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29 avril 2008

Angoisse

 

28 avril 2008

Sauvons Bétancourt ? Mouais...

D'accord, personne n'est contre sauver Ingrid Bétancourt. D'autant plus qu'on en entend régulièrement parler depuis l'élection de Sarkozy. Avant, c'était très épisodique et très rare. Aujourd'hui, c'est toutes les semaines qu'on a encore un bout du feuilleton !

Il est très difficile, pour nous Français, de comprendre les enjeux de cette affaire. Je rappelle d'abord qu'Ingrid Bétancourt est colombienne. Malgré son attachement à la France, elle ne devrait pas être un problème français. De plus, elle a été capturée par les FARC, qui sont au coeur d'un processus qui engage ce trou du cul d'Álvaro Uribe, et dans une moindre mesure Chávez. Mais Chávez, tout comme Sarkozy, s'est saisi du problème pour entretenir sa popularité, alors qu'il n'a à la base rien à voir là-dedans. Ce qui est une connerie de la part des deux, car cela fait monter le prix des otages. Surtout pour Sarkozy, qui focalise sur une seule otage. Il y a fort à parier qu'on ne la reverra pas avant longtemps.

En tout cas, je voudrais me pencher sur les causes de la séquestration d'Ingrid Bétancourt. Je me rends compte que très peu de gens savent comment elle a été capturée et pourquoi elle moisit dans la jungle depuis des années.

Tout d'abord, elle était candidate à la présidentielle. Écologiste, il me semble. Et elle menait une campagne extrêmement maladroite et provocatrice. Elle était par exemple allé distribuer des préservatifs dans les quartiers de Bogotá. Bonne initiative en soi, mais erreur de campagne, quand on sait à quel point Bogotá est une ville conservatrice.

Et les FARC... elle est allée, elle-même, de son propre chef, dans la jungle, pour aller discuter avec les FARC. Je ne sais pas si c'est son idée ou si c'est son directeur de campagne, mais c'était quand même un pitit peu risqué. Aller discuter avec des gens qui veulent des otages de valeur, je crois que c'est une connerie.

Alors je ne dis pas qu'elle l'a bien cherché mais je n'en pense pas moins. Ce n'est pas à la France d'intervenir dans cette affaire. Il est évidemment souhaitable qu'elle soit libérée, mais le travail que mène le président français là-dedans pose problème. Il fait vraiment n'importe quoi.

 

Rien à voir : étant donné que je révise mon histoire politique, je vous laisse en compagnie du meilleur clip de campagne présidentielle.

26 avril 2008

Une remarque qui tombe à point... de détail

Hier, malgré ma journée bien remplie, j'ai eu quelques minutes pour constater que Le Pen avait encore dit n'importe quoi. Il aurait réaffirmé sa déclaration de 1987 sur les chambres à gaz qui seraient un point de détail de la Deuxième Guerre mondiale. Et il apprendra qu'on ne dit pas la Deuxième Guerre mondiale, mais la Seconde, car deuxième implique une troisième. Or, il n'y en a pas eu jusqu'ici ; la preuve : je vous parle.

Je ne commenterai pas le fond de cette déclaration : évidemment honteuse. Six millions de morts, ce n'est un détail sous aucun prétexte. Même quand il y en a eu cinquante millions à la guerre. Six millions de personne tuées d'une façon froide, industrielle, considérées comme de la vermine à éliminer, traitées comme tout sauf comme des hommes, et ce pour une appartenance religieuse, politique ou quoi que ce soit considéré comme déviant par un régime totalitaire mené par un fou machiavélique, calculateur et charismatique, ce n'est jamais un point de détail.

Je voudrais m'attarder sur cette déclaration en tant que stratégie politique. Vous le savez, je vais jusqu'à douter du racisme de Le Pen. J'en avais d'ailleurs longuement débattu avec un frontiste il y a de cela un an. Je crois profondément en l'opportunisme de Le Pen. Cet homme a réussi tout ce qu'il a voulu faire : faire parler de lui. Grâce à un charisme impressionnant qui caractérise les hommes d'extrême-droite, alliés à un populisme et à une démagogie brillants, il a réussi à imprégner la France de ses idées de merde. Le Pen est peut-être raciste, mais il fait ça par opportunisme. Il sait tenir un discours qui plaît aux racistes et à "la France profonde" qui croit que Jean-Pierre Pernaut est un grand journaliste.

Alors cette phrase est-elle mal placée, est-elle un échec ? Oui. Déjà en 1987, elle avait stoppé net son ascension. Elle avait fait parler de lui, mais l'avait stabilisé à un niveau qu'il a eu beaucoup de mal à dépasser. Aujourd'hui, il récidive. Il va, certes, faire parler de lui, mais il n'a plus les voix qu'il avait en 1987. Le Pen n'existe plus politiquement. Depuis le premier tour de la présidentielle 2007, il me déçoit à chaque fois qu'il parle. Où sont son charisme, son populisme et sa démagogie ? Il est vieux et ça se voit. Mais contrairement à beaucoup, j'estime qu'il l'a fait exprès. Il vieillit, tout le monde le voit. Il se fatigue, n'a plus le talent qu'il a eu pendant toute sa carrière. Mais je crois Le Pen profondément égoïste. Et d'ailleurs, je ne conçois pas le FN sans Le Pen. Et quand je dis Le Pen, c'est Jean-Marie SEUL.

Je crois justement que Le Pen ne veut pas de sa succession. Il fait exprès d'attiser les conflits entre Marine, Gollnisch et Carl Lang, auxquels je souhaite d'ailleurs tous les trois de mourir dans d'atroces souffrances, pour qu'il n'y ait plus de FN après lui. Le FN est le mouvement de Jean-Marie Le Pen, et de personne d'autre. Et lui ne veut pas que qui que ce soit lui succède, fût-ce sa propre fille.

Et bien c'est en regardant le JT que m'est venue l'illumination : il l'a fait exprès. Se discréditer en disant cela, il l'a fait exprès. Aujourd'hui, alors qu'il plafonne à 4% les meilleurs jours, il sait qu'il est mort politiquement, tué par un fils d'immigré des pays de l'Est, et qu'il ne ressuscitera pas. Alors... après lui, le déluge. Il montre ses discordances avec sa fille, qui veut faire du FN un parti communiste de la droite, à savoir un parti à la droite de la droite qui ne soit pas d'extrême-droite. Marine ne pourra jamais reprendre le FN car elle s'attirerait les foudres de la partie la plus raciste et fascisante du FN. En disant cela, je crois que Le Pen commence à creuser la tombe du FN. En somme un vrai dirigeant, machiavélique, charismatique, qui aura gagné ses combats. Mais son appareil, ses idées, ne lui survivront pa, et je crois que c'est ce qu'il a toujours voulu. Le Pen est le modèle de l'homme politique contestataire. Il aura été le Poujade des années 80, 90 et 2000. Le Pen a vécu de 1983 à 2007. Cette récidive sur le détail des chambres à gaz est un signal que non seulement il accepte sa mort politique, mais qu'il entraîne aussi son appareil avec lui. D'ailleurs, ça ne m'étonnerait pas qu'il meure d'ici peu.

À venir : un article sur Ingrid Bétancourt. 

Partiels story, acte II scène 4

Bon, je termine cette série d'écrits par deux oraux-écrits, une invention de l'IEP, pour désigner des écrits d'une heure avec des questions de cours. Pas de raisonnement poussé nécessaire, pas de plan, pas de dissertation en somme. Seulement des questions de cours.

En politique comparée, je pense avoir limité la casse. Des questions pas très fouillées, plus une sur le livre que nous avions eu à lire. Bon, sur celle-là, j'aurai les points que je mérite, étant donné que je n'ai même pas fini le bouquin. Et si on ne prend en compte que les passages que j'ai compris (sans donc compter ceux sur lesquels j'ai effectivement passé les yeux mais en les oubliant instantanément), ça vole pas haut.

En géographie humaine, c'est simple : on avait deux sujets au choix, sur lesquels nous devions composer un court essai. J'ai pris celui que personne n'a pris en espérant être noté avec plus d'indulgence (à savoir plus de 6). Vous vous doutez bien que lorsqu'on en est à faire des calculs de ce genre, c'est que ça risque de pas être reluisant. Je crois que ça sera ma plus mauvaise note.

D'ailleurs, je classe mes partiels ainsi (du moins réussi au plus réussi) : Géographie < Histoire < Politique comparée < Économie < Culture générale < Droit constitutionnel.

En attendant l'oral de mardi, en histoire politique, où je devrais, sauf gros plantage, avoir la moyenne. 

24 avril 2008

Partiels story, acte II scène 3

On continue le carnet de bord des partiels avec, aujourd'hui, le dernier "gros" écrit de 3 heures (les deux de demain dureront une heure et l'histoire politique, pour laquelle on n'a d'ailleurs toujours pas les dates alors que c'est dans moins d'une semaine, c'est un oral). L'Histoire de France. Programme : la France de 1750 à nos jours. Un peu large, comme vous le voyez. Notre prof nous avait prévenu : ce sera un sujet typiquement Sciences-Po, de réflexion, à dimension culturelle, sans réponse juste, le corrigé le plus court qu'il n'ait jamais fait : 10 lignes. Je suis curieux de voir ce corrigé, d'autant plus que je me suis remarquablement planté.

"De l'Encyclopédie à nos jours : comment définir l'exception culturelle française ?"

Redoutable. Pas d'autre mot. Après 10 minutes de flottement, je me suis péniblement lancé dans une ébauche de plan. J'ai fait du thématique en deux parties avec sous-parties chronologiques (1750-1815, 1815-1914 et 1914-2008). J'ai parlé dans une première partie de la diffusion de la culture française au cours des siècles, avec l'ouverture, puis le repli au XXème siècle accompagnant la perte de puissance de la France. Et ensuite, dans une seconde partie bâclée car mauvaise gestion du temps, des rapports entre culture et politique. Conclusion de deux lignes car plus de temps.

J'attendais mon plantage, je l'ai eu. Ca y est. Je ne m'attendais pas à faire des merveilles en histoire, d'autant plus que mes camarades semblent avoir été en grande difficulté aussi. Tant pis, je ne comptais pas là-dessus pour me rattraper. Sur les matières difficiles, j'ai passé l'économie, raté l'histoire et j'attends, demain, la géo et la politique comparée (zzzzz...).

23 avril 2008

Partiels story, acte II scène 2

Je continue le carnet de bord des partiels, et franchement je commence à prendre peur. Trois épreuves sans faux pas, aucun gros ratage, je suis même plutôt fier de moi.

Aujourd'hui, nous avions droit à l'épreuve d'économie tant redoutée, et à l'épreuve de droit constitutionnel, tant attendue.

L'économie, c'est ce que j'ai passé mes vacances à réviser. Très lourd, beaucoup d'hypothèses, de théories à la logique très mathématique, de noms d'économistes (qui au passage sont vraiment ridicules)... j'ai révisé pendant 2 semaines et j'étais loin de tout savoir. D'ailleurs, au plus fort de mes révisions, j'ai créé un groupe Facebook "J'aime pas l'économie !" que je vous invite à rejoindre pour faire genre.

Pas de gros pièges dans le devoir, le chapitre que je n'avais pas révisé n'est pas tombé (c'est le modèle IS-LM pour ceux qui connaissent un peu ; absolument inexploitable dans un DS de trois heures, à moins de tout axer dessus), comme je m'y attendais. Pas grand-chose à dire d'autre si ce n'est que j'ai fait 7 pages (ce qui pour moi est énorme vu que j'écris petit et que j'aime pas trop m'attarder sur une idée). Pour vous donner une idée de la lourdeur du truc, après réflexion, je me suis rendu compte que j'avais oublié pas mal de trucs. Un devoir vraiment bien ficelé ferait aux alentours de 10 pages. En tout cas je suis content que ça soit passé, car je redoutais vraiment cette épreuve.

Puis vint la libération : le droit constitutionnel. Avant l'épreuve, je craignais un sujet parlant de justice constitutionnelle, du domaine de la loi, de la procédure législative ou plus généralement de tout ce qui ne toucherait pas à l'Exécutif.

Et bien j'ai été servi : sujet franchement facile, portant sur les cours du second semestre seulement : Le Président de la République, clé de voûte de la Vème République ? Passées les quinze premières minutes où je manquais cruellement d'imagination, j'ai réussi à articuler un devoir dont je suis plutôt fier. Une introduction qui a la classe (enfin selon moi) où je parle du penchant bien français pour l'homme providentiel, et à quel point la Vème République l'institutionnalise en la personne du Président tout en maintenant des garde-fous. J'ai articulé ma réflexion d'abord sur l'idée que le Président arbitre et régule les conflits entre le Gouvernement et la majorité parlementaire, dans la mesure où il est irresponsable devant eux, mais l'inverse n'est pas vrai (droit de dissolution), le Sénat étant l'exception qui confirme la règle. En deuxième partie, j'ai parlé de l'idée qu'il représente la souveraineté. À ce titre, il ne peut être responsable que devant le peuple, qui le plébiscite ou le sanctionne à l'occasion d'élections locales ou de référendums (les fameux "tests nationaux"). C'est ce garde-fou qui permet au Président de ne pas faire n'importe quoi (comme se taper un mannequin) et qui le recadre. Le Président de la République serait alors, en dépit de ses grands pouvoirs, prisonnier d'un système trop grand pour lui (c'est sûr qu'1m58...). J'ai conclu en disant que OUI, le Président était bien la clé de voûte de la Vème, pour toutes les raisons énoncées ci-dessus.

22 avril 2008

Partiels story, acte II

Voilà, mon premier partiel est passé. On commençait par la culture générale, une épreuve assez soft donc. J'ai été jusqu'à réviser ma culture générale (si si, ça existe) en revoyant à la va-vite quelques fiches de lecture des étudiants de mon groupe sur des livres écrits par des gens de gauche. Ca m'a plutôt réussi.

Le sujet était d'une déconcertante banalité et les notes qui vont tomber risquent fort d'être contra-cycliques (je révise mon éco ; en économie ça veut dire que ça ne varie pas avec la conjoncture, donc que ça atténue les variations importantes de croissance. En français ça veut dire qu'elles s'échelonneront entre 8 et 12.). En effet, le sujet était "Peut-on parler de vie privée pour les hommes publics ?". Facile pour qui suit un peu l'actualité. Moult références s'offraient à nous sans aller chercher trop loin. Me sont venues à l'esprit Félix Faure, Mitterrand, Bill Clinton, Kennedy, Ségolène et Sarkozy, une anecdote sur Marx et Bolívar (le premier ne citait jamais le second à cause d'une histoire entre la femme d'un collaborateur de Marx et le latin lover Bolívar)... et ce rien que pour les hommes politiques.

J'ai personnellement joué sur la polysémie de l'expression "hommes publics" : cela veut-il dire "hommes d'État" ou simplement "hommes connus du grand public" ? J'ai dit que ça voulait dire les deux, mais que dans les deux cas, le problème était très différent. D'où un plan en 2 parties, la première sur les hommes politiques et la seconde sur les people.

Je suis plutôt fier de moi, j'ai réussi à caser quelques bonnes références (celle sur Bolívar), Bel-Ami (ce livre est génial ; on peut le caser dans n'importe quelle matière ^^), un auteur que personne ne connaît (Charles Dantzig) qui philosophe sur la célébrité, Brassens ("Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées), Daniel Schneidermann (Le cauchemar médiatique, sur la notion d'emballement notamment et l'exemple du Loft qu'il prend), Brigitte Bardot et -moins glorieux- Paris Hilton, Lady Di, Johnny (ah non merde, je l'ai oublié lui), Public et Loft Story (même que ça m'arrache la gueule de devoir les souligner sur ma copie, ceux-là).

J'ai eu à un moment l'idée de citer Renaud et sa chanson P'tite conne, mais je ne me souviens plus à qui elle faisait référence (Pascale Ogier, après vérification) et je n'ai pas osé le balancer. Je regrette, maintenant.

Enfin bref, demain on passera à des choses sérieuses : l'économie, qui m'a pris toutes mes vacances en révisions et sur laquelle j'ai peur de me planter magistralement, et le droit constit', où ça devrait rouler.

21 avril 2008

Fessebouc

Ca y est, j'ai craqué. Je me suis inscrit sur Fessebouc. Un petit résumé de ce qu'est ce truc que seuls ceux qui l'ont peuvent comprendre.

Quelle est l'utilité de Facebook ?

Absolument aucune. C'est même ça qui est bien. Vous avez MSN ? Vous voyez à peu près le rapport inutilité / temps perdu de MSN ? Il est trrrrèèèès élevé, n'est-ce pas ? Et bien celui de Facebook, c'est encore pire. Facebook ne sert à rien et c'est ça qui attire. La vie la plus nulle en devient encore plus intéressante que dans Les Sims. On s'ajoute des amis qu'on ne connait même pas... si ! Si vous voulez vous rendre moins inutile, vous pouvez ajouter vos "amis" sur MSN. -_-

Ah si, Facebook est un outil de militantisme. Pas parce qu'on peut adhérer au groupe "MJS France" de Facebook (qui n'a absolument aucune utilité, comme les autres groupes), mais parce qu'il fait chier l'armée israélienne. Sisi, je m'explique : les soldats israéliens s'y inscrivent. Jusque-là pas grand-chose de méchant. L'ennui, c'est qu'ils publient des photos d'eux. Et de leurs bases. Et de leurs armes...

Donc, étant un anti-sioniste (mais pas antisémite, hein, que les choses soient claires, ça n'a rien à voir), mon inscription pourrait presque être un acte de militantisme ! Et ceux qui me disent que c'est un peu léger comme excuse ont raison, mais c'est pas la question. 

On m'a dit que si on s'inscrit sur Facebook, on peut être fiché.

Je n'en doute pas une seule seconde, mais récapitulons :

*membre du MJS ==> fiché aux RG ?

*voyages successifs à Cuba et au Venezuela ==> fiché à la CIA ?

*Comptes Google, Hotmail, Hautetfort, Over-Blog ==> fiché chez les entreprises du même nom ?

Donc pourquoi pas une de plus...

 

Je vous donne le lien vers mon profil

 

15 avril 2008

De la Chine, des droits de l'homme, des jeux olympiques et du racisme

Aujourd'hui je vais essayer de faire un peu moins long que d'habitude, parce que ce que j'écris est vraiment trop long.

Je voudrais parler de la Chine, de ses affaires de flamme olympique, de Tibet, de droits de l'homme, de pollution, de première puissance mondiale en devenir...

Alors chacun sait en France que la Chine est en passe de devenir la première puissance mondiale. Elle se renouvelle à une vitesse impressionnante, attire des milliards de capitaux, d'investisseurs, mène une politique ultralibérale et industrielle qui doit faire se retourner Mao dans sa tombe.

Inutile de dire qu'en France, cette montée en puissance suscite quelques craintes. La Chine est en train de nous piquer l'Afrique, réduisant à néant les vestiges de notre puissance coloniale, elle produit des jouets pas chers (d'ailleurs j'appelle à regarder les étiquettes et à boycotter les produits chinois) et détruit notre industrie nationale... bref, niveau économie, on est quelque peu jaloux de ses performances. Faut dire qu'elle triche un peu sur les règles : le droit du travail en Chine, c'est pas encore tout à fait ça. Les droits de l'Homme en général non plus, d'ailleurs. Un ami m'a d'ailleurs fait remarquer l'article 28 de la Constitution chinoise : "L'État maintient l'ordre public, réprime les actes de trahison nationale et les autres activités criminelles qui compromettent la sécurité de l'Etat ; il châtie ceux qui compromettent la sécurité de la vie publique, sabotent l'économie socialiste ou se livrent à d'autres activités criminelles, il punit et rééduque les criminels." Bref. Ajoutons à cela que la Chine pollue allègrement et ne fait aucun effort, tant et si bien qu'on en oublierait presque que les Américains sont à peine mieux lotis. Tout ça pour dire que la Chine ne jouit pas d'une image resplendissante en France.

Et avec les persécutions au Tibet, (sujet sur lequel je ne suis pas assez informé pour avoir un avis tranché, si ce n'est que les persécutions c'est pas bien) la flamme olympique, les jeux du cirque et panem et circenses, tout ça, ça ne risque pas de redorer le blason de la Chine.

Je me demande si toute cette actualité ne risque pas, en France comme dans le reste du monde occidental, de faire naître un racisme anti-Chinois. L'individu lambda pourrait bien se dire que tous les Chinois sont des lobotomisés rééduqués au culte de la personnalité de la dictature chinoise. Et dans la rue, j'ai peur que les asiatiques se fassent regarder tout à fait différemment. Et pas forcément en bien.

Je rajouterais que l'actualité sur les droits de l'Homme en Chine, sur l'économie chinoise, risque fort de perdurer dans les mois et les années à venir. 

Qu'en pensez-vous ? L'actualité peut-elle être à la source d'un racisme anti-chinois durable ? 

11 avril 2008

L'UMP, les familles nombreuses et le PS

Comme vous le savez, ces derniers jours, l'UMP a dû affronter ce que même Copé a dû appeler un cafouillage.

Il s'agissait pour l'UMP de désamorcer la polémique créée après l'annonce d'une possible suppression de la carte famille nombreuse SNCF. Personnellement, étant assez malthusien dans ma façon de penser, je suis plutôt pour ce qui pourrait l'encourager, mais ce n'est pas la question.

Quelques semaines avant, Nathalie Kosciusko-Morizet avait serré la main à José Bové, et un amendement particulièrement restrictif sur les OGM proposé par les communistes (sic) avait été adopté à l'Assemblée faute de députés UMP pour le voter. Comment faire ? Trouver un bouc émissaire, qui se trouvera en la personne de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Ca fait deux cafouillages en moins de deux semaines. Ca fait beaucoup pour l'UMP. On dirait qu'elle a du mal à se faire écouter, qu'elle ne tient pas un discours clair et on a l'impression que selon la personne à qui on parle, on n'aura pas la même opinion. C'est drôle, ça ne vous rappelle pas un autre grand parti français ? ;-)

En gros, l'UMP fait du PS. Nathalie Kosciusko-Morizet, que je vais abréger en NKM parce que c'est bigrement long ce nom, va par contre devoir assumer les conséquences de ses actes, et j'ai peur qu'elle ne soit pas promise à un avenir radieux. Pourquoi ? Parce que l'UMP ne fait pas de cadeau à ses dissidents. L'UMP est, pour reprendre la métaphore de Ségolène Royal, un rouleau compresseur qui n'hésite pas à rouler sur ce qui lui est opposé, quand bien même ça viendrait de son propre camp. La discipline partisane y est une règle primordiale. La Droite, c'est le parti de l'Ordre, alors il me semble bien normal qu'elle applique les méthodes de "maintien de l'ordre" en son sein.

Mais le PS, lui, il ne fait pas ça. Le PS, il croit en la démocratie. Il a des courants forts, il laisse s'exprimer ses dirigeants. Alors ça veut dire qu'il fourmille d'idées, qu'on peut faire des synthèses constructives qui débouchent sur des motions et des programmes consensuels, qu'il peut ainsi mobiliser sa base militante pour porter son programme et faire activement campagne, uni derrière son leader, et gagner les élections.

Réveillons-nous, ça n'est pas comme ça. La droite, avec son organisation coercitive, disciplinaire, voire totalitaire, on pourra dire ce qu'on voudra mais au moins, avec ça, elle gagne les élections. Un parti où le chef organise des primaires, et où personne n'ose se présenter contre lui de peur de se prendre un 90%/10% et finir sa carrière politique, c'est pas très démocratique, mais ça marche. Et au niveau des présidentielles, ils en sont à 6 gagnées contre 2 pour la gauche. Et d'ailleurs, la gauche, quand elle a gagné, elle avait un chef qu'elle n'osait pas trop contredire. Même Rocard rentrait dans le rang sans moufter pour la campagne.

Alors je me pose la question : la gauche doit-elle adopter une organisation de droite ? Je crois que le régime parlementaire dans lequel est embourbé le PS lui pose de gros problèmes. Je suis contre le régime parlementaire sans tête, pour le scrutin majoritaire aux législatives et pour un chef fort. Même si je suis minoritaire au sein de ma formation, je crois que le PS a grandement besoin d'être réformé en profondeur. Parce que ce qui faisait sa force en 1981, à savoir ses cadres, c'est aujourd'hui ce qui fait sa faiblesse. Le régime parlementaire au sein du PS, avec des motions, un conseil national, des motions de synthèse lors des congrès, pour moi, est une bêtise.

Même si c'est bête, même si c'est faire la pute de renier ses convictions, même si c'est la tyrannie de la majorité, ben oui. C'est aussi ça, rentrer dans un parti. Il doit y avoir une majorité avec un chef, qui impose ses décisions aux autres, que ça leur plaise ou non. Le PS, tu l'aimes ou tu le quittes, car celui-là, contrairement à la France, tu choisis d'y rentrer... et d'en sortir.

À ceux qui me disent que si le PS prend de nouvelles orientations qui ne conviennent pas à la minorité (trop à gauche, trop à droite, j'aime-pas-la-tronche-au-nouveau-premier-secrétaire...), cette minorité risque de se faire la malle, je réponds : Qu'est-ce qui vaut mieux ? Un parti avec un discours clair et qui croit en ce qu'il dit, avec une organisation en béton bien que coercitive, ou un parti toujours dans le consensus, qui à force de vouloir être partout n'est nulle part, et qui a un discours qui se contredit lui-même, et qui ne sait pas où il va ? Même le MoDem, qui soutient pourtant la mollesse du consensus comme idée centristeale, a une organisation basée uniquement sur le chef.

Arrêtons de croire qu'on fera d'abord le projet tous ensemble et qu'on trouvera ensuite un volontaire capable de le porter. Le hollandisme ça va 5 minutes, mais en attendant, sous Hollande, on n'a plus gagné une seule élection nationale. 

Oui, le PS doit se présidentialiser. Pendant la campagne de 2007, Sarkozy a dérapé, et personne à l'UMP n'a moufté. Pas même Simone Veil. C'est dire. Au PS, pas plutôt Ségo lâchait une connerie qu'il y avait un gus pour dire que c'était pas bien. Et je n'ai pas été vraiment fier de l'attitude de mon président Razzy Hammadi lors de l'épisode de l'éphémère CPC.

Alors la guerre des chefs, puisqu'il semble qu'on soit engagés dans une nouvelle, faisons-la une bonne fois pour toutes et rassemblons-nous, même si on doit en payer le prix, à savoir le parlementarisme. Ce n'est même pas un sacrifice de la démocratie, car en France, même si l'opposition s'oppose, ça n'empêche pas la majorité de gouverner. Et on est dans une démocratie exemplaire. Faisons du PS une démocratie exemplaire ! ;-)

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