17 mai 2008
Que s'est-il passé en mai 68 ?
Bon, vous le savez certainement, on commémore ce mois-ci les 40 ans de mai 68. Une tonne d'émissions y sont consacrées, avec divers intervenants : historiens, hommes politiques, syndicalistes, certains ayant vécu les évènements, certains de l'intérieur, certains de loin, et d'autres pas du tout.
Il est aujourd'hui de bon ton de taper sur mai 68. C'est notre cher Président qui a commencé lors de la campagne électorale, et qui a lancé cette polémique d'historiens. Maintenant, Cohn-Bendit est revenu en force pour raconter son mai 68 ; tous les historiens sortent des bouquins dessus, chacun raconte son 68. De Richard Brandson à Daniel Cohn-Bendit.
Enfin, on est dans une controverse historique comme on en a connu il y a quelques années sur la colonisation. L'ennui dans ces controverses historiques, c'est qu'on s'y perd. Moi, étudiant en première année à Sciences-Po Aix, je suis absolument incapable de vous parler de mai 68. Je trouve ça grave : aujourd'hui, personne n'est en mesure de donner une explication satisfaisante sur ce qui s'est passé il y a 40 ans. Chacun nous parle de son mai 68, mais j'aimerais savoir quelles en ont été les causes et les conséquences.
Je sais que ce sont généralement des facs très bourgeoises qui se sont rebellées contre... contre quelque chose, même eux ne savaient pas pourquoi ni comment, ni où ils allaient, mais ils y allaient. "On sait pas ce qu'on veut mais on commence à savoir ce qu'on veut pas", comme ils le résumaient si bien. Ils ont, pas je ne sais quel miracle, réussi à rallier le mouvement ouvrier... et ça a été la révolution, qui est partie d'un maelström d'idéologies et d'idées sans savoir où elle allait. Voilà pour les causes... très obscur.
Les conséquences, maintenant. D'abord, et c'est certain, des avancées sociales avec Grenelle : augmentation des salaires importante, mais ça, ce n'est pas une révolution : d'autres hausses salariales sont restées dans les tréfonds de l'Histoire. Oui mais les étudiants ? Qu'est-ce que ces foutus étudiants ont apporté à la révolte ? Un changement de la société ? Certainement, mais quel changement ? On a dit qu'à peu près tout et rien était sorti de mai 68 : les droits des femmes, de nouvelles moeurs, l'assistanat et la société du refus de l'effort pour la droite, l'abstention, Alain Krivine... mais ça ne me dit pas comment, qu'est-ce qui, dans ces trente jours de bouillonnement, a changé la société.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Qu'est-ce que c'est, pour vous, mai 68 ?
12:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, histoire
24 avril 2008
Partiels story, acte II scène 3
On continue le carnet de bord des partiels avec, aujourd'hui, le dernier "gros" écrit de 3 heures (les deux de demain dureront une heure et l'histoire politique, pour laquelle on n'a d'ailleurs toujours pas les dates alors que c'est dans moins d'une semaine, c'est un oral). L'Histoire de France. Programme : la France de 1750 à nos jours. Un peu large, comme vous le voyez. Notre prof nous avait prévenu : ce sera un sujet typiquement Sciences-Po, de réflexion, à dimension culturelle, sans réponse juste, le corrigé le plus court qu'il n'ait jamais fait : 10 lignes. Je suis curieux de voir ce corrigé, d'autant plus que je me suis remarquablement planté.
"De l'Encyclopédie à nos jours : comment définir l'exception culturelle française ?"
Redoutable. Pas d'autre mot. Après 10 minutes de flottement, je me suis péniblement lancé dans une ébauche de plan. J'ai fait du thématique en deux parties avec sous-parties chronologiques (1750-1815, 1815-1914 et 1914-2008). J'ai parlé dans une première partie de la diffusion de la culture française au cours des siècles, avec l'ouverture, puis le repli au XXème siècle accompagnant la perte de puissance de la France. Et ensuite, dans une seconde partie bâclée car mauvaise gestion du temps, des rapports entre culture et politique. Conclusion de deux lignes car plus de temps.
J'attendais mon plantage, je l'ai eu. Ca y est. Je ne m'attendais pas à faire des merveilles en histoire, d'autant plus que mes camarades semblent avoir été en grande difficulté aussi. Tant pis, je ne comptais pas là-dessus pour me rattraper. Sur les matières difficiles, j'ai passé l'économie, raté l'histoire et j'attends, demain, la géo et la politique comparée (zzzzz...).
17:51 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : partiels, histoire, exception culturelle
19 août 2007
La perle rare
Vous me direz: "oui, mais à part sur Arte, Canal+ (en clair) et quelquefois France 5, il n'y a pas grand-chose de regardable." Je vous répondrai évidemment qu'il ne faut surtout pas occulter Arte et France 5 car ce sont les derniers vestiges de la vraie télévision, pas pourrie par l'argent, et qui a pour vocation de cultiver les masses. Canal+ est un cas à part; bien que pourrie par l'argent et par Univers Sale, elle continue à nous donner des programmes de qualité, avec une vision encore pas trop bien-pensante et relativement indépendante (ça, ça veut dire qu'ils votent à gauche ^^).
Et bien justement, cette émission est sur France 5, tous les dimanches à 20h50 (désolé pour ceux qui n'ont pas le câble). Elle s'appelle Graffiti 90. Le slogan de l'émission est: "les images sont bien réelles et les intervenants de vrais gens." Présentée par Pierre Lescure, l'ancien de Canal+ viré par les méchants capitalistes, un monsieur droit comme un I donc, et Dominique Besnehard, un sympathique bonhomme que je ne connais pas plus que ça, l'idée est de se replonger dans l'actualité politique et musicale française des années 90, comme si vous y étiez, avec cependant quelques allusions au futur. Les images politiques et musicales sont diffusées en parallèle, avec toujours beaucoup d'humour: par exemple, après un sujet sur les dysfonctionnements du collège, ils nous passent Stomy Bugsy. ^^ Bon, c'est vrai que les années 90, niveau musique, c'était pas ça. Entre l'heure de gloire des boys-band, l'âge d'or du rap provoc, les débuts de la techno, il n'y a pas grand-chose. Heureusement que Zebda ou Khaled venaient remonter le niveau! Ensuite, un commentateur (un vrai, hein, en chair et en os, en 2007) plus ou moins protagoniste ou spécialiste de l'évènement en parle. Dans les commentateurs, il y a par exemple Etienne Mougeotte, Pascal Nègre, Jules-Edouard Moustic, Claire Chazal, Laurent Gerra, Alain Duhamel.....
Les émissions durent comme un prime-time normal (environ 2 heures) et les épisodes sont chronologiques et englobent une période de deux ou trois ans, ce qui permet d'aller quand même assez au fond des choses. Par exemple, le titre de l'épisode de ce soir (1996-1997) était France 1, Chirac 0. Avec "la plus grosse poilade du siècle" selon les présentateurs: le célèbre "J'ai décidé de dissoudre l'Assemblée Nationale."
Les années précédentes, on a eu Graffiti 60, Graffiti 70 et Graffiti 80. Je l'ai pris pendant Graffiti 70, il y a deux ans de cela. J'aime beaucoup cette émission; je pense que c'est parce que d'une part, elle nous fait bien comprendre quelle était l'ambiance à cette époque-là en nous plongeant vraiment dedans; et d'autre part parce qu'elle garde tout de même un certain recul par rapport aux images, et tient compte de ce qu'il s'est passé après, ce qui évite d'en faire une simple émission historique. Comme quand on nous montre le passage de la jeune pousse Ségolène Royal à l'émission L'heure de vérité, présentée par Alain Duhamel. Ca tombe bien, tiens, Duhamel est intervenant! Demandons-lui s'il s'en souvient! Il vous répondra: "Franchement..... Non. Je ne me souviens absolument pas de cette émission."
Je vous encourage vivement à regarder cette émission; la semaine prochaine, le dernier épisode: Le bug de l'an 2000 n'aura pas lieu. (1998-1999) Si quelqu'un pouvait me retrouver les archives de cette émission, je lui en serais infiniment reconnaissant. Si France 5 pouvait sortir un DVD, ce serait pareil. Cette émission est une perle de télévision, dans une chaîne qui est aujourd'hui dans la tourmente, et a injustement supprimé de sa grille des programmes d'excellentes émissions. Personnellement, je trouve que jusqu'ici, France 5 fait les meilleures émissions de prime-time. Dommage, c'est câblé. Arte est bien aussi, mais le ton est parfois très soporifique, et j'ai souvent envie de me lever du fauteuil et d'aller retrouver mon tendre ordinateur, bien que l'émission puisse traiter d'un sujet historique très intéressant. Je regarde de temps en temps (faute à l'horaire trop tardif) Le Dessous des cartes, émission de géopolitique basée sur des cartes, le mercredi à 23h10, et parfois, sur Arte, on a aussi des perles rares de cinéma.
PS: Sinon, rien à voir avec France 5, j'ai revu l'autre jour sur Canal+ l'image d'archives de Patrick Le Lay qui se présente pour devenir le directeur de TF1 en cours de privatisation. Il parlait de respect du téléspectateur (sic), de continuer avec les émissions qui plaisent (re-sic), et surtout de ne pas tomber dans le jeu du pognon et de l'audimat (re-re-sic). Quand on pense que Ballamou a privatisé TF1 au nom du "mieux-disant culturel" (re-re-re-sic)..... Depuis le temps que je vous dis qu'il faut renationaliser cette chaîne! Heu, non, remarquez, quand on voit ce qu'est devenue la concurrence.....
22:40 Publié dans Mon nombril | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france 5, graffiti 90, années 60, années 70, années 80, années 90, histoire
12 août 2007
Pas de place pour le jeu
Finalement, la section ne se développera pas plus que ça; je ne suivrai pas trop l'actualité du jeu vidéo. Les seuls articles que j'ai écrits avaient pour sujet des jeux d'ordinateur, dont Ouverture Facile (qui aura droit à deux articles), StepMania, et Buziol Games. Cette section n'aura finalement pas l'importance que je lui avais prédite au début de ce blog. Mais bon, si on m'avait dit qu'un jour, mon blog serait un blog politique et serait reconnu en tant que tel, je ne l'aurais cru qu'à moitié.
Car oui, aujourd'hui, je peux affirmer que j'ai rompu avec les jeux vidéo. Cela faisait un petit moment que j'en voyais les symptômes: d'abord, l'achat de ma Wii. Six mois après, je n'avais toujours pas fini Zelda qui pourtant est un bon jeu, et ma ludothèque était toujours désespérément poussiéreuse, avec seulement quatre petits jeux. Je pensais que ce n'était que passager, aussi me mis-je à rejouer à mon bon vieux Smash Bros. Aidé par le tournoi auquel je participai et par Zebdal qui avait intégré la Fataliteam, l'équipe des balèzes de l'Hérault, je continuai à m'entraîner en entretenant la rivalité avec ce dernier, dans l'espoir vague d'intégrer aussi la Fataliteam et jouer à un niveau "pro". Mais quand j'ai voulu m'entraîner..... je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Jouer me lassait de plus en plus vite. Je préférais aller commenter des blogs politiques, regarder les infos ou discuter sur MSN.
En créant ce blog, j'étais encore dans ma phase de transition; entre jeux vidéo et politique. Je pensais naïvement pouvoir concilier les deux et partager avec les internautes mes deux passions. Deux problèmes existaient sous cette idée, mais j'ai refusé de les voir.
Premièrement, le blog étant un média à part entière selon la jurisprudence, il cible un public spécifique. Je veux dire par là que les lecteurs du Monde ne sont pas ceux de Puissance-Nintendo. Rapidement, un choix s'imposait. J'aime les blogs qui parlent de plusieurs sujets, mais parler de plusieurs sujets à la fois est très difficile dans la mesure où rares sont les sujets qui "vont bien ensemble". Cependant, les articles personnels sont toujours bien acceptés par les lecteurs, surtout si le blog a ses commentateurs réguliers (ce qui est courant; les miens se nomment EM, Zebdal, Chahid, Eric, les jeunes socialistes du ring de l'Hérault.....); on finit par bien se connaître les uns les autres. Les conneries humoristiques sont aussi passe-partout, et c'est encore mieux si elles visent particulièrement le public du blog (par exemple, mon spam africain est une belle connerie pour mon blog). C'est d'ailleurs pour ça que la description de mon blog est "de la politique, de l'actualité, ma vie et des conneries".
Deuxièmement, c'était sans compter sur le fait que les passions..... ça a ses limites! Je crois, d'après mon humble expérience, qu'une passion en chasse une autre. Ainsi, ma "passion", si toutefois passion il y avait, pour les jeux vidéo a laissé la place à ma passion, car passion il y a, pour la politique.
J'en ai discuté avec ma mère, qui est toujours psychiatre, qui m'a confié que pour une fille, il est tout aussi difficile et symbolique d'admettre qu'on ne joue plus à la poupée. Mes poupées de garçon étaient les jeux vidéo, de même que ma "poupée" d'adulte sera la politique. Enfin, je crois. Du moins jusqu'à ce que je tombe amoureux pour de vrai..... ^^
NOTE: je détaillerai un peu mon expérience amoureuse (limitée tout de même) dans un prochain article. A venir: des révélations! (c'est que je commence à prendre les méthodes des publicitaires de TFnul, moi!)
EDIT : j'ai renoncé à faire l'article prévu.
23:25 Publié dans Mon nombril | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : killcow, adrien, jeux vidéo, nintendo, histoire, blog, politique
13 juillet 2007
La cité et moi
Je viens de me rendre compte d'une chose assez étrange: ça fait plus d'un an que je blogue de la politique, entre autres conneries, et je n'ai jamais expliqué pourquoi et comment la politique est venue à moi. Ce n'est pas n'importe qui qui, à 15 ans, ouvre un blog non pas pour parler de sa vie et de son nombril sur une plateforme appartenant à une radio de rappeurs, mais pour parler de politique et s'engager à sa manière dans la campagne présidentielle qui a déjà commencé (on est en juin 2006 quand je commence).
Je ne détaillerai pas les conditions dans lesquelles j'ai ouvert ce blog, j'en ai parlé à l'occasion de l'anniversaire de mon premier blog.
Par contre, je vais un peu vous parler de ma vie et de l'arrivée de la politique dedans, et ce qu'il y avait avant.
Avant, il y avait les jeux vidéo. Je passais mes journées devant ma console (MegaDrive, puis Nintendo64, puis GameCube) à jouer à des jeux cucu-la-praline (Nintendo fait fort dans le genre). Inutile de dire que j'étais très fort vu que j'avais commencé très tôt (à 3 ans j'étais déjà accro). J'ai, comme tout le monde, succombé à la folie Pokémon en CM2, même si le phénomène a duré un peu plus longtemps chez moi: au bout d'un moment j'ai repris parce que je me suis rendu compte que derrière les produits dérivés et tout ça se cachait un jeu de stratégie très poussé: d'ailleurs je recommande aux gens comme moi le site netbattle.net, pour éviter d'avoir à monter vos bestioles niveau 100 (chiant) et vous battre sur le Net. J'ai fait partie d'un groupe d'accros aussi, je ne compte pas le nombre d'heures que j'ai passées devant Smash Bros, etc.
Sachez qu'avant d'entrer en sixième je ne connaissais rien à la politique. Mais alors rien de rien. Et puis vint un jour où j'avais 10 ans, où j'étudiais avec intérêt, malgré mon prof d'histoire qui était un connard, la Grèce Antique. Je parlais de ça à ma mère quand tout à coup nous passons devant un marchand de journaux qui avait en présentoir un numéro de l'Express qui titrait: "nous lui devons tout: la Grèce." Pour la première fois je me sentis attiré par un magazine autre que Picsou Magazine ou Kids'mania. Ma mère me proposa de l'acheter. Et là mon père (un tantinet censureur) balance à ma chère mère la remarque qui constitua mon premier contact avec la politique: "rôôôôhh, c'est un magazine de droite, tu vas quand même pas acheter ça!" Naïvement, je demandai "papa, ça veut dire quoi, un magazine de droite?" Ce fut ma mère qui me répondit en disant que c'était la "droite politique", espérant me remballer. Mais je m'accrochais: "et alors ça veut dire qu'y a une gauche politique?" "Oui", répondit ma mère. "Et c'est quoi la différence?" Mon père me donna sa définition un tantinet partiale mais pas assez pour que ça se voie: "la gauche veut faire payer des impôts aux riches pour aider les pauvres, alors que la droite estime que si on laisse les riches s'enrichir, alors les pauvres en récolteront toujours quelque chose." Ayant déjà le sens du sacrifice, j'affirmai sans détour qu'alors, j'étais de gauche. Je demandai si Chirac était de gauche ou de droite. "De droite" me répondit mon père. "Et Frêche?" "de gauche". Aaah..... Mais la discussion s'arrêta là cette fois. Je venais de m'acheter un jeu vidéo que j'ouvris goulûment et auquel je jouai pendant quelques heures.
Mon second contact avec la politique, qui fut le contact révélateur, fut celui des Guignols de l'Info.Ca me faisait rire, mais je ne comprenais pas tout ce qui touchait à la politique. Jusqu'ici, ma connaissance de la politique se résumait à trois noms: Jacques Chirac (le président), Georges Frêche (le maire) et peut-être Lionel Jospin (le premier ministre). Je demndai donc à mon père bienveillant qui étaient ces gens, qu'est-ce qu'ils faisaient en vrai, pourquoi ils disaient ça. Et lui m'expliquait. Le reste de la culture me venait avec Burger Quiz. C'est ainsi que Canal+ était toujours allumée de 19h55 à 20h30. J'ai grandi avec Chirac et Supermenteur, Jospin qui endort tout le monde, Chevènement le candidat des morts, des vivants, et des morts-vivants, l'Autre, et le Grand Naïf qui avait une mémé à Bagnères-de-Bigorre, mais-euh!
Puis vint le troisième rappel. J'avais 11 ans. Il se passa quelque chose qui n'intéressait pas grand-monde, mais les Guignols et mon père m'aidaient à comprendre tout ça. En plus, comme Messier avait viré Lescure, Chabat était parti en claquant la porte et plus de Burger Quiz à 20h00. Ce qui me laissait de quoi regarder le journal. Ce n'était pas sacro-saint, mais je prenais des bribes de campagne. Puis vint ce jour. Je suis allé avec mon père au bureau de vote, et là je l'ai accompagné dans l'isoloir, et il a posé trois bulletins devant moi: Noël Mamère, Olivier Besancenot, Lionel Jospin. Il m'a demandé: "alors, on vote pour qui?" J'étais un peu décontenancé, et il me donna les renseignements complémentaires: "on vote pour les écologistes, les défenseurs des travailleurs ou le Premier Ministre? Etant sensibilisé à la défense de l'environnement, je montrai le bulletin des écolos. C'est ainsi que mon père vota pour Mamère (désolé, c'était plus fort que moi) en 2002.
Le soir, mes parents étaient partis chez des amis qui avaient pour particularité de ne pas avoir la télé. Je vis, comme toute la France, le visage du Borgne à la place de celui du hibou. Je savais qu'il s'était passé un truc grave. Jospin était éliminé. Etant jeune, je me suis précipité sur le téléphone pour annoncer la nouvelle à mes tendres géniteurs, qui furent encore plus surpris que moi. Faut dire que personne ne l'avait vu venir. Et là, j'ai commencé à vraiment m'intéresser à la politique. Comme il y avait un nouveau gouvernement et que mon père n'était pas en mesure de m'expliquer qui était Jean-Pierre Raffarin (comme tout le monde), je regardai ma première émission politique: 100 minutes pour convaincre; invité: Jean-Pierre Raffarin. Les autres défilèrent devant moi: Strauss-Kahn, Fabius, Sarkozy, Hollande, Villepin, Sarkozy, Bayrou, Sarkozy..... etc.
Les années suivantes furent des rappels: mes profs d'histoire contribuèrent largement à me plonger dedans. En 4ème, ma prof d'histoire était de gauche, et il y eut des grèves. Et un jour, elle vint au collège nous expliquer pourquoi elle faisait grève. Vous me direz: impartialité, machin tout ça. Oui, c'est vrai qu'elle n'avait pas à faire ça, mais bon, c'était plus sympa que de ne rien faire, ou même de faire la Révolution Française.
En 3ème, mon prof d'histoire (le même connard qu'en 6ème et 5ème) fit son cours, comme d'habitude, mais l'histoire du XXème siècle me passionna. Enfin, quand je dis passionna..... étant dans une classe où je détestais tout le monde, je m'étais mis au fond, sur une table isolée, et je passais des heures à lire mon livre d'histoire. C'est ainsi que j'appris les capitales par coeur, et que je compris ce qu'était le Front Populaire, la Vème République, François Mitterrand, Charles de Gaulle, Gichcard, l'Europe, les USA..... Passionné par la guerre froide, je regardai Arte toute l'année, et j'appris des choses que des bacheliers ne savent pas. Je tombai sur Berlin au coeur de la guerre froide au brevet, et j'eus 33/40, après avoir eu 10/20 toute l'année. Mon prof était injuste, autoritaire, de droite et il n'aimait pas Chirac. Et oui, il savait déjà pour qui il voterait en 2007.
En 2de, je participai à ma première manifestation. Je suivis aussi goulûment la campagne sur la Constitution Européenne. J'essayai de lire le texte, mais je m'arrêtai à la deuxième page. J'étais pour le oui, puis quand la campagne a été lancée et que j'ai écouté ce que disaient les communistes, je suis passé à l'ennemi.
En première, je suivis d'abord de loin les manifs anti-CPE (j'étais au Venezuela, de très loin donc). J'y participai ensuite. C'est aussi cette année que je commençai à débattre sur des forums politiques, puis que je décidai d'ouvrir un blog.
Enfin, vint mon année de Terminale ES. Année pourrie du point de vue de ma vie sociale (à part avec Romain), et c'est ainsi que je me réfugiai dans les infos, la politique, et puis rapidement le militantisme. Je fis mollement campagne pour SR sur le terrain, ardemment sur le Net. J'avais une excuse: je préparais les examens!
10:15 Publié dans Mon nombril | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : killcow, adrien, politique, histoire, vie, blog, militant



