11 avril 2008
L'UMP, les familles nombreuses et le PS
Comme vous le savez, ces derniers jours, l'UMP a dû affronter ce que même Copé a dû appeler un cafouillage.
Il s'agissait pour l'UMP de désamorcer la polémique créée après l'annonce d'une possible suppression de la carte famille nombreuse SNCF. Personnellement, étant assez malthusien dans ma façon de penser, je suis plutôt pour ce qui pourrait l'encourager, mais ce n'est pas la question.
Quelques semaines avant, Nathalie Kosciusko-Morizet avait serré la main à José Bové, et un amendement particulièrement restrictif sur les OGM proposé par les communistes (sic) avait été adopté à l'Assemblée faute de députés UMP pour le voter. Comment faire ? Trouver un bouc émissaire, qui se trouvera en la personne de Nathalie Kosciusko-Morizet.
Ca fait deux cafouillages en moins de deux semaines. Ca fait beaucoup pour l'UMP. On dirait qu'elle a du mal à se faire écouter, qu'elle ne tient pas un discours clair et on a l'impression que selon la personne à qui on parle, on n'aura pas la même opinion. C'est drôle, ça ne vous rappelle pas un autre grand parti français ? ;-)
En gros, l'UMP fait du PS. Nathalie Kosciusko-Morizet, que je vais abréger en NKM parce que c'est bigrement long ce nom, va par contre devoir assumer les conséquences de ses actes, et j'ai peur qu'elle ne soit pas promise à un avenir radieux. Pourquoi ? Parce que l'UMP ne fait pas de cadeau à ses dissidents. L'UMP est, pour reprendre la métaphore de Ségolène Royal, un rouleau compresseur qui n'hésite pas à rouler sur ce qui lui est opposé, quand bien même ça viendrait de son propre camp. La discipline partisane y est une règle primordiale. La Droite, c'est le parti de l'Ordre, alors il me semble bien normal qu'elle applique les méthodes de "maintien de l'ordre" en son sein.
Mais le PS, lui, il ne fait pas ça. Le PS, il croit en la démocratie. Il a des courants forts, il laisse s'exprimer ses dirigeants. Alors ça veut dire qu'il fourmille d'idées, qu'on peut faire des synthèses constructives qui débouchent sur des motions et des programmes consensuels, qu'il peut ainsi mobiliser sa base militante pour porter son programme et faire activement campagne, uni derrière son leader, et gagner les élections.
Réveillons-nous, ça n'est pas comme ça. La droite, avec son organisation coercitive, disciplinaire, voire totalitaire, on pourra dire ce qu'on voudra mais au moins, avec ça, elle gagne les élections. Un parti où le chef organise des primaires, et où personne n'ose se présenter contre lui de peur de se prendre un 90%/10% et finir sa carrière politique, c'est pas très démocratique, mais ça marche. Et au niveau des présidentielles, ils en sont à 6 gagnées contre 2 pour la gauche. Et d'ailleurs, la gauche, quand elle a gagné, elle avait un chef qu'elle n'osait pas trop contredire. Même Rocard rentrait dans le rang sans moufter pour la campagne.
Alors je me pose la question : la gauche doit-elle adopter une organisation de droite ? Je crois que le régime parlementaire dans lequel est embourbé le PS lui pose de gros problèmes. Je suis contre le régime parlementaire sans tête, pour le scrutin majoritaire aux législatives et pour un chef fort. Même si je suis minoritaire au sein de ma formation, je crois que le PS a grandement besoin d'être réformé en profondeur. Parce que ce qui faisait sa force en 1981, à savoir ses cadres, c'est aujourd'hui ce qui fait sa faiblesse. Le régime parlementaire au sein du PS, avec des motions, un conseil national, des motions de synthèse lors des congrès, pour moi, est une bêtise.
Même si c'est bête, même si c'est faire la pute de renier ses convictions, même si c'est la tyrannie de la majorité, ben oui. C'est aussi ça, rentrer dans un parti. Il doit y avoir une majorité avec un chef, qui impose ses décisions aux autres, que ça leur plaise ou non. Le PS, tu l'aimes ou tu le quittes, car celui-là, contrairement à la France, tu choisis d'y rentrer... et d'en sortir.
À ceux qui me disent que si le PS prend de nouvelles orientations qui ne conviennent pas à la minorité (trop à gauche, trop à droite, j'aime-pas-la-tronche-au-nouveau-premier-secrétaire...), cette minorité risque de se faire la malle, je réponds : Qu'est-ce qui vaut mieux ? Un parti avec un discours clair et qui croit en ce qu'il dit, avec une organisation en béton bien que coercitive, ou un parti toujours dans le consensus, qui à force de vouloir être partout n'est nulle part, et qui a un discours qui se contredit lui-même, et qui ne sait pas où il va ? Même le MoDem, qui soutient pourtant la mollesse du consensus comme idée centristeale, a une organisation basée uniquement sur le chef.
Arrêtons de croire qu'on fera d'abord le projet tous ensemble et qu'on trouvera ensuite un volontaire capable de le porter. Le hollandisme ça va 5 minutes, mais en attendant, sous Hollande, on n'a plus gagné une seule élection nationale.
Oui, le PS doit se présidentialiser. Pendant la campagne de 2007, Sarkozy a dérapé, et personne à l'UMP n'a moufté. Pas même Simone Veil. C'est dire. Au PS, pas plutôt Ségo lâchait une connerie qu'il y avait un gus pour dire que c'était pas bien. Et je n'ai pas été vraiment fier de l'attitude de mon président Razzy Hammadi lors de l'épisode de l'éphémère CPC.
Alors la guerre des chefs, puisqu'il semble qu'on soit engagés dans une nouvelle, faisons-la une bonne fois pour toutes et rassemblons-nous, même si on doit en payer le prix, à savoir le parlementarisme. Ce n'est même pas un sacrifice de la démocratie, car en France, même si l'opposition s'oppose, ça n'empêche pas la majorité de gouverner. Et on est dans une démocratie exemplaire. Faisons du PS une démocratie exemplaire ! ;-)
23:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : carte famille nombreuse, discipline partisane, parti socialiste, ump
21 janvier 2008
Des municipales et des partis
L'article sur les USA attendra, je vous écris un article sur cette campagne dans laquelle je m'implique : les élections municipales de dans deux mois.
Suite à un article que j'ai lu au détour de l'Internet, je me suis lancé sans trop m'en rendre compte dans une dissertation sur les municipales : enjeu local ou national ? Et je la copie-colle ici parce que j'en suis fier.
On connait la chanson... à l'issue du scrutin du 16 mars, le gagnant -si gagnant net il y a- dira que c'est un test national, que les électeurs ont (dés-)approuvé la politique du gouvernement et du Président de la République, et le perdant que ce n'est qu'une élection locale, et qu'à élection locale, conséquences locales, comme dirait un bossu dont j'ai oublié (à moins que je ne l'aie jamais su ?) le nom lors de régionales qui brillèrent par leur inutilité* d'abord, et par leur résultats ensuite, donnant au gouvernement en place une mémorable gifle à faire pâlir (ou dirais-je : rosir ?) d'envie tout socialiste digne de ce nom. Mais je m'égare. Bref :
Pour moi, les municipales ne sont pas un test national. Si les régionales peuvent l'être car ayant objectivement très peu d'intérêt tant au niveau local que national, en tout cas pour le citoyen lambda qui ne voit / sait pas ce qui s'y fait, les municipales sont selon moi, les deuxièmes élections plus passionnantes et passionnées, tout de même loin derrière la présidentielle, de la vie politique française. Les plus importantes sont les européennes, mais tout le monde s'en fout, et les législatives, mais elles se font dans la foulée de la présidentielle. La campagne municipale est donc une campagne passionnée. Parce que, et c'est vrai dans toutes les villes, de mille ou un million d'habitants, la politique municipale est celle qui a le plus d'effet sur la vie des gens. Le concret, la vie de tous les jours, c'est ça que les municipales peuvent changer. Le voisin fait chier son chien derrière chez vous ? La mairie y peut quelque chose !... ou presque.
Dans les villages, c'est facile ; tout le monde connait le maire, et c'est parfois moins passionnant car il peut être apolitique (et pour un militant comme moi, ça n'a aucune saveur), ou l'élection peut être jouée d'avance, justement parce que le maire connaît tout le monde, et là qu'il soit PS, UMP, PRG, PCF, FN ou CPNT, il sera indéboulonnable jusqu'à sa mort.
Au contraire, dans les grandes villes, il n'est pas rare que les gens n'aient jamais recontré leur maire (même si ça dépend du maire ; je suis par exemple certain que tout Marseillais a au moins une fois serré la louche à Gaudin), mais comme il y a plus de $$$ en jeu et que ce qui est entrepris touche quand même la vie des habitants, je suis persuadé que ça n'a pas moins d'intérêt. Par exemple, les habitants d'une ville sauront toujours quoi penser de la construction d'un centre commercial, d'une ligne de tram, etc... Cela dit, je suis d'accord sur le fait que les élections municipales dans les grandes villes sont plus politisées dans le sens où elles sont symboliques pour les partis, car (et ça rejoint ce que je disais au début) le soir des résultats, si un parti remporte des villes, c'est une victoire pour lui et il pourra crâner en disant qu'il a Marseille, mouahaha. (je dis Marseille parce qu'à Paris tout est joué, que Lyon on s'en fout, et que allez Guérini) donc les partis s'y engagent à fond. Et ça donne Ségolène qui va prêter son grand sourire aux candidats PS, Fillon qui va se faire voir chez Gaudin, etc...
[mode militant on] Je conclurai cet article par une touche d'optimisme, en vous rappelant de voter pour le candidat de gauche, quelle que soit votre ville. Personnellement je vais continuer à m'impliquer pour faire élire Hélène Mandroux à Montpellier, et Jean-Noël Guérini peut compter sur mon soutien moral à Marseille (faute de mieux). Et tous les autres, mais moins. Heu... tous les autres aussi, et particulièrement les deux susnommés. [mode militant off]
* Si l'on exclut Ségolène, qui est bien la seule à se vanter d'être présidente d'un Conseil Régional.
17:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : municipales, montpellier, marseille, UMP, PS
02 octobre 2007
Les gouvernement a des haines
En ce moment, ce grand inconnu de la République qu'est le Sénat tient entre ses mains l'avenir de l'amendement Mariani sur les tests à des haines pour les candidats à l'immigration. Et oui, la Chambre Haute, pourtant majoritairement de droite, est réticente, pour une fois, à appliquer un projet de loi honteux. Notons tout de même qu'en cas de litige, c'est l'Assemblée qui a le dernier mot ; cependant, si les deux chambres sont de la même orientation et que le Sénat, particulièrement la majorité au Sénat, émet des réserves sur un projet de loi, généralement, on l'écoute.
Je vais revenir un peu sur cet amendement scandaleux de l'ami de Jean-Clehaude Gaudin (car oui, c'est un ami du Merde Marseille) : il prévoyait initialement de faire passer des tests ADN aux candidats au regroupement familial. L'idée a d'abord été balancée comme ça, brute de décoffrage ; le but implicite était donc de lutter contre ces menteurs d'immigrants, les mariages blancs (enfin, "filiations blanches" ^^), tout ça. Honteux donc, d'une part parce que ça allait à l'encontre des lois bioéthiques, qui précisent que les tests ADN ne peuvent être faits que dans le cadre des enquêtes policières, d'autre part parce que ça montrait, encore une fois, la méfiance de notre Ministre de l'Immigration et de l'Identité Nationale (le sale blond, là) envers les immigrés et sa volonté de réguler l'immigration à tout prix.
Ensuite, ils ont édulcoré précisé les termes de l'amendement : ça se ferait sur la base du volontariat, le coût du test ADN serait remboursé si le candidat à l'immigration était accepté (on n'est pas des monstres quand même ! Chacun sait que tous les Sénégalais ont les moyens de se payer un test ADN, et que c'est même pour ça qu'ils veulent aller en France !) ; l'argument étant qu'étant donné que les états civils des pays pôvres sont tout pourris, il était extrêmement difficile de prouver la filiation. Sans oublier l'argument d'autorité si cher à Notre-Divin-Président comme quoi plusieurs pays d'Europe le font.
Je voudrais rappeler que si la police veut vous faire passer un test ADN, vous avez tout à fait le droit de le refuser. Cependant, ça va être chaud de vous défendre au tribunal ! Dans ce cas, si le candidat à l'immigration refuse le test ADN, ne va-t-on pas penser qu'il a quelque chose à cacher ? Quelles seront ses chances d'obtenir son sésame ? J'ai bien peur qu'elles soient bien maigres !
Enfin, je répète que la loi bioéthique interdit de procéder à des tests ADN dans un cadre autre que celui des enquêtes.
Au fait, je n'ai pas beaucoup entendu le PS réagir à cette mesure ! Par contre, pour ce qui est de Bayrou, de Galouzeau et de dissidents UMPistes, si !
19:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : tests, ADN, hortefeux, sarkozy, mariani, UMP, immigration



