06 février 2008
Des mangasses
J'aime pas les mangasses. Vous savez, ces bandes-dessinées japoniaises qui se prononcent manga, mais que les néophytes prononcent mangasses, ce que je fais avec un brin de provocation. De manière générale, j'aime pas. J'ai grandi au milieu de personnes qui aimaient ça, à cause de ma console Nintendo. Et oui, la console Nintendo vous propulse rapidement dans le pays du Soleil Levant, de gré ou de force. Parce que les nintendophiles (du moins jusqu'à la Wii, qui a popularisé cette marque jusqu'aux néophytes) ont longtemps été une secte à part dans le monde du jeu vidéo. Très minoritaires face aux géants de la mondialisation qu'étaient Sony et Microsoft.
Mais bien conseillé par un ami mangaphile, j'ai découvert (je devais être en cinquième, j'avais donc 11 ans) un manga qui me plaisait. Il répondait au doux nom de Dr Slump. Une grosse connerie écrite par Akira Toriyama, le gars qui a fait le cultissime Dragon Ball. Et d'ailleurs Dr Slump ressemble à Dragon Ball, si on réduit considérablement le côté "BASTOONN" et qu'on rend ça plus drôle (certains lui reprocheront d'être trop scato, je l'entends mais j'aime ça, alors...). J'ai dévoré les dix-huit volumes en me poilant, et à la fin j'étais triste que ça s'arrête.
Un peu attiré par Détective Conan (de Gosho Aoyama il me semble) mais vite lassé, j'ai toujours été très distant vis-à-vis des mangasses. Jusqu'à l'année dernière, où j'ai découvert une deuxième série qui m'a fait flasher. Et j'ai regretté amèrement de ne pas avoir connu cette série sept ans plus tôt. Ca s'appelle GTO : Great Teacher Onizuka. C'est assez connu, ça vous dit peut-être quelque chose. Par Tôru Fujisawa.
C'est l'histoire d'un loubard japoniais qui commence à en avoir marre de son existence car il approche de la trentaine. Alors armé seulement d'un diplôme falsifié venant d'une fac minable, il veut réaliser son rêve et devenir... prof. Par un coup de baguette magique (qui dure quand même tout le long du premier volume), il réussit finalement à se faire engager dans un lycée où, haï de son sous-directeur, il se voit, par vengeance, attribuer la pire de toutes les classes.
La suite de ses aventures raconte comment il réussit à se mettre la classe dans la poche, alors qu'on la croyait irrécupérable. Surtout, il apprend aux gnomes, non pas l'éducation civique (ce pour quoi il est payé), mais à se faire bien voir. Parce que venant d'un milieu où la réputation fait tout, il sait à quel point il est important de se faire respecter, bien plus qu'il ne faut avoir de bonnes notes.
Ajoutez à cela que l'humour n'est pas du tout sacrifié à une morale (sinon c'est pas drôle, ça devient du Chuck Norris ^^). Ce qui n'empêche pas la morale de passer. Et quand j'étais au collège, j'avais de gros problèmes sociaux alors que je réussissais bien aux contrôles. J'ai passé quatre années de merde, sans ami, à faire le fayot et surtout à tout faire pour me faire haïr, en faisant semblant de me demander pourquoi tout le monde me détestait. Ma crise d'adolescence n'a pas été l'affirmation de moi contre les vieux, mais au contraire contre mes pairs.
Alors on peut toujours dire que si ma tante en avait, elle s'appellerait mon oncle, mais je pense vraiment que cette série m'aurait fait comprendre quelques trucs si je l'avais découverte il y a un pitit moment. En tout cas, asociaux ou pas, profs ou pas, élèves, étudiants ou pas, je vous conseille cette série : GTO, de Tôru Fujisawa.
18:25 Publié dans Mon nombril | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : GTO, manga, mangasses



