17 juillet 2008
C'est mois après mois que nous gagnerons...
09:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pouvoir d'achat, droite, gouvernement, parti socialiste
11 juillet 2008
Je suis d'accord avec Ségolène Royal...
16:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, parti socialiste, cambriolage
11 avril 2008
L'UMP, les familles nombreuses et le PS
Comme vous le savez, ces derniers jours, l'UMP a dû affronter ce que même Copé a dû appeler un cafouillage.
Il s'agissait pour l'UMP de désamorcer la polémique créée après l'annonce d'une possible suppression de la carte famille nombreuse SNCF. Personnellement, étant assez malthusien dans ma façon de penser, je suis plutôt pour ce qui pourrait l'encourager, mais ce n'est pas la question.
Quelques semaines avant, Nathalie Kosciusko-Morizet avait serré la main à José Bové, et un amendement particulièrement restrictif sur les OGM proposé par les communistes (sic) avait été adopté à l'Assemblée faute de députés UMP pour le voter. Comment faire ? Trouver un bouc émissaire, qui se trouvera en la personne de Nathalie Kosciusko-Morizet.
Ca fait deux cafouillages en moins de deux semaines. Ca fait beaucoup pour l'UMP. On dirait qu'elle a du mal à se faire écouter, qu'elle ne tient pas un discours clair et on a l'impression que selon la personne à qui on parle, on n'aura pas la même opinion. C'est drôle, ça ne vous rappelle pas un autre grand parti français ? ;-)
En gros, l'UMP fait du PS. Nathalie Kosciusko-Morizet, que je vais abréger en NKM parce que c'est bigrement long ce nom, va par contre devoir assumer les conséquences de ses actes, et j'ai peur qu'elle ne soit pas promise à un avenir radieux. Pourquoi ? Parce que l'UMP ne fait pas de cadeau à ses dissidents. L'UMP est, pour reprendre la métaphore de Ségolène Royal, un rouleau compresseur qui n'hésite pas à rouler sur ce qui lui est opposé, quand bien même ça viendrait de son propre camp. La discipline partisane y est une règle primordiale. La Droite, c'est le parti de l'Ordre, alors il me semble bien normal qu'elle applique les méthodes de "maintien de l'ordre" en son sein.
Mais le PS, lui, il ne fait pas ça. Le PS, il croit en la démocratie. Il a des courants forts, il laisse s'exprimer ses dirigeants. Alors ça veut dire qu'il fourmille d'idées, qu'on peut faire des synthèses constructives qui débouchent sur des motions et des programmes consensuels, qu'il peut ainsi mobiliser sa base militante pour porter son programme et faire activement campagne, uni derrière son leader, et gagner les élections.
Réveillons-nous, ça n'est pas comme ça. La droite, avec son organisation coercitive, disciplinaire, voire totalitaire, on pourra dire ce qu'on voudra mais au moins, avec ça, elle gagne les élections. Un parti où le chef organise des primaires, et où personne n'ose se présenter contre lui de peur de se prendre un 90%/10% et finir sa carrière politique, c'est pas très démocratique, mais ça marche. Et au niveau des présidentielles, ils en sont à 6 gagnées contre 2 pour la gauche. Et d'ailleurs, la gauche, quand elle a gagné, elle avait un chef qu'elle n'osait pas trop contredire. Même Rocard rentrait dans le rang sans moufter pour la campagne.
Alors je me pose la question : la gauche doit-elle adopter une organisation de droite ? Je crois que le régime parlementaire dans lequel est embourbé le PS lui pose de gros problèmes. Je suis contre le régime parlementaire sans tête, pour le scrutin majoritaire aux législatives et pour un chef fort. Même si je suis minoritaire au sein de ma formation, je crois que le PS a grandement besoin d'être réformé en profondeur. Parce que ce qui faisait sa force en 1981, à savoir ses cadres, c'est aujourd'hui ce qui fait sa faiblesse. Le régime parlementaire au sein du PS, avec des motions, un conseil national, des motions de synthèse lors des congrès, pour moi, est une bêtise.
Même si c'est bête, même si c'est faire la pute de renier ses convictions, même si c'est la tyrannie de la majorité, ben oui. C'est aussi ça, rentrer dans un parti. Il doit y avoir une majorité avec un chef, qui impose ses décisions aux autres, que ça leur plaise ou non. Le PS, tu l'aimes ou tu le quittes, car celui-là, contrairement à la France, tu choisis d'y rentrer... et d'en sortir.
À ceux qui me disent que si le PS prend de nouvelles orientations qui ne conviennent pas à la minorité (trop à gauche, trop à droite, j'aime-pas-la-tronche-au-nouveau-premier-secrétaire...), cette minorité risque de se faire la malle, je réponds : Qu'est-ce qui vaut mieux ? Un parti avec un discours clair et qui croit en ce qu'il dit, avec une organisation en béton bien que coercitive, ou un parti toujours dans le consensus, qui à force de vouloir être partout n'est nulle part, et qui a un discours qui se contredit lui-même, et qui ne sait pas où il va ? Même le MoDem, qui soutient pourtant la mollesse du consensus comme idée centristeale, a une organisation basée uniquement sur le chef.
Arrêtons de croire qu'on fera d'abord le projet tous ensemble et qu'on trouvera ensuite un volontaire capable de le porter. Le hollandisme ça va 5 minutes, mais en attendant, sous Hollande, on n'a plus gagné une seule élection nationale.
Oui, le PS doit se présidentialiser. Pendant la campagne de 2007, Sarkozy a dérapé, et personne à l'UMP n'a moufté. Pas même Simone Veil. C'est dire. Au PS, pas plutôt Ségo lâchait une connerie qu'il y avait un gus pour dire que c'était pas bien. Et je n'ai pas été vraiment fier de l'attitude de mon président Razzy Hammadi lors de l'épisode de l'éphémère CPC.
Alors la guerre des chefs, puisqu'il semble qu'on soit engagés dans une nouvelle, faisons-la une bonne fois pour toutes et rassemblons-nous, même si on doit en payer le prix, à savoir le parlementarisme. Ce n'est même pas un sacrifice de la démocratie, car en France, même si l'opposition s'oppose, ça n'empêche pas la majorité de gouverner. Et on est dans une démocratie exemplaire. Faisons du PS une démocratie exemplaire ! ;-)
23:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : carte famille nombreuse, discipline partisane, parti socialiste, ump
07 avril 2008
Le programme de Ségolène
Comme promis, je vais faire un petit gros point sur Ségolène Royal et les candidats à la présidence du PS. Je vais essayer de faire vite, mais ça va être très difficile vu tout ce qu'il y a à dire. Je pense donc que je vais couper l'article en plusieurs parties.
Je vais simplement faire un découpage des 27 constats, objectifs et questions qu'elle nous pose. Aujourd'hui, donc, les 10 sources d'inquiétude des Français. Vous remarquerez que je fais ça entre deux révisions de mon cours d'éco, et je crois que ça se voit que je raisonne comme un économiste.
Certains points ne m'ont pas inspiré. N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez en commentaire et à lancer le débat!
1) Les dix sources d’inquiétude des Français
1. un capitalisme qui perd la tête ;
Reprendre la formule de Stiglitz (il faut que je lise le bouquin éponyme, d'ailleurs, conseillé par mon prof d'éco), mouais, pourquoi pas. Oui, il faut échapper à la tyrannie court-termiste des marchés financiers en régulant tout ça par l'intervention étatique, élaborer des règles internationales (l'OMC et le FMI sont tenus par des socialistes, profitons-en) pour reconnecter l'économie à l'intérêt général, comme l'internalisation des externalités (dégradation de l'environnement), lutter contre la spéculation qui nous amène à la situation actuelle, arrêter de penser que le bonheur tient à une croissance illimitée dans un monde fini. Cela passe évidemment par un programme ambitieux de redéfinition de nos objectifs finaux. J'estime que le modèle capitaliste basé uniquement sur l'accumulation et la société de consommation doit être dépassé. L'objectif de la gauche en général doit être de proposer une alternative. En 1974, on voulait changer la vie. Aujourd'hui, on veut simplement gouverner, faute d'idées ambitieuses.
2. la dégradation du niveau de vie ;
Lié au premier. L'économie de marché s'est transformée en société de marché, comme disait Jospin. La société fonctionne sur des bases consuméristes, qui sont encouragées par la publicité et le tout-jetable. Et ces pratiques excluent une partie de la société. À nous, maintenant, de rendre le système inclusif plutôt qu'exclusif.
3. les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;
???
4. l’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;
Alors là j'ai pas trop compris ce qu'elle voulait dire. Les Français ne veulent plus travailler, c'est ça ? Mouais. Réponse basique : il faut augmenter les salaires.
5. le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;
Ce thème a des accents très ségoléniens. Mais ça n'en demeure pas moins un problème. Sous ce problème se cache l'intégration des minorités visibles et des immigrants, le racisme et la xénophobie, la société de la peur et le communautarisme, qui montent les catégories de population les unes contre les autres. Le Ministre de l'Intérieur Sarkozy nous avait d'ailleurs démontré son talent dans l'exacerbation de ces problèmes.
6. le doute sur l’efficacité de l’Etat ;
Ce doute vient, selon moi, de l'absence d'alternative bien construite au tout-marché et à l'ultracapitalisme ambiants. Il y a des embryons de contre-systèmes (altermondialisme, etc), mais ils sont encore mal conçus et mal organisés. Le travail que doit mener la gauche est de développer un contre-système, une contre-utopie, où l'État est fort et régule une économie de marché efficace dans sa production de richesse.
7. le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;
Très ségolénien aussi, le thème de l'éducation. C'est con mais là, je n'ai pas trop de choses à dire (et pourtant, il y en a).
8. l’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;
Tout le monde s'en fout de l'Europe. Pourtant, cette usine à gaz juridico-politico-administrative a un pouvoir réel. Et nous avons beau ne pas nous occuper de politique, la politique s'occupe de nous. Je suis pour une Europe fédérale que les citoyens européens puissent comprendre, et qui comprenne les citoyens européens. D'ailleurs la première élection où je vais voter sera certainement l'élection européenne de 2009. La nécessité d'avoir une vraie constitution européenne (c'est-à-dire lisible, et qui crée de véritables institutions étatiques ressemblant à ce qu'on connaît) m'apparaît comme primordiale. Il faut qu'il y ait un véritable gouvernement européen qui fonctionne dans un régime parlementaire fédéral. Et un système bicaméral, avec un Parlement européen puissant, et un Sénat européen qui représente efficacement les États et les gouvernements des États membres.
9. les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;
Avec l'émergence de nouvelles puissances, on va devoir composer avec eux. Les USA sont en perte de puissance, en Amérique Latine (leur gros bâton) qui leur glisse des mains, au Moyen-Orient qui les déteste, en Afrique qui leur préfère la Chine, et en Russie qui rêve de retrouver sa grandeur passée. Je crois que le rôle de l'ONU et de l'OTAN va devenir fondamental, et que l'une devra devenir championne de la diplomatie, l'autre de la sécurité mondiale. L'ONU doit permettre le dialogue international entre les nations, les peuples, les civilisations, et l'OTAN doit donner la parole aux petites nations, tout en gardant son rôle coercitif. Les deux institutions devront devenir complémentaires et crédibles. Le Conseil de Sécurité de l'ONU doit selon moi être profondément réformé car il ne sert à rien. Et dans tout ça (cf. 8), l'Europe doit parler d'une seule voix comme elle aurait dû le faire lors des guerres dans les Balkans.
10. une planète menacée d’autodestruction.
Un thème assez ségolénien aussi : l'environnement. Ce qui m'a fait en partie la soutenir pendant les primaires de 2006. Ici, le rôle des pays émergents est primordial, car ils ne doivent pas s'engager dans la même voie sans issue que nous. Chez eux, tout reste à faire, alors que nous, nous essayons de sauver les meubles. Le budget de la recherche dans les nouvelles technologies et les énergies renouvelables doit être augmenté de manière substantielle. Que les pays d'Afrique subsaharienne n'utilisent pas l'énergie solaire est une aberration. En ce qui concerne les pays développés (on est en France, merde), il faut développer, et notamment au niveau municipal, les transports en commun, les moyens de transport respectant l'environnement et redensifier les villes.
12:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, parti socialiste, congrès 2008
19 février 2008
Le facteur qui faisait trembler la gauche
Aujourd'hui j'avais envie d'écrire un article. Un bon article, comme ceux du bon vieux temps où bloguer tous les jours ne me gênait nullement. Mais une multitude de sujets s'offraient à moi : parler de Fidel ? Je l'avais déjà fait il y a quelques mois, Chahid aussi. L'idée me plaisait bien, mais j'avais le sentiment d'avoir déjà tout dit. En me relisant, je constate que ce n'était pas le cas, mais bon...
Parler de Sarko ? Je l'ai déjà tellement fait...
Alors j'ai décidé de parler d'un sujet qui n'a pas trop de rapport avec l'actualité la plus brûlante : Olivier Besancenot et la LCR.
J'y ai déjà réfléchi à plusieurs reprises, notamment dans mes révisions de science politique sur les partis et les groupes d'intérêt, complété par un meeting du Facteur à Aix, il y a quelques mois.
Alors, les sondages (avec tout ce qu'on peut dire des sondages) font état d'une montée de ce brave monsieur. Il est l'un des rares "petits candidats" à avoir réitéré son score de 2002 en 2007, c'est un homme très charismatique (pour l'avoir vu en vrai, je peux vous le dire, il en jette), et il a de la marge. Alors, en tant que socialiste, dois-je le craindre, l'encourager ? M'en foutre ? Avoir de la sympathie pour lui ?
Et bien jusqu'à l'avoir vu en meeting, j'avais de la sympathie pour lui. Et quand je l'ai vu, j'ai compris qu'il pouvait représenter une menace réelle pour le PS. Charismatique, avec un discours cohérent, et bientôt avec un appareil à son service. Tout ça est un avantage sur un PS inaudible, sans tête et dont l'appareil est un fléau plus qu'un service. J'ai alors commencé à le considérer en adversaire.
Le credo de la LCR est assez simple : mener une politique de gauche ambitieuse : augmenter les salaires, nationaliser les grandes entreprises, édifier un État fort qui fasse en sorte que personne ne vive dans la misère... et ça, le meilleur moyend de l'obtenir est l'action sociale. Vive la grève, en quelque sorte. Blocages, manifestations, pour défendre les acquis sociaux. Intransigeance syndicale, SUD, CGT, tout ça. Et en ça, la LCR montre bien qu'elle n'est pas un parti protestataire (du moins pas encore car elle n'a pas de succès électoral à sa mesure), mais bien un groupe d'intérêt.
Rappel de science po : un groupe d'intérêt, c'est une organisation qui fait pression sur le pouvoir (ce que Le Pen appelle l'establishment) pour obtenir la prise en compte de ses revendications. Les deux derniers partis-groupes d'intérêt, ce sont les Verts et le FN. Les Verts, c'est assez facile à comprendre : leur but était d'insérer la thématique de l'écologie dans le discours politicien. Ils ont plus ou moins réussi, même si c'est Nicolas Hulot qui les a grillés à la présidentielle, et même si notre divin Président ne parle pas beaucoup d'écologie. Il faut dire qu'après la baudruche du Grenelle de l'Environnement et avec ce plot de Borloo, il ne fallait pas s'attendre à des merveilles. Bref.
Le FN aussi est en quelque sorte un groupe d'intérêt : il a réussi à imposer sa thématique favorite, à savoir l'immigration, et dans une moindre mesure l'identité nationale (voir leur tract pour les municipales), dans le discours des politiciens "classiques". Prenons au hasard Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pendant la campagne. Vous voyez où je veux en venir ? Et le FN, comme les Verts, s'est dégonflé comme par magie dès lors que son thème était repris.
Et bien je crois que la LCR a un rôle à jouer sur le PS. En effet, si le PS choisit durablement l'option sociale-démocrate de ses voisins européens (le New Labour et le SPD en tête) et abandonne son aile gauche(iste ?), il pourra émerger un parti rassembleur sur ce vide. Et s'il monte électoralement et devient incontournable, deux options possibles :
-Soit le PS devient à son tour un parti de centre-gauche, et le nouveau parti de Besancenot pourra peser sur les scrutins (si toutefois il reste audible), voire forcer le PS à accepter de gouverner avec lui. Et il jouera le rôle d'aile gauche du PS.
-Soit le PS, pour éviter l'hémorragie à sa gauche, reprend à son compte les thématiques qui pourront lui être imposées par la nouvelle force, et s'impose comme grand parti de gauche.
En tout cas, je crois que Besancenot a choisi une stratégie qui peut être payante et qui peut à terme être bénéfique au PS, et à la gauche dans son ensemble.
23:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : besancenot, LCR, parti socialiste, PS, gauche
24 novembre 2007
Réponse à Jean Glavany
Je viens de tomber sur le blog de Jean Glavany, qui bien qu'étant hébergé par Skyblog est très intéressant (sic). Je trouve que d'après ses articles et déclarations, cet homme est brillant. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais force est de constater que ce qu'il écrit est fort intéressant et convaincant.
Sur son dernier article, qui traite du Grand Cadavre à la Renverse de BHL, j'ai laissé un commentaire où je me suis lâché. Il disait beaucoup de choses dont j'avais justement envie de traiter ces derniers jours, alors j'ai rédigé un peu beaucoup. Je vous invite à lire l'article sur http://jglavany.skyrock.com/ du mardi 20 novembre 2007 ; mon commentaire est juste ici :
Rappelez-vous, M. Glavany, cette vérité historique observée : les mouvements politiques ont tendance à se déplacer vers leur droite par l'apparition à leur gauche de mouvements révolutionnaires conjointement à leur arrivée au pouvoir. Cela est indissociable du glissement des idées à droite : le libéralisme, la méritocratie, la valeur travail, le nationalisme, sont des valeurs de gauche, au départ ! Mais comme l'a dit Mark Twain : "les gens de gauche inventent des idées ; quand elles sont usées, les gens de droite les adoptent." La gauche est, aujourd'hui, condamnée à trouver de nouvelles idées qui ne soient pas que le prolongement des 110 propositions : Mitterrand est mort depuis plus de 10 ans, et il faut tourner la page ! J'ai 17 ans, sa mort n'est qu'un vague souvenir pour moi. Aujourd'hui, alors que je milite pour la gauche avec le MJS, je défends bien sûr les acquis sociaux de 1936, 1946, 1981, mais je veux que les socialistes trouvent un nouveau moyen d'être de gauche.
Notez que je ne sais pas de quelle "écurie" vous faites partie ou de laquelle vous êtes proche, et que je n'irai chercher que lorsque j'aurai envoyé le commentaire. Mais je crois que le fait que les gauches d'Europe soient presque toutes passées à droite, du moins sur le terrain économique, témoigne d'une difficulté à se renouveler et d'une cession à la facilité de devenir un parti de gouvernement. Car oui, le glissement à droite des partis s'explique aussi par le fait que quand il est aux affaires, un gouvernement, même (surtout ?) s'il a été élu sur un programme radical, doit mettre de l'eau dans son vin et se montrer consensuel. C'est pourquoi le fait que le SPD, le New Labour, le PSOE, acceptent la mondialisation et essaient de composer avec par la politique du moins-pire, témoigne selon moi d'un renoncement à trouver des idées novatrices vraiment de gauche, de nouveaux combats à mener au nom de l'humanisme. Ce n'est pas un hasard si le PS français a paru archaïque aux dernières élections : il n'a pas encore trouvé comment être de gauche aujourd'hui. Je dis "pas encore" car j'y crois. Je crois que le PS est capable d'endiguer la montée de la LCR sur sa gauche en remettant en cause la société du tout-financier d'aujourd'hui. Je crois que les théoriciens de la nouvelle gauche s'appellent Stiglitz, Chomsky ; je crois que le socialisme du XXIème siècle (et ceci n'est pas un plaidoyer en faveur de Chavez) repose peut-être sur la remise en cause des fins du capitalisme : où va-t-on ? Le capitalisme est une fuite en avant permanente ; maintenant, il faudrait savoir où on ira quand on arrivera au bout de cette fuite en avant. Le point de non-retour me fait peur, et je crois vraiment que le socialisme du XXIème siècle repose sur une remise en cause profonde du modèle capitaliste. Comment peut-on penser que, dans un monde fini, le bonheur tient à une croissance illimitée ? C'est ridicule ! Je crois que le rêve du développement durable, qui est de renouer avec le développement sans toutefois compromettre l'avenir des générations futures, en remettant en cause le modèle de la consommation comme seule fin, de la course à la productivité, du gaspillage, est un rêve de gauche, et que cette nouvelle utopie peut être le fer de lance de la gauche du XXIème siècle. À nous maintenant de le faire entendre.
23:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean glavany, gauche, parti socialiste, skyblog, rénovation
15 octobre 2007
De la gauche, du centre et des médias
Rien à voir : j'ai rentré deux nouvaux blogs dans ma blogroll : Oxonium, un camarade marseillais, et NeoUtopia, le blog pseudo-philospohique de Zebdal.
Oui, ces derniers temps, j'ai peu publié. Pas parce que je n'ai pas d'idée, bien au contraire, mais parce qu'à chaque fois que je me connectais sur mon admin, j'étais confronté à cette page blanche et je perdais tous mes moyens. Or, là, maintenant, toutes mes idées reviennent d'un seul coup. Excusez-moi d'avance, mais vous allez avoir de la lecture ! D'habitude, je ne fais pas d'articles longs, mais là, il me fallait vraiment balancer tout ça, je ne pouvais pas attendre. Je sais qu'un article long décourage les lecteurs, mais je vous encourage vivement à le lire ! J'ai fait des parties pour qu'il soit plus lisible !
La gauche : un champ de ruines..... refondable ?
Je voudrais partir dans un premier temps de l'état de la gauche et de l'opposition en France. Un sourd aveugle manchot pourrait comprendre aisément que le Parti Socialiste, et la gauche en général, va mal. Très, très, très mal. Les socialistes sont en plein milieu d'une phase d'énorme bordel cacophonique supposée déboucher, à l'issue d'un congrès, sur une union retrouvée. La refondation, qu'ils appellent ça ! Nous sommes dans la préparation du congrès de mars ; autant dire qu'il va falloir bosser pour refonder et en même temps faire campagne pour les municipales !
La refondation la plus visible, et donc la plus importante dans la médiacratie, est tout d'abord celle de l'image du parti. Le Premier Secrétaire, François Hollande, n'est pas encore parti que la question de sa succession est déjà posée. Il tente de faire son boulot jusqu'au bout et comme il le peut alors que chacun sait qu'il ne se représentera pas, et il est ainsi plus transparent que jamais. D'où une perte de crédibilité, et il n'avait pas besoin de ça. Alors la question de "qui pour lui succéder ?" est primordiale. Il s'agit de savoir qui sera le leader du PS pour les deux ans à venir. Le problème, c'est que d'une part, les courants restent très forts au PS, et ces deux ans sont minés. En effet, ce que visent tous les gros bonnets du PS, c'est (tiens donc ?) la présidentielle en 2012. Donc, ils pensent tous au congrès de 2010, où la place du Premier Secrétariat sera certainement très très disputée. Pour cette fois, il est probable (c'est Le Monde qui le dit) que chaque éléphant qui a des ambitions présidentielles (ce qui fait pas mal de monde, malheureusement) tente de placer un de ses fidèles lieutenants. Lolo placera certainement Bartolone, DSK placera Cambadélis, Ségolène placera un Peillon, un Dray ou un Mennucci, Delanoë placera certainement quelqu'un lui aussi, et l'aile gauche pourrait tester le jeune Hamon, tous ces brillants messieurs temporisant encore pour faire ressortir les querelles intestines au moment où on en aura le moins besoin. M'enfin. Le rêve de tout socialiste honnête est d'avoir un chef "médiagénique" qui ait à coeur de reconstruire le PS pour en faire une grande force d'opposition, une machine de guerre structurée, bref une machine à gagner, et qui ait le courage de prendre une batte pour casser une bonne fois pour toutes cette putain de machine à perdre de merde. Et tant pis si des bébés partent avec l'eau du bain. Je dirais même : tant mieux, on sera débarrassés de ceux qui veulent se servir de la machine à perdre pour avoir leur quart d'heure de célébrité. Je l'espère. Et tous les socialistes honnêtes l'espèrent.
Vient ensuite le problème non moins épineux de la refondation idéologique. Tout le monde le dit depuis la mort de Mitterrand, personne ne l'a fait. Le problème, c'est que dans un parti en crise, la division est partout, et aussi (surtout ?) dans l'idéologie. Grosso modo, comme l'avait expliqué Libération il y a quelque temps de cela, il y a quatre tendances au PS : de droite à gauche, les socio-démocrates de DSK, qui veulent une refondation à la Tony Blair, qui voudrait dire qu'on accepte et promeut le libéralisme, la mondialisation et l'individualisme, en se concentrant sur une vision "progressiste". Les conservateurs comme Ségolène Royal, quant à eux, sont moins libéraux sur l'économie, mais ont une vision de la société plus à droite. Ensuite, les partisans d'un ancrage à gauche du parti et d'une clarification du discours. On y trouve notamment Lolo. Enfin, les, hum.... "gauchistes", partisans d'un "à gauche toute", comme Emmanuelli et Mélenchon, qui agitent tout le temps le spectre de la sécession. Poules mouillées ! Alors, on ne sait plus où aller, parce qu'entre les blairistes qui veulent promouvoir la mondialisation et les gauchistes qui veulent lutter contre, on n'a plus vraiment l'impression de se trouver dans le même parti. Normalement, le vote des militants en mars devrait trancher. Personnellement, je vomis les blairistes, car j'estime que ça ne sert à rien de conquérir le pouvoir étiqueté à gauche si c'est pour faire et assumer une politique de droite : la droite le fait mieux que nous. Je n'ai rien contre les gauchistes, à part peut-être leur sectarisme et leur sens des réalités pour le moins..... peu aiguisé. Ségolène m'avait beaucoup plu pendant la campagne interne, mais voilà, elle n'est pas capable de rassembler la gauche, et depuis qu'elle a tombé les masques et qu'elle s'assume comme bourge psychorigide, elle donne pas vraiment envie.
La crise au PS : pourquoi c'est grave et urgent
Je voudrais souligner que le PS est en crise, et que c'est vraiment grave. Et paradoxalement, ce qui aggrave la situation, c'est l'impopularité de la droite. Et oui, parce qu'il fut un temps où quand la droite était impopulaire, c'était la gauche qui en profitait. Au pire l'extrême-droite. Ou alors l'extrême-gauche dans le cas des mouvements sociaux. Mais même en crise (crise permanente dans laquelle il est enlisé depuis le 21 avril), le PS récupérait à son compte la contestation, et ce avec l'aide du FN, qui divisait la droite et qui était à l'origine de triangulaires dans les régions qui faisaient gagner une gauche..... unie. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, premièrement, FN, a pu ! Sont tous partis chez Sarko ! Deuxièmement (et c'est là que je veux en venir), a émergé de nulle part une nouvelle opposition forte, structurée, qui profite du vide sidéral laissé par la gauche. Pour les tests ADN, ce furent les gaullistes et Axel Kahn qui s'opposèrent avec le plus de véhémence à l'amendement scandaleux. A gauche, je n'ai pas entendu beaucoup d'indignation, même s'il y en avait un minimum. Pour la réforme des régimes spéciaux, j'ai été sidéré de voir que certains socialistes étaient pour, et j'ai été obligé d'aller chercher à la LCR pour trouver un argumentaire convaincant. Et pendant ce temps-là, Feuilles-de-chou-sauce-béarnaise occupe le terrain. Et il s'oppose. A toutes les mesures scandaleuses du gouvernement. Et le centristeuh fait son petit bonhomme de chemin. Et ça marche ! Je connais des gens très variés qui adhèrent au MoDem, de plus en plus haut débit. Et personne qui n'adhère au PS ! Un sondage (à considérer sérieusement mais sans oublier les pincettes de rigueur) donne Bayrou en tête des personnes dont les Français souhaitent qu'elles aient plus d'influence à l'avenir, avec 50% de oui. Ce monsieur est en train de monter, et il ne redescendra pas, encore moins si on lui facilite la tâche ! Bayrou est en train de consolider l'effet "sexy-centriste" de la présidentielle, et il faut l'en empêcher ici et maintenant, faute de quoi le centre risque de dépasser la gauche comme la deuxième force politique du pays. Dans un régime basé sur la majorité absolue, qui favorise donc le bipartisme, ça peut être destructeur pour la gauche ! Je vous en prie, faisons quelque chose ! Je ne veux pas voir une gauche incarnée par Bayrou, qui n'est pas de gauche ! Il est libéral, il représente tout ce que les blairistes voudraient faire du PS..... ils vont peut-être réussir à le faire en désertant le PS et en refondant ça sur le MoDem. Je ne veux pas voir ça, j'ai peur du Grand Naïf qui ne l'est pas tant que ça !
Sarkozy et les médias : est-ce vraiment de la triche ?
Sans transition, je voudrais revenir sur le rôle des médias dans la politique. Il me semble évident que notre régime est devenu médiacratique : ce sont les médias qui font et défont une élection. Pas toujours comme ils le voudraient, mais c'est parce qu'ils détiennent un pouvoir trop grand pour eux, trop grand pour n'importe qui. Alors parfois, il leur échappe et devient excessif (la sarkolâtrie par exemple), ou contre-productif (l'effet Bayrou ou le Non au référendum sur le TCE, alors que tous les médias étaient partisans du duel Sarko-Ségo et du oui par exemple). Mais si Sarkozy a gagné la présidentielle, c'est en grande partie dû à son incroyable capacité à occuper l'espace médiatique, partout, tout le temps, pour n'importe quoi. Alors pendant longtemps, j'ai pensé, comme beaucoup de socialistes et de centristes, que les journalistes étaient délibérément sarkolâtres ou du moins sarkophiles. En témoigne ce mail, que j'ai fait suivre. Pourtant, avec le recul, je ne trouve pas. Je trouve que les socialistes n'ont pas joué le jeu. Dans une médiacratie, il faut non seulement de bons orateurs, mais surtout des médiacrates, qui fascinent les médias et savent occuper l'espace médiatique. Ségolène Royal n'est pas une bonne oratrice, mais elle a su faire parler d'elle..... pendant la campagne interne. Quand elle a proposé l'éphémère CPC. Manque de pot, elle a seulement réussi à créer du buzz dans son propre camp et à se faire un peu plus détester de l'aile gauche, qui a été détestable pendant la campagne. Et pour montrer que je ne suis pas (trop) subjectif, même l'attitude de mon président Razzye Hammadi m'a scandalisé. Il a critiqué bêtement ce contrat sans savoir ce qu'il y avait dedans, et sans se souvenir simplement qu'il nous tirait une énième balle dans le pied.
Mais au final, je crois que les socialistes ont réellement été incapables de jouer le jeu. Une campagne, ça se base, comme au rugby, sur l'occupation du terrain. Et Sarko, qui avait Laporte dans son fan-club, était avantagé. ^^ Plus sérieusement, la compassion et l'inobjectivité des médias, ça se mérite. Un PS dégoûtant à voir, en crise perpétuelle depuis des années, gangrené par les querelles intestines, qui ne fait même pas bloc derrière sa candidate (qui par ailleurs pourrait être un bon élément médiatique), qui lui tape dessus, avec un programme flou, résultat d'une synthèse improbable entre des courants opposés, et auquel même la candidate ne croit pas, au point de l'avouer publiquement, avec enfin un Premier Secrétaire en pleine procédure de divorce avec la candidate, face à un Bayrou qui critique les médias aveque virulenceuh, et qui les oblige à mettre plus d'UDF à la télé, et qui par conséquent occupe les médias à l'insu de leur plein gré, et une machine de guerre UMP, qui fait remarquablement bloc derrière son candidat, par ailleurs très charismatique, qui a un programme clair et simpliste simple, qui impose ses thèmes tous les deux jours et qui est toujours en train de faire quelque chose (soit du pain bénit pour les journalistes en quête "d'info"), le choix est vite fait. Fansolo nous a pondu un excellent article sur la capacité de Sarkozy à occuper les médias tout le temps, pour tout et n'importe quoi.
Conclusion
Et bien, pour boucler la boucle de ce long article, je crois que le grand défi qui s'impose aux socialistes est le défi des médias. S'adapter à son temps, comme disent les socio-démocrates, ce n'est pas devenir de droite, c'est pour moi utiliser les appareils de communication du XXème et du XXIème siècle, dont le plus efficace est encore la télé, pour convaincre. Faire de l'opposition, c'est avoir une orientation claire, savoir ce qu'on veut et surtout ce qu'on ne veut pas (puisqu'on est dans l'opposition), et le dire. Tous ensemble. Tous dire la même chose. Et ça, ça passe par une résolution de la crise interne et une refondation qui fasse sinon unanimité, au moins consensus. Je ne veux pas être pessimiste et affirmer qu'on est enfermés dans une spirale sans fin, mais au contraire, je veux croire que l'appareil structuré et la machine de guerre qu'a été et qu'est toujours le Parti Socialiste est assez fort pour se sortir de là. Pour empêcher que le centre social-libéral ne devienne la seule alternative viable. Pour redevenir une vraie grande force tranquille. Pour surmonter les divisions internes. Pour faire passer ce qui nous rassemble avant ce qui nous divise. Pour retrouver la statut de leader de l'opposition. Pour pouvoir porter des valeurs de gauche. Pour que les gens votent socialiste parce qu'ils y croient. Je crois que nous pouvons le faire. C'est un défi de taille, peut-être le plus grand défi que n'ait connu la gauche, mais je veux que nous le relevions. En y croyant TOUS, car l'union fait la force, et que nous aurons besoin de toutes nos forces pour relever le défi de la gauche du XXIème siècle.
PS : Sur la conclusion, j'ai vraiment eu l'impression d'écrire un discours d'homme politique. Peut-être devrais-je me présenter..... ^^ Ou alors l'envoyer à Delanoë et demander des droits d'auteur..... ARG€NT ! ^^
23:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : gauche, centre, PS, modem, sarkozy, parti socialiste, médias
10 septembre 2007
Merde Paris
Depuis quelques jours, c'est officiel : Bertrand Delanoë est candidat à sa succession à la tête de la capitale de la France. Ce monsieur a tout pour plaire : un bon bilan pour Paris, un parler franc qui n'est pas du populisme, une grande popularité au sein de son parti et même de la population, et une opposition qui, dans sa ville, est plus divisée que jamais, avec en face de lui une bourgeoise du nom de Panafieu qui fait à peu près autant l'unanimité dans son camp que ne l'a faite Ségolène Royal, c'est dire !
A moins d'un miracle (mais en pas bien), la droite va donc perdre les élections municipales à Paris, et Delanoë va être triomphalement réélu. Enfin, je ne veux pas avoir d'emmerdes et il ne faut pas prendre ma parole comme une parole d'évangile ; cela dit, je serais prêt à parier cher sur sa réélection.
Il est tellement populaire et médiatisé que certains le voient déjà comme un candidat à la succession de François Hollande. Là aussi, il a tout pour plaire : il a longtemps été jospiniste, ce qui est une des positions qui suscitent le moins de levées de boucliers à gauche, car les jospinistes sont assez inclassables, ce qui est paradoxalement une chance dans un parti gangréné par les divisions internes et les courants (vous savez ce que je pense des courants). En plus, son bilan aux affaires est unanimement reconnu à gauche comme excellent, et son non-engagement dans des causes perdues n'a pas entamé sa crédibilité (l'affaire des JO est une exception). Alors, ça y est, l'affaire est pliée, on n'a même pas besoin de voter, emballez, c'est pesé ma p'tite dame.
Et bien non. Je refuse de participer à cette mode, dont nul ne sait si elle va durer 1 semaine ou 3 ans. Je refuse de cautionner cette Delanoë-mania qui est totalement artificielle. Oui, Delanoë est un homme bien, d'après ce que j'en sais. J'avais même pensé à lui il y a quelques années de cela pour être notre candidat en 2007, avant que n'émerge la Dame du Poitou, suite à une autre mode médiatique directement orchestrée par le grand Sarko-boula-matari et ses médias, qui ont cyniquement désigné la personne qui aurait l'honneur de se faire abattre par leur champion..... j'ai participé sans trop m'en rendre compte à cette "bulle politico-médiatique", comme le dit Marianne, et on ne m'y reprendra pas.
Et d'ailleurs, qu'en sais-je, qu'en savons-nous, provinciales, proviciaux, si Delanoë est un homme bien ? Peut-être est-ce un sale con, qui sait ? Qui suis-je pour juger son bilan à la tête d'une ville qui se situe à plus de 700 kilomètres de la mienne et où je n'ai passé en tout et pour tout qu'une dizaine de jours dans les 6 dernières années ? Pour juger la politique d'un maire, j'estime qu'il faut avoir vécu dans la ville, car la politique municipale est bien celle qui a le plus d'effet direct sur la vie des gens. Ainsi, je peux facilement faire un bilan nuancé du mandat de mon maire, Hélène Mandroux, mais ce n'est pas le sujet de cet article. (peut-être une prochaine fois ?) Et je ne peux rien dire, objectivement, du bilan de Delanoë. Ce que j'en sais, ce sont seulement quelques bribes qui arrivent jusqu'à moi par le biais du miroir déformant des médias, qui n'est absolument pas suffisant pour juger d'une politique municipale.
Si -et seulement si- il est candidat à la succession de Flamby, alors il ne faudra de toutes façons pas le juger sur son bilan à Paris, d'une part parce qu'à moins d'être parisien, on n'a pas à s'en occuper, et d'autre part parce que l'élection d'un premier secrétaire au PS passe par le vote d'une motion, c'est-à-dire d'un projet politique et d'une ligne d'orientation, c'est-à-dire par l'examen du fond. La tronche du futur Premier Secrétaire, sa façon de parler, sa popularité et ce qu'en disent les médias, c'est-à-dire globalement la forme, je ne dirai pas qu'il ne faut pas en tenir compte étant donné que le PS est le deuxième parti de France, mais que c'est secondaire.
Je précise bien, pour finir, que cet article ne saurait en aucun cas s'apparenter à une descente en flammes de Bertrand Delanoë. J'aime beaucoup ce monsieur, mais je tente de rester critique face à ce qui me semble être un effet médiatique et une mode passagère, dont je me méfie comme la peste en politique, surtout quand elle persiste (.....plus dure sera la chute, comme avec SR aujourd'hui et avec NS demain, qui rallonge, entretient et profite beaucoup trop de l'état de grâce ; je n'aimerais pas être à sa place quand ça va commencer à sentir le roussi.....). Sur la forme, je trouve d'ailleurs qu'il a suffisamment d'atouts pour prétendre à la direction de la gauche française. J'attends le prochain épisode (à savoir le fond) avec impatience !
PS : Notez bien que je ne sais toujours pas si je prendrai ou pas ma carte au PS, en sachant que si c'est oui, ce sera uniquement -et je ne m'en cache pas- pour voter au congrès. J'attendrai certainement le dernier moment pour me décider.)
A VENIR : un article sur mon maire, Hélène Mandroux.
10:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : bertrand delanoë, paris, parti socialiste, municipales, congrès, 2008, médias
05 août 2007
Contre courants
non, je plaisante, je parle du PS parce que j'en ai envie et que je me sens concerné par l'avenir de la gauche. En plus, j'avais envie d'écrire ce message depuis longtemps.
Voilà, c'est un fait, aujourd'hui la gauche est divisée. Très profondément. Depuis Mitterrand, qui a tout fait pour qu'après lui il n'y ait rien, en installant ses petits soldats un à un, du nom de Fabius, DSK, Jospin, Lang, et en dynamitant les Rocard, Bérégovoy, Mauroy et autres. Et aujourd'hui, la situation est toujours la même: il existe au PS des courants très puissants, allant de la gauche communiste (comme Mélenchon ou Emmanuelli) au centre social-démocrate (DSK). Or, ces courants ne s'aiment pas beaucoup, pour ne pas dire qu'ils se détestent. Allez garantir l'unité du PS avec ça! Même de là où je suis, je l'ai ressenti: pendant la campagne présidentielle, même les jeunes socialistes étaient divisés entre le MJS et Ségosphère. Râlala, j'ai pu en entendre, des trucs sur Ségosphère! ENC****!!!
Or, étant depuis quelques mois encarté au MJS (l'école du vice, pour reprendre Mennucci) et projetant de m'encarter au PS (l'école de.... euh.... non, rien, pas l'école en fait, selon qui vous voulez) dans quelque temps, je me sens impliqué dans ce mouvement qui a lieu actuellement à gauche. Les vieux avides de pouvoir étant, pour la majeure partie d'entre eux, partis après trahison au gouvernement ou au FMI, on peut y voir plus clair. Des vieux, il en reste, mais ils n'ont selon moi aucune chance d'arriver aux postes dirigeants (Fabius a démissionné du Conseil National du PS, Emmanuelli et Mélenchon sont trop fermés). Il reste bien Ségolène, qui a selon moi aujourd'hui le plus de chances d'arriver au poste de Premier Secrétaire. Cela dit, il lui reste des mois à parcourir, et on verra si personne n'émerge.
Donc, aujourd'hui, table rase. Ou presque. Et les courants subsistent. Menés par des hommes politiques plus ou moins influents, mais ils subsistent. Et la raison d'être de cet article est là: je ne veux surtout pas jouer le jeu des courants. Je suis adhérent au MJS, où il existe aussi des courants, mais je ne veux pas rentrer dans ce jeu. Pour moi, la discussion doit se faire à l'intérieur du parti, mais pas entre des courants, encore moins des courants forts. La démocratie doit primer, et la gauche ne tirera rien de positif à rester dans un clivage gauche/droite interne: faisons du Bayrou à l'intérieur de la gauche, faisons l'union nationale! Jusqu'ici, toutes les victoires de la gauche se sont basées sur des alliances: le Cartel des Gauches, le Front Populaire, les éphémères gouvernements de la IVème République, et surtout la victoire de l'union de la gauche avec Dieu. Enfin, en 1997, le groupe PS n'avait pas la majorité absolue à l'Assemblée: il lui a fallu tenir compte des mouvements communiste, Vert, citoyen et radical, sans quoi il n'y aurait pas eu de majorité. Alors pour réunir maintenant, commençons par réunir les socialistes (rien que ça!) en mettant le feu aux courants, qui ne font que diviser et n'apportent rien à la construction d'une force de gauche! En tout cas, rien que ne pourrait faire un parti uni.
Entendons-nous bien: ne pas faire partie d'un courant n'est pas ne pas avoir d'idée. J'ai ma petite préférence, moi aussi, qui va à Arnaud Montebourg. Cela dit, ne pas faire partie d'un courant est aussi rester objectif vis-à-vis des actions des dirigeants socialistes. J'ai, pour les primaires socialistes, soutenu activement Ségolène, je ne l'ai pas regretté, mais j'ai trouvé idiot de mettre dehors un Montebourg qui avait dit quelque chose de juste (n'en déplaise aux hollandistes ^^). J'ai aussi trouvé idiot le fait de dire après coup qu'elle ne croyait pas en les idées de Fabius, même si c'est vrai. Aujourd'hui, je ne m'affirme plus comme étant ségoléniste et je ne veux plus être dans cette logique là. Reconstruisons la gauche ensemble, (car comme chacun sait, ensemble tout devient possible) et mettons les questions de personne en dehors de tout ça.
Vous me direz: l'élection du Premier Secrétaire se fera l'année prochaine, et cette fois il faudra bien choisir et soutenir une motion, donc un courant, car l'élection du Premier Secrétaire est primordiale pour la suite, y compris pour la présidentielle de dans 5 ans, où c'est un avantage majeur. Je réponds que oui, et que je choisirai et soutiendrai. Cependant, je compte bien choisir une motion animée par une personne qui ne jouera pas le jeu des courants (ce qui pour moi est primordial, surtout quand on prétend à ce poste), et qui aura la compétence pour non seulement rassembler à gauche, mais aussi pour être pendant 3 ans le leader de l'opposition. Et ce si, et seulement si, car ce n'est pas certain, je décide de prendre ma carte au PS. Enfin, il faut bien différencier les élections du reste: je suis contre les personnes qui jouent le jeu des courants en dehors des élections internes, et qui sous couvert d'un prétendu esprit critique en profitent pour se mettre en valeur.
19:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : courants, parti socialiste, PS, MJS, congrès, premier secrétaire, élection
08 juillet 2007
NS virerait-il à gauche toute?
Cet article m'a été inspiré par une remarque de Zebdal à propos d'un article de MontpellierPlus. Le titre était "l'ouverture à gauche se poursuit" et on avait, pour illustrer, une belle photo de Védrine avec, à sa gauche, une ouverture. "D'où le titre", a pensé mon ami quelque peu tordu (je ne suis pas son ami pour rien)
Vous me direz: c'était fouillé, la photo! Oui, je ne sais pas si ces espiègles journalistes l'ont fait exprès ou si c'est juste Zebdal qui a l'esprit un peu trop tordu, mais en tout cas ça faisait partie des grosses conneries de la soirée.
Enfin, au départ, je ne voulais pas vous parler de ma vie sociale qui devient enfin un peu développée (j'ai passé le cap des 50 contacts sur MSN), mais bien de politique, et de "l'ouverture à gauche". Avantage, inconvénient? A qui profite le crime? Et bien comme la plupart du temps, un peu les deux. Je vais essayer bien modestement de développer ça.
Au premier abord, quand on voit que nos chers socialistes se pressent pour avoir un strapontin au gouvernement (ministère ou secrétaire d'Etat qui ne sert à rien, commission gouvernementale inutile.....), on se dit que c'est un coup de maître de notre Président pour enfoncer le PS et le vider de toute sa substance. Comme l'a fait Dieu en 1981 en faisant rentrer les communistes dans son gouvernement, il empêche par ce procédé les socialistes de critiquer un gouvernement dont ils font partie.
Vous me direz: oui, mais comment autant de socialistes peuvent-ils trahir leur parti, en sachant très bien que malgré un petit poste qui n'a rien de bien important (qui qui plus est est un siège éjectable), ils se bouchent toute perspective de carrière politique: en trahissant, ils se font virer du PS, ce qui est la moindre des choses, et ils perdent toute leur légitimité à gauche tout en n'en gagnant pas à droite (surtout quand ils disent qu'ils restent de gauche). Alors pourquoi? Parce que NS est un fin manipulateur. Imaginons la conversation entre Sarkozy et un socialo quelconque (comme les marques de lessive quelconque dans les pubs éponymes): "-tu veux rentrer dans mon gouvernement? J'ai un secrétariat d'Etat/une commission gouvernementale/un poste dans un organisme inconnu à te proposer! Tu veux bien? -Ah mais oui mais non, je ne vais pas rentrer dans ce gouvernement, blablabla [il argumente]. -Ah, bon, tant pis, je vais appeler ton rival [ils ont tous 50 rivaux]; je suis sûr qu'il sera ravi de travailler à ta place!"
La, si le socialiste a un ego surdimensionné [vous remarquerez que plus le parti est contre l'individualisme, plus il l'applique en son sein même], il devrait céder. Si toutefois il est coriace, il n'y aura plus qu'à faire passer l'info dans les médias, de faire dire à un UMpiste que ça démontre encore une fois le sectarisme du PS, et le tour est joué! On discrédite un peu plus le PS!
Enfin: preuve que le PS est bien dans la mouise, puisqu'il se discrédite quoi qu'il fasse. Si les socialos acceptent les postes, ils ne pourront plus attaquer un gouvernement dont ils ont fait partie! S'ils refusent, ils passeront encore plus pour d'affreux politiciens archaïques et sectaires (ce qu'ils sont pour la plupart, mais il vaut mieux que ça ne se sache pas trop, surtout pour les bonnes raisons).
Bon, c'est bien joli tout ça, mais c'est peut-être pas un si bon coup que ça, l'ouverture.
D'abord, je ne suis pas sûr que ce jeu d'ouverture fasse très plaisir aux UMpistes: certains vont finir par se dire qu'il aurait mieux valu voter à gauche avec Ségolène qui fait une ouverture à droite! ^^ Surtout les sarkozystes convaincus qui n'ont pas eu de poste, ou un poste pourri: Devedjian, Morano, Hortefeux, (faire le flic des noirs et des arabes c'est pas ça) etc. Ca pourrait fissurer la machine de guerre qu'est l'UMP, premier parti de France. Vue de droite, donc, l'ouverture, point trop n'en faut. Et là, ça commence à faire beaucoup!
Ensuite, d'un point de vue plus socialiste, le but du jeu est de vider le PS de sa substance, c'est-à-dire (pour la plupart) de gens ayant une symbolique importante au PS (Kouchner l'humaniste, Lang le Monsieur Fête de la Musique formidââââble, Taubira la minorité visible -ils ont essayé-). Mais si ce n'était que ça! Ce qui se passe, c'est que NS est en train de vider le PS de sa substance, c'est-à-dire de tous les vieux croûtons! Ce qu'on essaye de faire depuis des années, NS est en train de le faire! Quoi de mieux que la présidence du FMI pourrait détourner DSK de ses vues présidentielles? Finalement, on va peut-être se retrouver avec un parti dont les courants se retrouvent privés de leur leader (que seront les socio-démocrates sans DSK?), et qui sera finalement voué à disparaître pour renaître de ses cendres.
Je pense que c'est ce qui pourrait arriver de mieux au PS (à part l'émergence d'un nouveau Dieu de gauche, mais je ne crois plus au Père Noël) que d'exploser pour donner naissance à un nouveau parti aux bases solides.
23:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, parti socialiste, PS, killcow, politique, ouverture à gauche, ouverture



