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01 juillet 2008

Mougabe

Si vous avez lu les journaux ou regardé la télé ces derniers jours, il ne vous aura pas échappé que Robert Mugabe, président du Zimbabwe, a été réélu les doigts dans le nez, avec un score de dictateur africain (90%) qu'il est, après que le candidat de l'opposition qui avait gagné a reconnu sa défaite.
Un rapide coup d'oeil sur le bilan de Mugabe : une inflation à trois chiffres, une croissance négative, 5 millions de réfugiés... bref, un pays liquidé par un dictateur qui sacrifie son pays pour sa gloire personnelle. Un exemple qui n'est que trop courant en Afrique. Je pourrais parler de l'héritage de la colonisation qui a laissé des États fantoches, mais ce n'est pas le sujet.
Non, je voudrais parler du traitement de l'affaire par les médias. Et franchement, il y a de quoi dire. J'avais rarement vu et entendu les médias être aussi ouvertement partiaux et avoir des avis aussi tranchés. Apprendre à nuancer son propos, c'est ce qu'on m'a appris en Terminale ES !
En effet, les médias ont allègrement parlé de "dictateur", de "mascarade électorale"... on a entendu ça dans la bouche des présentateurs du JT, pourtant si impartiaux d'ordinaire ! D'habitude, si on veut dire que le dictateur en est un, on donne la parole à Reporters sans Frontières, à Amnesty International ou à l'opposition pas si muselée que ça. Sauf sur Arte ; d'ailleurs je ne regarde plus Arte Info à cause de sa partialité quand il s'agit de traiter des affaires russes, ou d'Europe de l'Est. Et bien là, toutes les chaînes, toutes les radios, tous les journaux, ont hurlé avec la meute.
Entendons-nous bien : je ne soutiens en rien Robert Mugabe. Un héros de l'indépendance qui profite de sa gloire pour mettre les cornes à tout un peuple qui croyait en lui, et qui sacrifie une nation pour son petit bonheur personnel, est un moins-que-rien. Mais l'absence TOTALE de nuances des médias, qui devraient nous faire réfléchir sans nous endoctriner, m'a fait profondément chier. Cette impression qu'on réfléchit à ma place et qu'on m'impose une idée m'a laissé un goût amer.
D'autant plus que les médias l'ont fermée quand Sarko invitait son ami Kadhafi. Qui a parlé du dictateur libyen, des atteintes à la liberté d'expression de Kadhafi, de cet avion abattu dans les années 80 par Mouammar himself, de sa longévité au pouvoir... ? Qui a traité Omar Bongo de dictateur corrompu, réélu après des mascarades électorales ? Peu de monde. Alors faudrait savoir un peu.

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