02 juillet 2008

La revue ciné de Killcow (tchin-tchaaa)

Je sais qu'il est six heures et demie du matin, et qu'étant en vacances, normalement, je n'en suis même pas à la moitié de ma nuit. Mais j'arrivais pas à dormir, alors j'ai regardé un reportage sur le protocole présidentiel sur TV5Monde. Et après, trop tard, j'étais réveillé. J'ai constaté que ma mère et ma grand-mère l'étaient également, allez savoir pourquoi.
Enfin bon, alors que la fête du cinéma s'est achevée hier, je fais le bilan des trois philmes que j'ai vus. Je rappelle le principe de la fête du cinéma : pendant 3 jours, vous payez la première entrée plein pot, et toutes les entrées suivantes sont à 2€. Je m'en suis donc fait 3. Pas plus, non pas par manque d'envie, mais simplement par manque de philmes bien à l'affiche. Il m'a fallu bien chercher pour trouver 3 philmes potables, mais le jeu en valait la chandelle : j'ai presque été déçu par le César du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario.
Et oui, j'ai commencé par La graine et le mulet, encore diffusé au Diagonal, le "cinéma intello" de Montpellier. Comme sur Arte : films en VO, pas très cher, pas de pubs avat le film (Seigneur que c'est bien !), et sélection de films.... particulière. La graine et le mulet raconte l'histoire d'un vieux rebeu de Sète qui se fait poliment mettre dehors de son boulot d'ouvrier, à 61 ans. Il décide alors de reprendre un vieux bateau et d'en faire un restaurant de couscous.
Ma petite critique est que le film est excellent dans l'ensemble, parce qu'il ne fait que raconter une histoire. On est plongés dans la vie de la communauté "comme si vous y étiez". Personnellement, ça m'a rappelé quand ma grand-mère fait un couscous ou une paella et invite des gens de la communauté des Espagnols du quartier. J'ai déjà dit à plusieurs reprises que la base de l'intégration pour un immigrant dans une société est sa communauté d'attache, et qu'au fond de moi-même je suis profondément communautariste. C'est vraiment dommage qu'on reste sur notre faim à la fin du film. La dernière image apparaît alors que l'intrigue n'est même pas résolue, et la fin est un gros point d'interrogation. J'ai donc trouvé que malgré la grande qualité de ce film, il y manque dix minutes à la fin.
J'ai ensuite été voir, au Multiplexe, le cinéma grand public de Montpellier auquel je me jure de ne plus jamais aller à cause des tarifs prohibitifs, de la pub à fond la caisse et du caractère industriel du lieu, un film intelligent : une coproduction israélo-franco-allemande, soutenue par... allez, vous allez deviner : c'est intelligent, c'est franco-allemand, c'est soutenu bien évidemment par.... Arte ! ^^
Il s'agissait de Valse avec Bachir, film thérapeutique sur la guerre du Liban. Je m'explique : c'est un film d'animation qui raconte une histoire vraie. L'histoire d'israéliens qui veulent se souvenir de ce qu'ils ont fait pendant la guerre au Liban, alors qu'ils avaient à peine 20 ans et ont été mobilisés. Le réalisateur raconte son histoire, comment il renoue les liens avec ses anciens camarades pour mieux comprendre ce qui s'est passé.
Un peu la même critique que le film précédent dans le sens où le réalisateur n'a pas fait un film engagé : il ne donne pas son avis sur la guerre, mais juste ses souvenirs. Le fait que ce soit un film d'animation nous permet également de garder de la distance par rapport à l'horreur de la guerre. On s'identifie facilement au héros, encore plus quand le héros raconte sa guerre quand il avait 19 ans et que j'en ai 17.
Il n'est pas vraiment nécessaire d'avoir des connaissances historiques pour voir le film, même si c'est appréciable : savoir qu'il y a eu une guerre civile au Liban dans les années 80, ce que sont Sabra et Chatila, les Phalanges, Tsahal, Ariel Sharon... En tout cas c'est un film très réussi, qui nous plonge dans la vie d'un soldat mobilisé sans avoir rien demandé, qui passe son temps à se demander ce qu'il fout là.
Enfin, j'ai été voir, sur conseil, ;-) Bons baisers de Bruges. Film british sur deux tueurs londoniens, un Anglais plein de flegme et de culture et un Irlandais égocentrique et chiant, qui sont envoyés à Bruges pour se reposer en attendant leur prochaine mission. Le fil conducteur n'a rien de drôle, et pourtant je me suis esclaffé tout le long. Humour anglo-saxon (j'ai eu du mal à le classer : british ? américain ?) et bon scénario, j'ai été très agréablement surpris. Après, ça ne plaira pas à tout le monde comme dirait Fogiel. Mais moi j'ai aimé, surtout que Bruges me rappelle une ville médiévale sous la neige, havre de paix hors du temps où on se caille les meules comme c'est pas permis. Oui, début 2006, j'ai été à Bruges et je me les suis pelé comme pas possible. Mais c'est une belle ville bien que flamande. ;-)
Alors hop, trois conseils de films à voir !
PS : Phénomènes est une merde, d'après un contact qui l'a vu. Mais j'ai le sentiment qu'à part ce que j'ai été voir, jusqu'à preuve du contraire, y avait que de la merde, comme l'a dit ma voisine de ciné après La graine et le mulet. ;-)
J'en profite pour vous signaler la présence d'un nouveau lien dans la colonne de gauche (rubrique "Mes sites préférés") : le blog des intégristes de la langue française. J'aime être chiant avec la langue française... ^^

11 mars 2008

Parlons cinéma

Je parle rarement de cinéma sur ce blog, alors quand je le fais, c'est vraiment pour parler d'un film que j'ai beaucoup aimé. Je n'ai rien blogué après avoir vu La Vie des autres, que je vous conseille pourtant particulièrement. Très bien réalisé, pas forcément historiquement correct, mais on lui pardonne... hein ? Dans la même lignée, j'avais adoré Goodbye Lenin.

Je vais rarement au cinéma. Et encore, cette année j'y vais plus souvent parce que j'ai des amis (sic). Mais c'est pas pour autant que je vais voir de bons films : pour vous donner une idée, la dernière fois, on était allés voir Astérix. Cette fois, ce n'était même pas un ciné, c'était notre prof d'espagnol qui nous le passait. On avait eu droit, au premier semestre, à Azul oscuro casi negro, film espagnol bien ficelé, bon mais sans plus. Mais là, de l'avis général, c'était un excellent film. Je veux parler du Labyrinthe de Pan.

Que dire, sinon qu'il mérite un 10/10 ? Je précise que je mets 10/10 aux films qui ont réussi à me faire pleurer du premier coup. C'est exceptionnel, et c'est le cas de celui-là. Je dis du premier coup parce que je suis plus sensible la deuxième fois, allez savoir pourquoi. Les Choristes et Amélie Poulain ont réussi à me tirer des larmes la deuxième fois.

Un film exceptionnel. Il est sur un fond de scène historique (là aussi, l'historiquement correct est peut-être à vérifier, même si je n'en suis pas sûr) dans l'Espagne de 1944, après la victoire de Franco, alors que les dernières poches de résistance sont matées. On est justement dans une caserne du nord de l'Espagne chargée de mater un maquis encore actif.

Mais l'histoire principale est surréaliste ; c'est un conte de fées à la base. En espagnol, le film s'appelle Le Labyrinthe du faune. Je n'en dis pas plus pour ne pas rentrer dans les spoilers (je déteste qu'on me gâche un film, je ne veux rien savoir donc je fais de même ; si vous voulez un résumé Allociné est votre ami), mais j'aime beaucoup comment le réalisateur réussit à mélanger conte de fées, histoire de famille et document historique.

Petit détail : on est dans l'armée franquiste de 1944, donc pour certaines scènes, âmes sensibles s'abstenir. En tout cas je vous le conseille vivement.