22 mars 2008

Qu'est-ce qu'une bonne campagne ?

Alors que se termine vraisemblablement la rupture sarkozyenne, (Toréador l'explique mieux que moi) et que Nico Sarko semble commencer vraiment à faire le président qui préside...

Alors que John McCain est de mieux en mieux placé pour gagner la présidentielle américaine face à ces cons de démocrates qui auraient mieux fait de regarder ce qui s'est fait chez les socialistes français en 2007 car ils sont en train de reproduire les mêmes conneries qui nous ont fait perdre cette élection...

Alors que les socialistes ont par défaut remporté les municipales grâce à leur enracinement (et rien d'autre), et qu'ils se dirigent vers le combat des chefs, Bertrand vs. Ségolène (vous noterez qu'il n'y a aucun "gauchiste" déclaré dans la course à l'investiture)...

Je me pose la question de la présidentielle 2012. Oh, allez-vous dire, 2012, c'est loin, on s'en posera la question en 2011, au pire en 2010 ! Et bien non. La question du candidat, de la campagne, du staff de campagne, de savoir comment dézinguer le déjà indéboulonnable Sarkozy, ça, ce sont les détails techniques que nous règlerons en 2011. Mais il faut déjà savoir où l'on va dans les 4 années à venir. Presque un an est passé depuis l'élection, et j'ai l'impression que rien n'a bougé au PS. Un peu moins de cacophonie car nos chers cadres ne l'ont pas trop ouverte, et étaient chacun de leur côté ; ils pouvaient tous faire campagne de leur côté sans se croiser une seule fois. D'ailleurs, vous avez remarqué que Ségolène n'a à aucun moment affiché son soutien à Delanoë ? Mais je m'égare. Un peu moins de cacophonie, disais-je, mais c'est le calme avant la tempête.

Si le PS est si fort dans les élections locales et si mauvais dans les élections nationales, je crois que c'est parce qu'il ne sait pas faire une campagne d'envergure nationale. Il n'est pas capable de se mettre en valeur, de mettre en valeur un candidat, un programme, un bon bilan ; la catastrophe de 2002 en est le plus bel exemple. Un candidat repoussant, chiant, qui n'empêche pas la multiplication des candidatures de gauche, qui elles-mêmes attirent les électeurs de premier tour... Pourtant, Jospin avait un excellent bilan : économie au beau fixe, chômage en baisse, déficit public stabilisé, deux triomphes au foot... Une campagne mettant en avant ce bilan et la volonté de le prolonger tout en innovant, et c'était gagné. Mais la campagne fut ce qu'elle fut, Jospin s'avéra incapable de faire face à l'emballement médiatique provoqué par Jacquot et le Borgne, avec le résultat que l'on sait.

Mon prof d'histoire politique est un monsieur que j'admire beaucoup, et il nous avait cité en début de semestre la règle d'or des élections présidentielles : "Le candidat qui gagne l'élection est toujours celui qui a fait la meilleure campagne."

Après cette longue introduction, je pense que je vais couper cet article, et faire appel à vous, chers blogueurs et visiteurs. Pendant que j'y réfléchis, j'aimerais que vous utilisiez ce formidable outil de démocratie participative qu'est le blog pour me dire ce que vous pensez être une bonne campagne. Quelques pistes :

Savoir parler ? Le charisme ? Nécessaire mais pas suffisant. Encore faut-il savoir ce qu'on dit.

Avoir un projet cohérent ? Pas nécessaire, et encore moins suffisant. Voyez Jospin d'un côté (projet mais campagne à chier) et Le Pen de l'autre (pas de projet qui se tient et meilleure campagne en 2002).

Être challenger ? Je ne pense pas que ça n'avantage ni ne désavantage. Sarkozy était sortant d'un gouvernement impopulaire et il s'est fait élire, Giscard en 1981 était très populaire mais a perdu... Je pense néanmoins que la campagne est différente selon qu'on est challenger ou sortant.

Avoir une idée phare ? On se rapproche peut-être... mais hum, la démocratie participative c'était-y pas une idée-phare ? Et en 1981, Mitterrand, il avait UNE idée-phare ou CENT DIX propositions phares ?

Avoir les médias avec soi ? Souvenez-vous de 1995 : Balladur avait les médias avec lui ! 

Être uni, avoir son parti avec soi ? En 1995, le RPR n'était pas un modèle d'union... 

Avoir un ennemi commun ? 2007 avec Sarkozy, 1965 avec de Gaulle, 1981 avec les chars soviétiques... 

Je crois que c'est un peu de tout ça. En tout cas, je crois que si les socialistes doivent briser un tabou, c'est vraiment dans leur rapport aux médias et s'ils doivent se poser une question de forme, ce n'est pas sur le candidat, mais sur le "comment faire une bonne campagne." Comme ça, on pourra avoir une chance de gagner la présidentielle.

Heu... et n'allez pas croire que je viens vous dire qu'il ne faut pas se poser des questions de fond : c'est important aussi ! D'ailleurs, faire une bonne campagne, c'est aussi savoir ce que l'on veut en plus ce qu'on ne veut pas.