03 juin 2008

IEP story, épisode 1, épilogue

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06 mai 2008

Fin d'année 2007-2008

Et bien, cette année est terminée. On attend toujours les résultats des partiels, mais je doute fort que ce soit un problème. Tout cela pour dire que le Gala de fin d'année a eu lieu avant-hier. Après avoir vu tous les IEPiens en costard (vous auriez dû me voir, c'était comique, costard-cravate-chapeau) et les IEPiennes en robe-maquillage, un spectacle vraiment énorme et une soirée en boîte... hum, mémorable, je ne reverrai plus ces IEPiens pendant 4 longs mois. Ils vont me manquer, snif...
Cette année est passée très vite ; je ne l'ai vraiment pas vue passer et pour la première fois, je suis triste que ça s'arrête. Je n'étais pas triste en quittant le lycée car je regardais déjà devant moi, vers Sciences-Po, et je ne regrettais pas grand-chose.
Ce gala était vraiment inoubliable. Je ne fais pas de lèche au BDE (Bureau des étudiants) ou au BDA (Bureau des Arts), c'était vraiment très bon.
Nous commençâmes la soirée avec un cocktail au Pasino d'Aix, dont je retiendrai le bon vin rosé et la petite ambiance chaleureuse et sympa.
Puis vint le "pestacle" des associations de l'IEP : Club théâtre, Club danse (championnes de France, et j'ai compris que ce n'était pas pour rien), Club musique (petit concert bien sympa), et tous ceux qe j'oublie.
Puis nous finîmes la soirée en boîte (au Studio88 pour ceux qui connaissent), un peu tard et un peu arrosé... classique et très très bon. Je me suis couché à 5h.
Tout ça pour dire MERCI et BRAVO aux organisateurs et aux protagonistes du Gala, c'était génial.
Et BONNES VACANCES à tous les IEPiens qui me lisent. 

26 avril 2008

Partiels story, acte II scène 4

Bon, je termine cette série d'écrits par deux oraux-écrits, une invention de l'IEP, pour désigner des écrits d'une heure avec des questions de cours. Pas de raisonnement poussé nécessaire, pas de plan, pas de dissertation en somme. Seulement des questions de cours.

En politique comparée, je pense avoir limité la casse. Des questions pas très fouillées, plus une sur le livre que nous avions eu à lire. Bon, sur celle-là, j'aurai les points que je mérite, étant donné que je n'ai même pas fini le bouquin. Et si on ne prend en compte que les passages que j'ai compris (sans donc compter ceux sur lesquels j'ai effectivement passé les yeux mais en les oubliant instantanément), ça vole pas haut.

En géographie humaine, c'est simple : on avait deux sujets au choix, sur lesquels nous devions composer un court essai. J'ai pris celui que personne n'a pris en espérant être noté avec plus d'indulgence (à savoir plus de 6). Vous vous doutez bien que lorsqu'on en est à faire des calculs de ce genre, c'est que ça risque de pas être reluisant. Je crois que ça sera ma plus mauvaise note.

D'ailleurs, je classe mes partiels ainsi (du moins réussi au plus réussi) : Géographie < Histoire < Politique comparée < Économie < Culture générale < Droit constitutionnel.

En attendant l'oral de mardi, en histoire politique, où je devrais, sauf gros plantage, avoir la moyenne. 

23 avril 2008

Partiels story, acte II scène 2

Je continue le carnet de bord des partiels, et franchement je commence à prendre peur. Trois épreuves sans faux pas, aucun gros ratage, je suis même plutôt fier de moi.

Aujourd'hui, nous avions droit à l'épreuve d'économie tant redoutée, et à l'épreuve de droit constitutionnel, tant attendue.

L'économie, c'est ce que j'ai passé mes vacances à réviser. Très lourd, beaucoup d'hypothèses, de théories à la logique très mathématique, de noms d'économistes (qui au passage sont vraiment ridicules)... j'ai révisé pendant 2 semaines et j'étais loin de tout savoir. D'ailleurs, au plus fort de mes révisions, j'ai créé un groupe Facebook "J'aime pas l'économie !" que je vous invite à rejoindre pour faire genre.

Pas de gros pièges dans le devoir, le chapitre que je n'avais pas révisé n'est pas tombé (c'est le modèle IS-LM pour ceux qui connaissent un peu ; absolument inexploitable dans un DS de trois heures, à moins de tout axer dessus), comme je m'y attendais. Pas grand-chose à dire d'autre si ce n'est que j'ai fait 7 pages (ce qui pour moi est énorme vu que j'écris petit et que j'aime pas trop m'attarder sur une idée). Pour vous donner une idée de la lourdeur du truc, après réflexion, je me suis rendu compte que j'avais oublié pas mal de trucs. Un devoir vraiment bien ficelé ferait aux alentours de 10 pages. En tout cas je suis content que ça soit passé, car je redoutais vraiment cette épreuve.

Puis vint la libération : le droit constitutionnel. Avant l'épreuve, je craignais un sujet parlant de justice constitutionnelle, du domaine de la loi, de la procédure législative ou plus généralement de tout ce qui ne toucherait pas à l'Exécutif.

Et bien j'ai été servi : sujet franchement facile, portant sur les cours du second semestre seulement : Le Président de la République, clé de voûte de la Vème République ? Passées les quinze premières minutes où je manquais cruellement d'imagination, j'ai réussi à articuler un devoir dont je suis plutôt fier. Une introduction qui a la classe (enfin selon moi) où je parle du penchant bien français pour l'homme providentiel, et à quel point la Vème République l'institutionnalise en la personne du Président tout en maintenant des garde-fous. J'ai articulé ma réflexion d'abord sur l'idée que le Président arbitre et régule les conflits entre le Gouvernement et la majorité parlementaire, dans la mesure où il est irresponsable devant eux, mais l'inverse n'est pas vrai (droit de dissolution), le Sénat étant l'exception qui confirme la règle. En deuxième partie, j'ai parlé de l'idée qu'il représente la souveraineté. À ce titre, il ne peut être responsable que devant le peuple, qui le plébiscite ou le sanctionne à l'occasion d'élections locales ou de référendums (les fameux "tests nationaux"). C'est ce garde-fou qui permet au Président de ne pas faire n'importe quoi (comme se taper un mannequin) et qui le recadre. Le Président de la République serait alors, en dépit de ses grands pouvoirs, prisonnier d'un système trop grand pour lui (c'est sûr qu'1m58...). J'ai conclu en disant que OUI, le Président était bien la clé de voûte de la Vème, pour toutes les raisons énoncées ci-dessus.

09 avril 2008

Bilan de l'année

Bon, tant qu'à faire, j'ai fait un petit bilan de ma vie sociale ; comme j'estime que ce dernier doit être plus important, je mets volontairement cet article derrière en trichant sur l'horaire.

Je vais faire un bilan de mon année estudiantine #1 : les matières qui m'ont plu, les profs qui m'ont plu, la vie à l'IEP (côté social exclu)...

Liste des matières à éviter : Droit (je crois que mon 5,5/20 aux partiels parle de lui-même), géographie humaine (lundi à 8h ; je me demande encore comment j'ai réussi à me lever tous les matins pour y aller, même les lendemains de soirées électorales), politique comparée (lisez La dynamique de l'occident de Norbert Elias, vous comprendrez ma douleur).

Liste des profs que j'ai adôôôré :

R.G. surnommé Riri le Hamster par moi, en droit constitutionnel et histoire politique. Certains pourront lui reprocher d'aller lentement dans ses cours, mais (je ne sais pas si ça vient de mon penchant naturel pour ces deux matières ou de son talent, je pense qu'il y a un peu des deux) je crois que c'est ça qui fait que a rentre bien. En tout cas je lui offre la palme des profs de 1ère année à l'IEP. Parce que nous dire que Bernard Tapie aura eu le mérite de faire avancer le droit parlementaire, je dis chapeau ! ^^

J.-C. J. (histoire), seul prof qu'on respectait jusqu'à l'appeler Monsieur quand on en parlait entre nous (faut dire aussi qu'il fallait différencier son nom du prénom d'un ami ; en fait on est peut-être pas si respectueux que ça). Très talentueux et charismatique au premier semestre dans ses cours sur la Révolution et Napoléon ; beaucoup moins au second, car de son propre aveu, ça l'emmerdait un peu de traiter le XIXème et le premier XXème siècle (le programme, c'est 1750-1815 au premier semestre et 1815-1945 au second). Mais c'est un monument de l'IEP d'Aix, alors on se tait et on applaudit.

É. G. (histoire des constitutions), tellement marseillais qu'on a eu 3 cours qui ont sauté, et pas rattrapés avec ça. On s'est arrêtés à l'enracinement de la Troisième République... Il nous sortait des métaphores rugbystiques, quand le contexte (Coupe du Monde par exemple) s'y prêtait. Et un art de la conclusion... Somptueux. Il finissait toujours son cours sous les applaudissements, comme ça. Il a conclu son dernier cours (qui n'était donc pas censé être le dernier) par la citation de Clemenceau : "Félix Faure a voulu vivre César et il est mort Pompée."

Je ne m'attarderai pas sur les autres, car inutile de vous cacher qu'ils étaient assez moyens. Ca dépendait de certains, mais ça allait de "moyen +" à "Beurk". Je ne veux donc pas choquer les "Beurk" en listant aussi les "Moyen+", ça se fait pas.

Sur les matières appréciées, on a l'histoire politique, l'histoire de France, le droit constitutionnel, l'économie malgré tout (deux p'tits changements de prof, une p'tite taule en interro, et c'est r'parti pour la motivation !), et dans une moindre mesure la science politique.

Ah oui, et mention spéciale à la Très-Sainte-Administration, qui a l'Art de nous communiquer les dates de nos partiels 2 semaines à l'avance dans le meilleur des cas. Pour les oraux c'est toujours après le début des écrits, à savoir moins d'une semaine avant pour ceux qui sont en début de liste (ce qui n'est pas mon cas). Celle aussi qui a fait poireauter certains étudiants toute la journée pour les inscriptions en début d'année.

En tout cas j'espère que ça se poursuivra aussi bien l'année prochaine ! Les sections sont supprimées, donc pas de choix cornélien à faire, mais je ne sais ABSOLUMENT PAS ce qui nous attend. Je sais, en ce qui concerne la forme, qu'on aura plus de cours d'amphi (ce qui m'arrange vu que j'aime pas trop les TD), mais rien sur le fond. Wait and see, maintenant faut que j'aille réviser mes partiels de dans une semaine.

23 décembre 2007

De l'économie

 A.S. : si la longueur de l'article vous fait peur, sautez le paragraphe 3 en gris foncé, où je raconte ma vie, fais un private-joke et dézingue mon prof d'amphi (mais je ne le cite pas, ne cherchez pas à me faire un procès pour diffamation, ça marche pas avec moi). Je tiens vraiment à ce que vous lisiez l'essentiel.

Et bien maintenant que, comme la plupart d'entre vous, je suis en vacances après être allé à mon lycée chercher mon diplôme du bac et mon dossier scolaire depuis la sixième (dedans il y avait des contrôles de CM2, d'où il ressort que j'oubliais souvent de mettre les points à la fin des phrases en français et que je n'écoutais rien, je rêvais ^^), je pensais pouvoir m'adonner aux plaisirs du glandage. Sauf que le glandage, ce n'est plus ce que c'était : j'ai lâché la console, mes amis voient eux aussi leurs amis et sont occupés, personne n'est connecté sur MSN, les blogs ne disent rien, l'actualité est chiante et lassante et j'ai eu 13/20 au test d'actualité du Figaro. Et finalement, le glandage, c'est vite chiant. Et en plus, je me dis que comme j'ai le repas de Noël demain et que je pars en Estonie vendredi pour revenir le vendredi suivant, ces vacances vont passer en un éclair ! Donc j'essaie de rentabiliser mon temps. Et que fais-je ? Et bien je travaille. Je travaille parce que je me dis qu'entre les partiels et les TD, il va falloir que je bosse sérieusement au second semestre pour avoir ma moyenne. Et surtout régulièrement, en commençant par les matières où je suis le moins bon. C'est pourquoi j'ai sorti ma plaquette d'économie à faire pour la rentrée, et j'ai commencé à la taffer.

Je me souvenais que ce que j'avais vu de l'éco telle qu'elle nous est présentée cette année est vraiment très difficile à aborder parce que c'est à base de tableaux et de courbes..... bref de maths. Et j'aime pas les maths, quand j'ai passé mon bac je croyais que j'en avais fini (avec un 15/20 en plus, mais l'épreuve était honteuse de facilité)..... jeune lycéen naïf et insouciant que j'étais ! Quand y en a plus, y en a encore ! Et ça aide pas ! Ce qui m'a conduit à me poser quelques questions sur cette matière que j'adorais au lycée et que je vomis de plus en plus depuis mon entrée à l'IEP.

Plantons d'abord le décor : après deux ans passés à faire des SES au lycée, dont une grosse moitié était de l'éco, deux années formidâââbles en terme de profs d'éco, (surtout en Terminale) et un 12/20 au bac (et vu comme j'avais bossé c'est bien payé), je rentrai à l'IEP, où j'appris qu'on avait deux heures d'éco en amphi et une et demie en TD. Youpi, pensai-je. Les premiers cours d'éco en amphi se révélèrent être excellents : notre prof nous faisait un cours compliqué et dense, mais mes connaissances héritées de mes deux années passées en ES me permettaient de suivre. En plus il balançait des perles politiques qui me firent comprendre qu'il était strausskahnien (personne n'est parfait) et qu'il était un politicien raté (il insistait pour avoir un micro sans fil, la rock-star attitude*). Le problème c'est qu'au bout du troisième cours, les digressions avaient pris tellement de place qu'elles remplaçaient purement et simplement le cours. Je décidai donc de ne plus prendre sur mes heures de sommeil et de me priver du cours d'éco des discussions politiques et jeux de cartes du mardi matin.

Ensuite, en TD, c'était une autre histoire. Mon prof est un PLOT. Vous savez, le truc qui trône au milieu et qui ne sert à rien. Sur la forme, nous n'étions pas gâtés. Mais sur le fond..... ah, Seigneur, sur le fond..... on avait chaque semaine des plaquettes très denses et écrites en petits caractères sur un sujet. Que nous traitions en cours. Enfin, nous traitions quelques questions. À savoir entre 2 et 13 (sur 20). Mais le 13 était une exception. Autant dire qu'on se faisait chier, parce qu'on passait des heures à le regarder tracer des courbes et nous "expliquer" (je mets entre guillemets parce qu'expliquer, c'est censé vouloir dire "faire comprendre", ce qui n'était pas le cas) la réponse à une question. Pas très motivant, donc. J'ai donc rapidement lâché prise en éco, et arrêté de faire mes plaquettes. Et je ne comprenais pas un traître mot de ce que disait le prof en cours. Je me sentais largué, ce que les résultats des évaluations vinrent confirmer. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai pris peur en voyant un sujet d'évaluation.

Et le fait que je travaille pendant ces vacances m'a refait rentrer dans le monde de l'éco. OU PAS. Enfin, presque. J'ai ouvert ma plaquette, qui contenait des repères (quatre) avec des lettres dont je ne comprenais pas la signification, censées représenter une variable économique, et des courbes censées montrer leurs interactions. Et une page entière (écrit petit) qui expliquait comment lire les quatre graphiques en un. J'ai donc dû procéder par étapes : 1) Comprendre les phrases isolément, en les relisant, rerelisant, et rererelisant. Et rerererelisant si besoin est, ce qui souvent était le cas. 2) Comprendre ce qu'il y avait dans les graphiques avec un esprit de mathématicien, sans savoir ce que voulaient dire les variables, dans l'abstraction la plus totale. 3) Tenter, à l'aide des phrases, de remplacer progressivement les lettres par des concepts tels que l'investissement, l'épargne, le revenu ou la consommation. 4) Essayer d'avoir une vision un peu plus globale du truc, et le comprendre. 5) Le résumer en quelques lignes. Je me suis arrêté, après une demi-heure de prise de tête, entre les étapes 3 et 4. J'ai à peu près compris, mais ça bloquait, ça saturait. Et je n'en suis qu'à la première page sur dix et à la première question sur onze.

Je me suis donc demandé comment ça avait pu changer si vite, comment l'éco avait pu devenir une matière aussi infernale du lycée à la fac. Et j'ai identifié le problème, ce qui est déjà énorme. Mon problème, c'est la nouvelle forme qu'a pris l'éco. Je m'explique : au lycée, les cours d'éco étaient relativement accessibles : une fois qu'on avait les bases, qui s'apprennent en début de première (le PIB, la valeur ajoutée, et tous les sigles FBCF, EBE, etc), on pouvait à peu près comprendre n'importe quel document, donc n'importe quel cours. Disons que les profs et les manuels faisaient un effort pour être accessibles. Maintenant qu'on est à l'IEP, ce qui me gêne, c'est l'abstraction permanente et la transformation de l'éco en maths. Mon manuel n'est que graphiques et termes techniques que je n'ai jamais vus. Et le cours se basant sur le manuel, c'est mal barré. Le problème est que je considère l'économie comme quelque chose de concret, et pas comme une courbe. Autant ça ne me gêne pas de faire des schémas compliqués (j'adore même en faire), autant dès qu'il s'agit de mathématiser une théorie, de transformer l'épargne en une variable S (si je vois un S, du coup, je ne sais pas que c'est S comme Savings, et comme ce n'est marqué nulle part que S = épargne.....), de la mettre sur une courbe, ça coince. L'éco, ce n'est pas des maths appliquées, je ne peux pas accepter ça. Je suis, comme mon prof d'amphi, qui nous l'a dit maintes et maintes fois, un politique : pour moi, l'économie, ce n'est pas des courbes, c'est un instrument de politique. Je ne m'amuse pas à faire des maths pour élaborer ou comprendre une théorie qui ne s'applique qu'en situation de concurrence pure et parfaite, je préfère me demander comment, en pratique, on peut réformer les marchés dans la mesure du possible pour les améliorer, et -dans mon cas- pour permettre une meilleure répartition des richesses. Pour résumer ma pensée, qui se clarifie peu à peu, j'en ai rien à foutre de savoir comment marche une machine "en-dedans d'elle", je veux savoir à quoi elle sert et comment m'en servir. L'éco du lycée m'apprenait les théories des économistes et donnait, en exemple, des cas concrets. À l'IEP, je n'ai pas le souvenir d'un seul cas concret qui ait été plus que vaguement évoqué en TD. Les tableaux et les courbes que j'aime, ce sont les tableaux et les courbes qui montrent les évolutions dans le temps d'une économie RÉELLE, et pas VIRTUELLE, dans le cadre de POLITIQUES économiques.

Je vais essayer de m'y mettre, et si vous avez des conseils pour que je comprenne mieux cette éco-là, puisque je vais de toutes façons devoir en bouffer au moins jusqu'à la fin de l'année, et certainement jusqu'à la fin de mes études, je suis à l'écoute. 

*Private-joke, elle se reconnaîtra (ou pas)

20 décembre 2007

Partiels story

Ca y est, enfin, je suis en vacances. Pour la première fois depuis que j'ai fait ma rentrée. Et ce après mes premiers partiels, mais au moins, ils sont terminés et point de stress pendant ces vacances, qui vont en être de vraies ! YOUHOU !

Au menu, nous avions les écrits la première semaine, en droit constit, histoire et "éco".

En droit constit, nous eumes un sujet plutôt facile : "Le régime présidentiel est-il adaptable à la France ?" Je crois m'en être plutôt bien sorti, en pour ceux que ça intéresse, on l'avait vu en cours, et la réponse est non.

En histoire (programme "la France de 1750 à 1815"), on a eu un sujet à la Jauffret (notre prof d'histoire, connu pour faire des sujets à rallonge ; en 2005, le sujet du concours d'entrée était "De Raymond Poincaré à Jacques Chirac : le chef de l'État en France, 1914-2005. Vous voyez le genre.), qui a pris tout le monde de court, enfin surtout ceux qui avaient appris les dates des batailles par coeur : "Quelles réformes essentielles de la Révolution, du Consulat et de l'Empire, retrouve-t-on dans la France contemporaine ?" Difficile de répondre autrement que par un listing, que j'ai classé en réformes politiques, économiques et sociales, pour faire original. ^^

En "éco", que je mets entre parenthèse parce que notre prof, R****, avait pour particularité de faire un "cours" de 2 heures avec 2 heures de digressions, raison pour laquelle je n'y allais plus (y avait plus de cours à partir de la séance 3). Donc le sujet portait sur de l'actualité : au choix, "le pouvoir d'achat est-il un bon indicateur pour l'action publique ?" (ou quelque chose comme ça), "Les régimes spéciaux : un vrai enjeu ?" et un article sur "travailler plus pour gagner plus". J'ai choisi le second. Encore une fois, sujet aléatoire = note aléatoire.

Après, cette semaine, nous avons eu un "oral-écrit", façon pompeuse de dire "questions de cours à traiter en 1 heure" en Droit. Le cours d'introduction au Droit se résumant à un apprentissage par coeur de listes, de définitions et de différenciations que je n'avais pas pris le temps de bien faire, et notre prof notant à la mode prépa (c'est-à-dire très très sec), je vois venir un 2 ou un 3 gros comme une maison. Tant pis pour moi.

Puis vint l'oral d'histoire des constitutions. Sujet : "La IIe République". J'ai fait comme j'ai pu, et bien qu'ayant un examinateur qui avait l'air de droite bien que très sympathique, j'ai été moyen. Pas à l'aise, oubliant des aspects du sujet, confondant parfois avec le Second Empire, répondant à côté aux questions, c'était moyen. Mais bon, j'ai quand même fait mon job et décrit, en gros, la Seconde République. Disons que je vise la moyenne, tout en sachant que c'est pas sûr que je l'obtienne.

Et enfin, l'oral de science politique, que j'attendais avec impatience dans la mesure où le cours était super intéressant (sur le fond, pas quand j'étais en cours), s'est passé comme sur des roulettes, vu que je suis tombé sur le sujet que tout le monde voulait avoir : qu'est-ce qu'un parti politique ? À partir de là, j'ai eu un boulevard, et l'examinateur m'a dit que je serais noté sur le temps que je tiendrais (l'objectif étant 10-12 minutes). Je n'ai pas compté le temps, mais je sais que je n'ai pas pu couvrir tous les aspects du sujet. Pour le temos, ça doit être bon, donc.

And now, let's wait and see what'll happen. 

01 décembre 2007

Je fais un IEP et, en fait, je suis pas normal

Non non, vous ne rêvez pas, ce titre est le nom d'un groupe Facebook. Il est censé présenter les 55 caractéristiques des étudiants des IEP. Ne vous inquiétez pas, on me l'a filé : je ne m'inscrirai pas sur Facebook, même la tête sur le billot ! Je préfèrerais encore lire Direct-Soir !  Les propositions en gras avec mes commentaires (en rouge) sont celles dans lesquelles je me reconnais. Bonne lecture !

1. Tu collectionnes des piles de The Economist, Le Monde, Le Figaro, L'Express et Le Point non encore ouverts chez toi, et t'en as tellement que tu pourrais te construire un T5 en papier mâché avec.

Personnellement c’est Courrier International et Marianne.

2. En plus tu penses que Time Magazine est mieux que The Economist parce qu'au moins, dans Time, ils ont des pages people à la fin.

3. Tu attends avec impatience le stylo bille qui va compléter ta panoplie de tee-shirt, mallette, chaussettes, string et règle à l'image de ton IEP.

4. Quand les gens te voient dans la rue avec des accessoires IEP, ils te regardent avec un mélange de déférence, de mépris, de dégoût et de crainte.

5. Et tu t'en fous.

6. Tu ne dis jamais IEP, mais Sciences-Po, ça fait plus chic.

Ben ouais attends, c’est la classe !

7. Tu connais par coeur les rayons Sciences Economiques, Droit Administratif et Relations Internationales de ta librairie mais tu n'y achètes jamais rien.

8. Sauf les bouquins que tes profs d'amphi ont écrit ça te permet de sauver des arbres en n'utilisant pas de feuilles pour prendre des notes.

Oui, et ça permet surtout de discuter avec son voisin sans louper de cours ^^

9. Quand tu joues avec des Playmobils, tu reconstitues des scènes historiques, telles que l'invasion par l'Armée Rouge de Berlin en 45.

10. Tu maîtrises parfaitement la langue de bois.

J’entends ceux qui disent que je maîtrise la langue de bois, mais j’entends aussi ceux qui ne disent pas que je maîtrise la langue de bois… ^^

11. D'ailleurs quand ta grand-mère te demande au repas de Noël si c'est pas trop dur les études à Sciences-Po, tu excelles même dans l'art susnommé alors même que ta bisque de homard a à peu près la même texture que ton vomi du gala de Noël.

Tout à fait.

12. Tu es inscris dans le groupe Facebook 'Je fais un IEP mais je suis normal quand même' pour faire genre.

13. Les écoles de commerce ça pue.

Chiens de capitalistes !

14. Et dès qu'il y a un problème lors d'une soirée étudiante, de toutes façons, c'est toujours la faute des écoles de commerce.

…ou des facs !

15. Tu es intimement persuadé de valoir plus qu'un paumé en école de commerce (salopard de capitaliste) et c'est d'autant plus vrai qu'ils ont pas de noms, d'abord !

Oui, nous sommes les meilleurs, sauf pour les énarques et les Parisiens car je vais (ou ai) raté leur concours pourri !

16. Parce que nous, on s'appelle Paliens.

Iepiens à Aix, nous au moins on est originaux !

17. Quand on te dit "waouh t'es dans un IEP" tu souris à la personne en face de toi, tu remets tes cheveux en place d'un coup de tête et tu ajoutes sur un ton faussement modeste "oh tu sais, c'est pas grand chose". 

Sauf que j'ai les cheveux trop courts pour les remettre en place. Moi, je hausse les épaules.

18. Les termes oecuménisme, hiératique, ontologie, épistémologie, herméneutique n'ont pas de secrets pour toi.

19. Tu aimes bien aligner des mots avec plein de syllabes parce que ça fait joli sur ta copie.

20. Tous tes voisins d'amphi ont les mêmes exemples que toi parce qu'ils sont aussi passés par Ipesup/Lakanal/La fontaine/ISTH...

21. Tu es frustré de n'avoir pas été élu le plus beau de l'école en CP parce que tu étais le plus intello et que tu savais lire en octobre.

J’ai pas été au CP mais je n’ai jamais été élu délégué de classe à cause de ça, ça compte ?

22. Tu es ravi de constater qu'en fait, Sciences-Po, le concours d'entrée et le grand oral c'est pareil, et que ce qu'il y a au milieu, c'est destiné à perfectionner ta pratique du déhanché sur un podium, bourré, dans une boîte loin de chez toi.

Ah non, les boîtes sont à côté de chez moi vu que j'habite loin !

23. Si on te demande, tu as une opinion sur tout (même l'immigration illégale des tribus kazakhs à cause de la transhumance des gnous arctiques).

Oui, les gnous sont une plaie pour ces pauvres choux !

24. Et même si on ne te demande pas.

Oui, et d’ailleurs, je pense que l’évolution des mœurs reproductrices de la chauve-souris à travers les âges est…

25. Tu en es toujours à la page trois de L’être et le Néant  mais tu l'as quand même dans ton sac pour faire genre.

Les Droites en France pour moi.

26. Tu sais épeler Nietzsche et Schwarzenegger sans ciller.

Et Khrouchtchev, ne l’oubliez pas !

27. Tous les matins tu déplores la tristesse de la condition humaine, mais tu t'en fous.

La vie est injuste, mais bon, si ça m’arrange on va pas cracher dans la soupe !

28. Tu connais parfaitement la thèse déterministe de Bourdieu, mais tu ne peux pas t'empêcher de mépriser les gens qui te bousculent dans le métro.

Enfoirés de pauvres !

29. Tu critiques à mort les élites, mais t'es bien content d'en faire partie.

cf. 27

30. Tu es blasé.

31. Tu vas toujours dans les cinémas qui ne projettent les films qu'en VO mais tu vas y voir Ratatouille.

Ou Harry Potter pour l’accent rosbif

32. Pour toi, entre Cavalli et Lagerfeld, il y a à peu près le même gouffre qu'entre Chavez et Morales.

A savoir la moitié de rien.

33. Tu aurais pu t'offrir un séjour pour deux à Tahiti de deux semaines avec tout le fric que tu mets dans la machine à cafés et le distributeur de Kinder Bueno.

34. Tu es trop fier(e) parce que les IEP sont e tête de liste au classement mondial du traveller IQ challenge.

35. Et d'ailleurs, t'es trop fier(e) d'avoir suivi un cursus français, et tu vas déchanter la 3ème année parce qu'à l'étranger personne ne connaît l'IEP.

36. Tu connais par coeur la géographie du Caucase, des Balkans et du Proche-Orient mais tu ne connais pas les départements français.

…je connaîs ABSOLUMENT TOUTES les capitales mais j’ai eu 10/20 au contrôle sur les départements en 5ème (enfin c’était abusé sur ce coup-là, cf. 42)

37. Ou alors tu connais les départements français et t'es vraiment un malade.

38. Tous les ans tu participes aux jeux olympiques paliens (Critérium) et pour t'inscrire encore plus dans la tradition romaine, tu reconstitues une orgie en taille réelle.

39. Tu penses en 2x2 parties, et tu ne peux pas t'empêcher de classer ta liste de courses en biens inférieurs, biens moyens et biens supérieurs.

40. Tu as un taux d'alcoolémie à peu près constant tout au long de la semaine avec un pic le mercredi et le samedi soir.

…Le taux est nul tout le temps sauf des fois où je bois un verre de vin.

41. Tu as découvert au Crit’, sauf pour les paliens lillois qui s'en injectent directement dans les veines, les joies de la bière lilloise et depuis tu fantasmes sur ses célébrissimes pom-poms (male & female).

42. Plutôt mourir que d'avouer avoir tort.

Ce sont les autres qui ont tort !

43. Quand les profs disent "vous êtes l'élite de la France", l'amphi se divise en deux : ceux qui rigolent... et ceux qui bombent le torse.

Deuxième catégorie.

44. Si tu ne choppes pas au WEI, c'est soit que tu as trop bu... soit que tu n'es pas venu(e).

Si j’avais su j'y serais allé…

45. Tu n'apprends rien tout le temps où tu es à l'IEP et au final, quand t'en sors, t'es complètement out.

46. Tu connais par coeur le rayon alcool de ton supermarché, mais t'es pas foutu de choisir un vin buvable à moins de 3€.

47. Tu lis Les Échos ou Le Monde seulement parce que c'est parfois en libre service dans le hall de l'IEP.

Pas Les Echos, jamais ! Plutôt Direct-Soir tant qu’à faire !

48. Tu te la pètes parce que toi au moins, tu sais utiliser "anticonstitutionnellement" dans une phrase (ce qui te préoccupait depuis le mois d'octobre au CP).

Vive le droit constitutionnel !

49. Tu ne sors plus que dans les soirées Sciences-Po (d'ailleurs tu dis souvent "Non ce soir je peux pas, j'ai une soirée privée") pas parce que c'est plus classe (tu te bourres la gueule et tu vomis dans les toilettes comme ailleurs) mais parce que c'est encore plus trash.

50. Tu fais croire à tout le monde qu'à Sciences-Po, tout le monde est vachement impliqué en politique alors que c'est pas vrai et qu'en fait, de toutes les facs, y a que l'IEP qui est jamais bloqué.

Personne ne connaît le MJS, et j’en connais même une qui ne sait pas qui est Jean-Claude Gaudin…

51. Tu travailles 3 fois moins que quelqu’un en fac de droit et t'as 3 fois plus de chances de réussir un concours de la fonction publique.

cf. 27 (bis)

52. Tu fais tes exposés/fiches de lecture/power points à l'arrache la veille de l'oral et tu t'en sors toujours avec les honneurs.

Pour les honneurs, faut voir…

53. Tu es toujours présent aux forums des anciens élèves de ton ancien bahut et tu fais croire à tout le monde que Sciences-Po, c'est pas de la gnognotte, et qu'il faut bosser et le vouloir à mort.

54. Sur les listes d'émargement, tu t'entraînes à signer en prévision de ton futur job de premier ministre avec ton stylo plume.

Et j'en ai rajouté trois histoire de :

Tu sais reconnaître et t’adapter à l’accent des étrangers, et quand tu les abordes tu leur donnes d’abord leur nationalité pour les impressionner.

Tu te la pètes en disant que le droit constitutionnel, c’est super facile, et ça passe parce que c’est difficile à prononcer.

Et si on te fait chier avec ça, tu récites par cœur la décision 74-54 DC « IVG » et sa portée juridique grâce au bachotage pour les partiels.

08 novembre 2007

Le droit constit, kézako ?

Aujourd'hui, je voudrais lever le voile sur une des matières principales de Sciences-Po, car elle est aujourd'hui brûlante d'actualité : le droit constitutionnel (abrégé à l'oral en droit constit et à l'écrit en DC).

Personnellement, en première année, j'ai 3h30 de DC par semaine ; 2h en amphi (le mercredi de 10h à 12h) et 1h30 en TD (le lundi de 16h à 17h30). Ayant une interro lundi prochain, je dois réviser mon DC et je m'y replonge plus ou moins passionément, d'où l'idée de cet article.

Le but du DC est de nous apprendre l'organisation politique de l'État : on exclut donc les relations internationales, les institutions administratives (préfets, recteurs, etc) et juridictionnelles (le Droit tout court : les tribunaux, etc). Les seules juridictions qui rentreront dans le cadre du DC sont le Conseil Constitutionnel (abrégé en CC), le Conseil d'État (CÉ) et plus rarement la Cour de Cassation (cC).

En gros, on étudie ce qu'on a constitutionnellement le droit de faire ou pas en France et ailleurs, les différentes formes d'État, le rôle et les décisions du CC, la pratique des institutions sous la Vème République, les modifications constitutionnelles.....

Personnellement, cette matière m'a paru au premier abord extrêmement fastidieuse et très difficile à approcher. Essayez donc de lire une décision du CC, vous me direz si vous en êtes revenus vivants ! Il s'agit ici de la célèbre décision 74-54 DC (comprenez : saisine faite en 1974, 54ème Déclaration de Constitutionnalité ; oui, je sais, ça me l'a fait aussi) du CC, où il refuse de censurer la loi Veil sur l'IVG.

Bon, ensuite, on prend l'habitude, et puis on n'a pas de ça tous les jours. Autrement, c'est plus compréhensible une fois qu'on a quelques notions. De même, on apprend les différentes institutions : quelle est la différence entre un État fédéral, unitaire et régional, entre un régime présidentiel et parlementaire, entre un contrôle de constitutionnalité concret et abstrait, a priori et a posteriori, diffus et concentré..... Et non, ce n'est pas que des trucs connus ! ^^

Notre programme va bien sûr devoir intégrer le rapport Balladur qui vient de tomber, car il modifie pas mal de trucs..... tiens, par exemple, il propose d'ajouter un contrôle de constitutionnalité a posteriori. Vous savez pas ce que c'est ? Je vous expliquerai ça dans les prochains articles, car je compte décortiquer un peu ce rapport, d'ores et déjà téléchargeable.

rapport balladur.pdf

07 novembre 2007

Eloge de la patience

Je vais vous donner un lien vers un article que j'ai découvert il y a plusieurs mois et qui m'avait beaucoup plu, et que je regrette de ne pas avoir écrit moi-même. L'article s'appelle Eloge de la patience.

Si je vous parle de l'éloge de la patience aujourd'hui, c'est pour introduire mon petit contre-coup de gueule. En effet, lundi dernier en cours, mon professeur de science politique dont je tairai le nom car je risquerais d'en dire du mal, nous a (encore) fait part de sa petite leçon de morale. Quand j'ai suivi mes premiers cours d'étudiant, ce qui m'a le plus frappé était que jamais les profs (ou Maîtres de conférence quand c'est en amphi) ne nous reprenaient et ne nous demandaient de nous taire. Ou alors très peu. Quelle fierté c'était ! Je me disais que plus jamais je n'aurais à supporter les profs qui font la morale à une classe sans comprendre que ça ne la fera pas taire, au contraire.

Bah manque de bol, même à Sciences-Po, on en a deux comme ça. Notre maître de conférence (Mcf) de droit constit d'une part, mais pour lui c'est pas franchement lourd parce qu'il s'adresse toujours à une ou deux personnes en particulier, même dans un amphi de 200 personnes. Le problème vient de notre Mcf de science politique, personnage pour le moins peu attirant à première vue car mal à l'aise à l'oral (c'est assez gênant un prof qui commence et finit toutes ses phrases par "heu" ou "hein"), qui doit reprendre à plusieurs reprises des jeunes cons qui discutent. Le problème, c'est que même s'il commence par s'adresser à une ou deux personnes, il dérive très rapidement en nous prenant tous pour des jeunes cons. Et c'est reparti pour cinq minutes de leçons de morale, avec des "vous êtes -et de loin- le pire amphi que j'aie eu" et autres sympathiques remarques qui font bien culpabiliser ceux qu'ont gentiment rien fait. Or, lundi dernier, il est allé encore plus loin, prof de science politique oblige, en nous livrant une analyse sociologique de notre comportement de jeunes cons (en précisant bien que cette analyse allait nous faire perdre du temps mais que tant pis, si on finissait pas on l'aurait cherché). Il a introduit son analyse d'une manière fort agréable pour nous : "c'est une évolution normale, et je m'attends à ce que ceux qui vous suivent soient encore pires. En effet, vous êtes la première génération qui s'est socialisée avec le double-clic d'Internet et la Star Academy." S'il voulait rétablir le calme, c'était raté. Personne dans l'amphi ne se laissa insulter et dire qu'il regardait la Star Ac. Non mais quelle honte ! Je suis à peu près certain que l'immense majorité de l'audience de la Star Ac sont, mis à part les vrais jeunes cons (les jeunes collégiens et collégiennes que je conchie, et c'est peu dire), des femmes qui ont passé l'âge d'être étudiantes. Et que si on faisait un sondage dans l'amphi, les étudiants qui regardent cette pourriture télévisuelle seraient moins nombreux qu'on ne le pense.

Son analyse, qui comporte des éléments de vérité, était la suivante : étant donné que nous avons grandi dans un monde où tout est très rapide, tout est à portée de main, où le temps passe de plus en plus vite, nous sommes incapables de nous concentrer et de suivre des raisonnements mûrement réfléchis car notre attention est captée par autre chose.

Well, c'est vrai ; en tout cas c'est ce que je pense. J'ai moi-même du mal à me concentrer quand mon Internet me donne accès à absolument tout, le meilleur et le pire, et c'est même pour ça que la panne de mon ordi me réjouit en partie. Je découvre ce que c'est que lire des romans, je relis mes cours, je sors de chez moi.....

Mais merde, c'était dit avec tellement de mépris que je ne pouvais pas laisser passer ça. Ce monsieur, qui fait un cours que je trouve de bonne qualité pour ce que je peux en juger, m'horripile par le mépris qu'il nous porte. Déjà au lycée, on nous disait que maintenant on était grands, qu'on pouvait quand même fermer notre gueule et écouter, et qu'on n'était quand même pas des ch'tits gnomes de collège. Et on nous faisait bien culpabiliser en s'adressant à la classe dans son ensemble pour une bande de cons qui faisait ce qu'elle sait le mieux faire : les cons. En tout cas, je vois que même quand on a entre 17 et 19 ans et qu'on est étudiants, on continue à nous traiter comme on nous traitait quand on en avait entre 7 et 9. J'espère que ça nous foutra la paix un jour, et qu'on ne nous traitera pas comme des gamins quand nous aurons entre 27 et 29 ans.....

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