon, et tous ces "pros", qui étaient si enclins à se faire entendre quand ils ont eu le sentiment que leur heure était venue? Qui entend l'équipe à Ségo? Qui entend les éléphants et leurs porte-parole? Je sais bien qu'ils sont en vacances, mais quand même. Un parti qui fonctionne doit avoir un porte-parole permanent qui se charge de réagir quand il se passe quelque chose. Or, je ne sais même pas qui est porte-parole du PS. Je crois que c'est Benoît Hamon (que je n'ai jamais vu à la télé), mais est-il seul? Y en a-t-il d'autres? Julien Dray l'est-il toujours? En tout cas, personne ne pipe mot. Ils sont eux-même en tractations avec le gouvernement? Ca ne m'étonnerait même plus.
En situation de crise au PS, je m'interroge sur les causes profondes de cette situation, comment en sommes-nous arrivés là. Réfléchissons: pourquoi nos bons cadres du parti vont-ils au gouvernement? Certes, parce qu'ils ont perdu les élections. Parce qu'on leur a proposé d'y rentrer, aussi. Mais alors, pourquoi l'ont-ils accepté? Car enfin, ce gouvernement est bien de droite, et eux sont..... euh..... de..... laissez tomber. Enfin, on va dire qu'ils sont de gauche, ils ont battu, même mollement, la campagne pour SR. Ils ont accepté ces postes parce qu'ils sont égoïstes, et font passer leur carrière avant leurs idées. Mais pourquoi tant d'égoïsme? Car enfin, à l'UMP, ils n'ont pas ce problème! Parce que l'ambiance qui règne au PS est pourrie, et personne ne veut accepter de soutenir quelqu'un du courant d'en face. Multipliez ça par au moins 4 courants de force à peu près égale, et vous obtenez un gros bordel! Et comment en est-on arrivé là? Et bien certainement à cause de Jospin qui, éliminé après le 21 avril, a laissé le PS knock-out, sans leader, et toutes les querelles intestines, secondaires car on devait aider le chef, ont sauté en même temps.
Oui, mais alors pourquoi y avait-il des querelles intestines plus ou moins en sommeil? Et d'où venait Jospin, ce chiant qui ne pouvait pas gagner une élection car repoussant? Et bien les querelles intestines commencent quand il n'y a plus de chef et qu'il est question de reprendre sa place, alors que personne n'est mieux placé que les autres pour la reprendre. Or, sous Jospin, ces querelles intestines commençaient déjà à prendre de l'ampleur. Il faut donc remonter encore plus loin en arrière, du temps de..... l'autre. "Dieu". Celui que tous les sarkolâtres d'aujourd'hui vénéraient en ce lointain temps.
Oui. Lui. Lui qui n'a pas désigné de successeu, sciemment pour qu'il n'y ait rien derrière lui. Lui qui a installé le Hibou comme chef, sachant qu'il serait absolument incapable de gagner une élection malgré sa compétence (un électeur, c'est stupide; ça ne valorise pas le fond mais la forme). Lui qui a installé des ambitieux indéboulonnables et qui se détestaient mutuellement. Lui qui a placé tous ces pions, un par un, patiemment, pour s'assurer que le moule serait cassé pour longtemps. Lui qui a tué tous les vrais socialistes, qui croyaient en un idéal, en la morale, qui étaient justement l'inverse des débauchés d'aujourd'hui. Parfois même physiquement.
FRANCOIS MITTERRAND.
21:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : killcow, adrien, politique, ouverture, gauche, PS, socialiste
08 juillet 2007
NS virerait-il à gauche toute?
Cet article m'a été inspiré par une remarque de Zebdal à propos d'un article de MontpellierPlus. Le titre était "l'ouverture à gauche se poursuit" et on avait, pour illustrer, une belle photo de Védrine avec, à sa gauche, une ouverture. "D'où le titre", a pensé mon ami quelque peu tordu (je ne suis pas son ami pour rien)
Vous me direz: c'était fouillé, la photo! Oui, je ne sais pas si ces espiègles journalistes l'ont fait exprès ou si c'est juste Zebdal qui a l'esprit un peu trop tordu, mais en tout cas ça faisait partie des grosses conneries de la soirée.
Enfin, au départ, je ne voulais pas vous parler de ma vie sociale qui devient enfin un peu développée (j'ai passé le cap des 50 contacts sur MSN), mais bien de politique, et de "l'ouverture à gauche". Avantage, inconvénient? A qui profite le crime? Et bien comme la plupart du temps, un peu les deux. Je vais essayer bien modestement de développer ça.
Au premier abord, quand on voit que nos chers socialistes se pressent pour avoir un strapontin au gouvernement (ministère ou secrétaire d'Etat qui ne sert à rien, commission gouvernementale inutile.....), on se dit que c'est un coup de maître de notre Président pour enfoncer le PS et le vider de toute sa substance. Comme l'a fait Dieu en 1981 en faisant rentrer les communistes dans son gouvernement, il empêche par ce procédé les socialistes de critiquer un gouvernement dont ils font partie.
Vous me direz: oui, mais comment autant de socialistes peuvent-ils trahir leur parti, en sachant très bien que malgré un petit poste qui n'a rien de bien important (qui qui plus est est un siège éjectable), ils se bouchent toute perspective de carrière politique: en trahissant, ils se font virer du PS, ce qui est la moindre des choses, et ils perdent toute leur légitimité à gauche tout en n'en gagnant pas à droite (surtout quand ils disent qu'ils restent de gauche). Alors pourquoi? Parce que NS est un fin manipulateur. Imaginons la conversation entre Sarkozy et un socialo quelconque (comme les marques de lessive quelconque dans les pubs éponymes): "-tu veux rentrer dans mon gouvernement? J'ai un secrétariat d'Etat/une commission gouvernementale/un poste dans un organisme inconnu à te proposer! Tu veux bien? -Ah mais oui mais non, je ne vais pas rentrer dans ce gouvernement, blablabla [il argumente]. -Ah, bon, tant pis, je vais appeler ton rival [ils ont tous 50 rivaux]; je suis sûr qu'il sera ravi de travailler à ta place!"
La, si le socialiste a un ego surdimensionné [vous remarquerez que plus le parti est contre l'individualisme, plus il l'applique en son sein même], il devrait céder. Si toutefois il est coriace, il n'y aura plus qu'à faire passer l'info dans les médias, de faire dire à un UMpiste que ça démontre encore une fois le sectarisme du PS, et le tour est joué! On discrédite un peu plus le PS!
Enfin: preuve que le PS est bien dans la mouise, puisqu'il se discrédite quoi qu'il fasse. Si les socialos acceptent les postes, ils ne pourront plus attaquer un gouvernement dont ils ont fait partie! S'ils refusent, ils passeront encore plus pour d'affreux politiciens archaïques et sectaires (ce qu'ils sont pour la plupart, mais il vaut mieux que ça ne se sache pas trop, surtout pour les bonnes raisons).
Bon, c'est bien joli tout ça, mais c'est peut-être pas un si bon coup que ça, l'ouverture.
D'abord, je ne suis pas sûr que ce jeu d'ouverture fasse très plaisir aux UMpistes: certains vont finir par se dire qu'il aurait mieux valu voter à gauche avec Ségolène qui fait une ouverture à droite! ^^ Surtout les sarkozystes convaincus qui n'ont pas eu de poste, ou un poste pourri: Devedjian, Morano, Hortefeux, (faire le flic des noirs et des arabes c'est pas ça) etc. Ca pourrait fissurer la machine de guerre qu'est l'UMP, premier parti de France. Vue de droite, donc, l'ouverture, point trop n'en faut. Et là, ça commence à faire beaucoup!
Ensuite, d'un point de vue plus socialiste, le but du jeu est de vider le PS de sa substance, c'est-à-dire (pour la plupart) de gens ayant une symbolique importante au PS (Kouchner l'humaniste, Lang le Monsieur Fête de la Musique formidââââble, Taubira la minorité visible -ils ont essayé-). Mais si ce n'était que ça! Ce qui se passe, c'est que NS est en train de vider le PS de sa substance, c'est-à-dire de tous les vieux croûtons! Ce qu'on essaye de faire depuis des années, NS est en train de le faire! Quoi de mieux que la présidence du FMI pourrait détourner DSK de ses vues présidentielles? Finalement, on va peut-être se retrouver avec un parti dont les courants se retrouvent privés de leur leader (que seront les socio-démocrates sans DSK?), et qui sera finalement voué à disparaître pour renaître de ses cendres.
Je pense que c'est ce qui pourrait arriver de mieux au PS (à part l'émergence d'un nouveau Dieu de gauche, mais je ne crois plus au Père Noël) que d'exploser pour donner naissance à un nouveau parti aux bases solides.
23:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, parti socialiste, PS, killcow, politique, ouverture à gauche, ouverture



