30 septembre 2007
Sarko prend Laporte
Je n'aurais jamais pensé mettre un article parlant de rugby (ou rudby, ou ru'by, comme on dit chez nous) dans la rubrique "politique", mais enfin, j'y suis obligé. Parce que, comme vous le savez, Notre-Glorieux-Sélectionneur, Bernard Laporte, connu pour son intelligence, est un ami de Notre-Divin-Président Nicolas Sarkozy. Et notre-divin-président, dans Son infinie bonté, a nommé Notre-Glorieux-Sélectionneur au Gouvernement. En tout cas, Il s'apprête à le faire. Car Il sait que Notre-Glorieux-Sélectionneur doit d'abord gagner la Coupe du Monde, c'est-à-dire battre les Blacks, puis les Wallabies, puis les Springboks. Notre-Divin-Président saura, je l'espère, faire trois petits miracles de suite. Prions tous pour Saint Nicolas !
Je ne voudrais pas entacher la gloire infinie et éternelle de notre-divin-président et de notre-glorieux-sélectionneur Bernard Laporte et encore moins de Notre-Divin-Président Nicolas Sarkozy (ce n'est pas mon genre, voyons), mais quelque chose m'échappe dans Leur divine stratégie. Vous me direz que les desseins du Très Haut sont insondables, mais je veux quand même vous faire part de mes interrogations :
Comment se fait-il que Notre-Divin-Président, pourtant si attaché à l'unité de la Nation et au bonheur de tous les Français (enfin, presque tous), comme il l'a dit le soir de Sa divine élection, ("Je suis le Président de tous les Français.") mélange le sport, facteur de cohésion nationale, garant de l'identité nationale qui Lui est si chère, bref qui fait l'unanimité et qui rassemble tout le pays, avec la politique, domaine qui, comme chacun sait, est facteur de clivages et de division ? Peut-être se dit-Il que la politique est devenue aussi un facteur d'unanimité tellement Il est populaire..... peut-être pense-t-Il rassembler en allant chercher de l'unanimité dans le sport, mais en tant qu'humble et loyal sujet, je me dis peut-être que Notre-Divin-Président risque plutôt d'entacher ce sport en dégoûtant les hérétiques de gauche et les gueux sans le sou des prétendues facéties de Notre-Glorieux-Sélectionneur.
Si cet hérétique païen, buveur d'alcool et adorateur de fessiers de vaches et de gros lutteurs japoniais, qui a précipité la décadence de notre glorieuse et éternelle Nation, qui a précédé Notre-Divin-Président, de Jacques Chirac, pouvait se permettre d'aller aux matches car il ne représentait rien (ou si peu) de politique (en plus il ne connaissait rien au foot et n'allait même pas au rugby, cet inculte), Notre-Divin-Président, qui s'est fait l'apôtre des valeurs sacrées du libéralisme, du mérite et de la Nation, ne devrait peut-être pas exclure les hérétiques de gauche ou les gueux sans le sou de la messe du rugby. Mais je suppose que je me trompe lourdement car Notre-Divin-Président a toujours raison.
Si l'un de mes avisés lecteurs estimait que j'ai péché par lèse-majesté ou par blapshème, qu'il me le dise, je me chargerais moi-même de me flageller, et je prierais encore davantage pour Notre-Divin-Président et pour notre glorieuse équipe de France.
Amen.
22:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, laporte, notre divin président, rugby, politique



