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29 mars 2008
4 4 4 4
Vous me connaissez, j'aime bien faire souffrir les gens avec des casse-tête. Sisi, je vous jure.
En voilà donc un. Le challenge des 4 4 4 4. On me l'a donné dans l'avion qui traversait l'Atlantique, parce que comme vous le savez, c'est assez long.
Je précise qu'il n'y a pas besoin d'être matheux pour la faire ; il suffit juste de savoir additionner, multiplier, diviser et soustraire des 4. Et se servir des parenthèses, car vous en aurez besoin.
Donc, le but est d'utiliser 4 4 4 4 pour faire 0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
Vous n'avez rien compris ? Je m'explique : vous pouvez additionner, multiplier, soustraire, diviser autant que vous voulez, mais dans tous les cas, vous devez utiliser vos quatre 4 pour obtenir un résultat de 0, 1, 2...
Exemples : pour faire 0, vous pouvez faire :
44-44 = 0.
4+4-4-4 = 0.
4/4 - 4/4 = 0.
4x4 - 4x4 = 0.
Vous NE POUVEZ PAS faire 4-4 = 0 car vous n'utilisez pas tous les 4. Pour trouver 4, ça va pas être si simple ! ^^
Et bien trouvez-moi la solution pour 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. Certains sont vraiment coriaces, mais je confirme : ils sont tous possibles.
Si avec ça vous arrivez à vous endormir, chapeau bas !
Et si vous êtes un fan absolu d'énigmes, n'oubliez pas Ouverture-Facile ! (dans les liens à gauche)
14:55 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : énigme, 4, chiffres
26 mars 2008
Hommage bien étrange...
Mon titre est très peu en phase avec l'actualité mais pour une fois que je rends un hommage, cela mérite d'être souligné. Pour la mort de l'Abbé Pierre, je n'avais pas rendu d'hommage parce que tout le monde l'a fait, et qu'un de plus, un de moins... Et pourtant j'avais hésité. Pour Henri Salvador, je n'ai pas hésité une seconde. Même s'il fait partie des artistes que j'ai écouté étant petit, je ne l'aimais pas vraiment parce que j'estimais que ses positions politiques n'étaient pas respectables. Trop proche de l'extrême-droite. Et puis sa mort m'a étonné mais pas touché.
Alors ceux qui liront ces lignes vont être, je pense, assez étonnés de ce que je vais publier. Mais aujourd'hui, comme je sais que peu de blogueurs vont le faire, je le fais.
Oui, je voudrais rendre hommage à Thierry Gilardi. Je sais que c'est inhabituel pour un jeune blogueur passionné de politique de bloguer ça, mais ce matin, en consultant les infos, j'ai été frappé par cette nouvelle. Gilardi est mort.
J'ai un peu réfléchi et me suis demandé pourquoi sa mort m'a frappé à un point que je n'imaginais pas. Je crois que c'est surtout dû à son âge, 49 ans. Gilardi n'était pas à la retraite ; au contraire, il était très actif, commentait toujours les matches de foot et même de rugby quand TFnul les diffusait. En plus, j'ai toujours aimé sa voix qui commentait les matches de foot, même si je trouvais qu'il surjouait un peu (mais c'était ça qui faisait son charme), avec "La frrRRAAAAppe de Thierry Henryyy !", etc... Mais ce qu'il y a, c'est qu'il est mort brutalement. Pouf. C'est le genre de personnes qu'on ne s'attend pas à voir partir. Crise cardiaque, sans prévenir. Pas d'accident grave, pas de maladie, rien. Pouf, il est mort. Alors qu'il devait commenter le France-Angleterre de demain. Gilardi, j'avais pris l'habitude de l'entendre commenter les matches et il me semblait immortel. Jeune, dynamique, je ne le voyais même pas partir à la retraite.
Enfin bref, je rends donc cet hommage à Thierry Gilardi, car sa mort m'a affecté beaucoup plus que ce que je pensais.
17:52 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : thierry gilardi, hommage, football, rugby
22 mars 2008
Qu'est-ce qu'une bonne campagne ?
Alors que se termine vraisemblablement la rupture sarkozyenne, (Toréador l'explique mieux que moi) et que Nico Sarko semble commencer vraiment à faire le président qui préside...
Alors que John McCain est de mieux en mieux placé pour gagner la présidentielle américaine face à ces cons de démocrates qui auraient mieux fait de regarder ce qui s'est fait chez les socialistes français en 2007 car ils sont en train de reproduire les mêmes conneries qui nous ont fait perdre cette élection...
Alors que les socialistes ont par défaut remporté les municipales grâce à leur enracinement (et rien d'autre), et qu'ils se dirigent vers le combat des chefs, Bertrand vs. Ségolène (vous noterez qu'il n'y a aucun "gauchiste" déclaré dans la course à l'investiture)...
Je me pose la question de la présidentielle 2012. Oh, allez-vous dire, 2012, c'est loin, on s'en posera la question en 2011, au pire en 2010 ! Et bien non. La question du candidat, de la campagne, du staff de campagne, de savoir comment dézinguer le déjà indéboulonnable Sarkozy, ça, ce sont les détails techniques que nous règlerons en 2011. Mais il faut déjà savoir où l'on va dans les 4 années à venir. Presque un an est passé depuis l'élection, et j'ai l'impression que rien n'a bougé au PS. Un peu moins de cacophonie car nos chers cadres ne l'ont pas trop ouverte, et étaient chacun de leur côté ; ils pouvaient tous faire campagne de leur côté sans se croiser une seule fois. D'ailleurs, vous avez remarqué que Ségolène n'a à aucun moment affiché son soutien à Delanoë ? Mais je m'égare. Un peu moins de cacophonie, disais-je, mais c'est le calme avant la tempête.
Si le PS est si fort dans les élections locales et si mauvais dans les élections nationales, je crois que c'est parce qu'il ne sait pas faire une campagne d'envergure nationale. Il n'est pas capable de se mettre en valeur, de mettre en valeur un candidat, un programme, un bon bilan ; la catastrophe de 2002 en est le plus bel exemple. Un candidat repoussant, chiant, qui n'empêche pas la multiplication des candidatures de gauche, qui elles-mêmes attirent les électeurs de premier tour... Pourtant, Jospin avait un excellent bilan : économie au beau fixe, chômage en baisse, déficit public stabilisé, deux triomphes au foot... Une campagne mettant en avant ce bilan et la volonté de le prolonger tout en innovant, et c'était gagné. Mais la campagne fut ce qu'elle fut, Jospin s'avéra incapable de faire face à l'emballement médiatique provoqué par Jacquot et le Borgne, avec le résultat que l'on sait.
Mon prof d'histoire politique est un monsieur que j'admire beaucoup, et il nous avait cité en début de semestre la règle d'or des élections présidentielles : "Le candidat qui gagne l'élection est toujours celui qui a fait la meilleure campagne."
Après cette longue introduction, je pense que je vais couper cet article, et faire appel à vous, chers blogueurs et visiteurs. Pendant que j'y réfléchis, j'aimerais que vous utilisiez ce formidable outil de démocratie participative qu'est le blog pour me dire ce que vous pensez être une bonne campagne. Quelques pistes :
Savoir parler ? Le charisme ? Nécessaire mais pas suffisant. Encore faut-il savoir ce qu'on dit.
Avoir un projet cohérent ? Pas nécessaire, et encore moins suffisant. Voyez Jospin d'un côté (projet mais campagne à chier) et Le Pen de l'autre (pas de projet qui se tient et meilleure campagne en 2002).
Être challenger ? Je ne pense pas que ça n'avantage ni ne désavantage. Sarkozy était sortant d'un gouvernement impopulaire et il s'est fait élire, Giscard en 1981 était très populaire mais a perdu... Je pense néanmoins que la campagne est différente selon qu'on est challenger ou sortant.
Avoir une idée phare ? On se rapproche peut-être... mais hum, la démocratie participative c'était-y pas une idée-phare ? Et en 1981, Mitterrand, il avait UNE idée-phare ou CENT DIX propositions phares ?
Avoir les médias avec soi ? Souvenez-vous de 1995 : Balladur avait les médias avec lui !
Être uni, avoir son parti avec soi ? En 1995, le RPR n'était pas un modèle d'union...
Avoir un ennemi commun ? 2007 avec Sarkozy, 1965 avec de Gaulle, 1981 avec les chars soviétiques...
Je crois que c'est un peu de tout ça. En tout cas, je crois que si les socialistes doivent briser un tabou, c'est vraiment dans leur rapport aux médias et s'ils doivent se poser une question de forme, ce n'est pas sur le candidat, mais sur le "comment faire une bonne campagne." Comme ça, on pourra avoir une chance de gagner la présidentielle.
Heu... et n'allez pas croire que je viens vous dire qu'il ne faut pas se poser des questions de fond : c'est important aussi ! D'ailleurs, faire une bonne campagne, c'est aussi savoir ce que l'on veut en plus ce qu'on ne veut pas.
20:22 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : campagne électorale, sarkozy, ségolène, bayrou, présidentielle 2007
13 mars 2008
Marseillitude
Bon, aujourd'hui, c'étaient pas moins de trois alternatives qui s'offraient à moi. Quel luxe !
1) Aller en cours d'histoire politique de 18h à 20h, sachant que je finissais à 16h30 pour cause d'absence de prof d'anglais. Allez savoir pourquoi cette option-là ne m'emballait pas, même si j'aime bien mon prof. EDIT 14/3/2008 : d'après mes amis j'ai moi aussi raté quelque chose, m'enfin on peut pas tout avoir.
2) Aller au meeting d'Alexandre Medvedowsky (à vos souhaits), candidat socialiste à la mairie d'Aix qui a de bonnes chances de l'emporter, malgré une campagne qui en toute objectivité était franchement mauvaise. Déjà plus intéressant, d'autant plus qu'il y avait Ségolène. Mais je ne suis pas sûr que venir défendre l'alliance avec le MoDem dans une ville où il fait 20% et n'a nullement l'intention de faire des alliances, c'était une bonne idée. Et puis, le même soir que...
3) ... le meeting de Guérini à Marseille, c'était pas très bon en termes de couverture médiatique. En tout cas, j'ai opté pour cette dernière solution, car je m'étais juré en début d'année d'aller au moins à un meeting de Guérini et à un match de l'OM. Pour la seconde, on va remettre ça à l'année prochaine vu leurs résultats européens... -_-
Donc me voilà en chemin pour Marseille, en covoiturage, accompagné de J. l'IEPien et B. le MJSiste. Après de nombreuses péripéties, nous arrivîmes au Parc Chanot où avait lieu le meeting. J'ai pu retrouver L. que je n'avais pas vu depuis longtemps.
Le meeting, qui devait commencer à 18h30, commença à 18h50, en toute marseillitude. En l'absence du candidat, qui était occupé à se défendre sur fRance 3 Marseille, c'était Jean Viard le sociologue qui animait. Étaient présents, je cite pêle-mêle en en oubliant : Patrick Mennucci, Sylvie Andrieux, Jean-Luc Bennahmias (pour qui j'ai fait le minimum syndical à l'applaudimètre). J'en oublie donc en tout et pour tout 8, puisqu'ils étaient 11, sans compter leur champion, qui n'arriva que bien plus tard, vers 19h20. Bennahmias, dont j'ai pu constater le manque cruel de charisme, a fait le bouche-trou en tapant sur Sarkozy (ce qui fait toujours du bien, vous en conviendrez).
Arriva enfin notre champion, dans une belle cohue. Les "Guérini / à la mairie" n'ont pas pris dans la foule, mais peu importe, il est arrivé sur scène. Je restais personnellement encore sceptique quant à son charisme et à la qualité du discours à venir.
Et puis il a commencé à parler. Première attaque, contre les tracts anonymes qui s'en prenaient à sa femme juive. Au bord des larmes, il a défendu la religion comme quelque chose de très intime et très privé, et a rappelé sa lutte pour la laïcité républicaine. Ensuite -et c'est peut-être le seul point faible de son discours-, il s'en est pris à fRance 3 Marseille. Il sortait d'une interview sur cette chaîne qui roule pour le dinosaure maire sortant de manière assez claire, et a annoncé son intention de saisir le CSA (ça encore, ça se comprend) et de boycotter la chaîne. Ouïlle. J'ai trouvé ça courageux, mais peut-être un peu téméraire de sa part
S'en est suivi tout un discours sur la future Marseille, très cohérent, très convaincant et surtout très agréable à écouter. Jean-Noël Guérini, qui si vous l'avez déjà entendu est relativement peu charismatique, a une voix et un ton assez désagréables, sans compter son accent pas-que-marseillais qui fait qu'on dirait qu'il est étranger (je ne sais pas si c'est moi ou si d'autres pensent comme moi). Et bien cette fois, j'ai eu beau chercher son manque de charisme, il n'y en avait pas. Ce monsieur était un bon homme politique. Convaincant, convaincu et battant.
De l'avis général, MJS ou pas, c'était de très loin son meilleur meeting. J'ai choisi le bon. Comme quoi, ça a du bon de tout faire à la dernière minute. ^^
En tout cas, j'espère que Marseille fera le bon choix dimanche. Et Aix aussi. N'oubliez pas de voter à gauche aux municipales ! ;-)
23:32 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : marseille, municipales 2008, guérini, meeting
11 mars 2008
Parlons cinéma
Je parle rarement de cinéma sur ce blog, alors quand je le fais, c'est vraiment pour parler d'un film que j'ai beaucoup aimé. Je n'ai rien blogué après avoir vu La Vie des autres, que je vous conseille pourtant particulièrement. Très bien réalisé, pas forcément historiquement correct, mais on lui pardonne... hein ? Dans la même lignée, j'avais adoré Goodbye Lenin.
Je vais rarement au cinéma. Et encore, cette année j'y vais plus souvent parce que j'ai des amis (sic). Mais c'est pas pour autant que je vais voir de bons films : pour vous donner une idée, la dernière fois, on était allés voir Astérix. Cette fois, ce n'était même pas un ciné, c'était notre prof d'espagnol qui nous le passait. On avait eu droit, au premier semestre, à Azul oscuro casi negro, film espagnol bien ficelé, bon mais sans plus. Mais là, de l'avis général, c'était un excellent film. Je veux parler du Labyrinthe de Pan.
Que dire, sinon qu'il mérite un 10/10 ? Je précise que je mets 10/10 aux films qui ont réussi à me faire pleurer du premier coup. C'est exceptionnel, et c'est le cas de celui-là. Je dis du premier coup parce que je suis plus sensible la deuxième fois, allez savoir pourquoi. Les Choristes et Amélie Poulain ont réussi à me tirer des larmes la deuxième fois.
Un film exceptionnel. Il est sur un fond de scène historique (là aussi, l'historiquement correct est peut-être à vérifier, même si je n'en suis pas sûr) dans l'Espagne de 1944, après la victoire de Franco, alors que les dernières poches de résistance sont matées. On est justement dans une caserne du nord de l'Espagne chargée de mater un maquis encore actif.
Mais l'histoire principale est surréaliste ; c'est un conte de fées à la base. En espagnol, le film s'appelle Le Labyrinthe du faune. Je n'en dis pas plus pour ne pas rentrer dans les spoilers (je déteste qu'on me gâche un film, je ne veux rien savoir donc je fais de même ; si vous voulez un résumé Allociné est votre ami), mais j'aime beaucoup comment le réalisateur réussit à mélanger conte de fées, histoire de famille et document historique.
Petit détail : on est dans l'armée franquiste de 1944, donc pour certaines scènes, âmes sensibles s'abstenir. En tout cas je vous le conseille vivement.
22:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, espagne, le labyrinthe de pan
09 mars 2008
De la participation
Et on y est. Aujourd'hui, les élections municipales et cantonales ont lieu. La participation, selon Le Monde, est en hausse par rapport à 2001, avec 23% à midi, contre 20,53% à la même heure en 2001. Aux cantonales, on a un peu moins (22,25%), sachant que les cantonales, ça intéresse moins les électeurs. En y réfléchissant, c'est une bonne idée d'organiser les cantonales, peu importantes, le même jour qu'une élection importante.
Je me suis demandé, en accompagnant mes parents sous une fine pluie, si le mauvais temps influençait la participation, en bien ou en mal. Est-ce que les gens prendront la peine de se déplacer s'il pleut, ou au contraire seront-ils encouragés car ils n'auront rien de mieux à faire ? Je n'en sais rien.
En tout cas, à Montpellier, dans le bureau de mon papa, on était meilleurs que la moyenne, avec 19,54% de participation à 11h (donc logiquement, à midi on devrait avoir battu les 23%). C'est agréable de rencontrer les gens du quartier qu'on n'a pas vu depuis longtemps ! Comme ils disent, "on se voit que pour les élections et les enterrements !"
Quand je serai majeur, c'est obligé, je veux être assesseur dans mon quartier !
En tout cas, j'espère que l'électorat de gauche se mobilisera dans des élections qui ne sont pas gagnées d'avance, loin de là. Et le danger, c'est que la confiance soit gagnée aux résultats du premier tour. Il faut que l'électorat de gauche se mobilise maintenant, et encore plus au second tour !
Personnellement, j'ai entendu ma grand-mère (biterroise) qui va voter dans une ville de vieux où tout est joué d'avance : le maire sortant (UMP), Raymond Couderc, est assuré de gagner dès le premier tour. Et largement. Même ma grand-mère, qui est plutôt de centre-gauche, va voter Couderc "parce que c'est le maire". Youhou. Mais aux cantonales, elle va voter socialiste ! C'est à n'y rien comprendre !
En tout cas, à Montpellier, j'espère que nous n'aurons pas à nous déplacer dimanche prochain, d'autant plus que c'est tout à fait possible (mais pas gagné) !
Pour Aix et Marseille, j'espère qu'il y aura une dynamique qui se construira et que la gauche pourra reconquérir ces municipalités symboliques (Aix, c'est pour moi, hein).
N'oubliez pas d'aller voter, et croyez-y ! ;-)
13:51 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : municipales, montpellier
08 mars 2008
BASTONNN !
Je ne vous parlerai pas de la campagne municipale en France, on n'a plus le droit. La campagne est terminée.
Je ne vous parlerai pas de la campagne législative en Espagne, on n'a plus le droit. La campagne est suspendue après un attentat d'ETA.
Alors je vais vous parler du troisième évènement marquant de la semaine selon moi.
Vous avez entendu des trucs sur l'Amérique Latine ? Vous êtes au courant qu'il s'est passé des trucs là-bas et que ça a chauffé dans la semaine ? Oui ? Hummm... permettez-moi d'en douter. Vous pensez qu'on a frôlé la guerre tout ça parce que Chávez a massé ses troupes à la frontière colombienne après une intrusion des troupes colombiennes sur le territoire équatorien qui ont tué des membres des FARC. Humm... il vous manque quelques éléments. Même moi, il a fallu qu'on m'explique, alors que je connais les protagonistes, la situation là-bas... Imaginez le Français moyen qui entend ça !
Je tenais donc à rétablir quelques vérités sur cet évènement, et vous redonner tout le fil de l'histoire et le contexte. C'est vrai qu'en France, on a plutôt tendance penser et à faire penser (consciemment ou pas) que Chávez c'est le vilain.
Le fil de l'histoire, c'est que le président équatorien, Rafael Correa (gauche), et le président vénézuélien, qu'on ne présente plus, avaient prévu de négocier avec les FARC (qu'on ne présente plus non plus) la libération d'Ingrid Bétancourt et de quelques autres otages. Les négociations avancent, et ils conviennent d'un point de rencontre dans la jungle équatorienne, où devaient se rendre les FARC et Sarkozy pour libérer Ingrid Bétancourt.
C'était sans compter sur Álvaro Uribe, le président colombien (droite). Ce monsieur, mouillé jusqu'au cou dans les milieux mafieux et autoproclamé champion de la lutte armée contre les FARC, est également un ennemi de longue date d'Hugo Chávez et ses petits copains. Or, Chávez a il y a quelques mois de cela, s'est fait le champion de la négociation avec les FARC, prenant ainsi le contre-pied de la méthode Uribe. Autant dire que ça ne plaisait pas trop au señor Uribe. Cet abruti s'est alors juré de tout faire pour faire capoter le processus de négociation.
Aujourd'hui, l'aboutissement de cet acharnement est qu'Uribe, sitôt de point de rendez-vous connu, s'est empressé d'aller envoyer ses troupes au point de rendez-vous fixé par Correa, en violant au passage la frontière équatorienne, pour aller tuer les membres des FARC. Pour la libération d'Ingrid Bétancourt, après cette opération, autant dire que ce n'était plus tellement à l'ordre du jour. Cette information a été confirmée par l'Élysée.
Par conséquent, les relations entre l'Équateur et la Colombie se sont subitement dégradées, le président Chávez, qui participait aux négociations, n'a pas trop aimé non plus le coup foireux du colombien. On est passés à côté d'un conflit armé dans une région qui a réussi tant bien que mal à maintenir une relative stabilité sur son territoire, et ce à cause de la jalousie d'Uribe. Il aura fallu que Lula organise une conférence à Saint-Domingue pour calmer le jeu. On a d'ailleurs vu les regards que Correa et Chávez ont lancé à Uribe : ils avaient l'air tout sauf réconciliés. Enfin, comme dit l'autre, on a évité le pire, et le pire, c'est la guerre.
La question est maintenant de savoir qui a gagné et qui a perdu : pour moi, le grand gagnant est Lula. Pourquoi le président du Brésil ? Parce que c'est lui qui s'est fait le champion de la réconciliation latino-américaine. Il a réussi à se tailler une image de leader régional garant de la stabilité politique qui va certainement lui donner une bonne image.
Pour les autres, ils sont tous discrédités : Uribe parce qu'il a fait capoter un processus de libération d'otages comme un gamin qui vient casser château de cartes ; Chávez parce qu'il n'arrange pas son image d'homme impulsif (pour avoir envoyé des troupes à la frontière) ; Sarkozy et les Français parce qu'Ingrid ne va pas nous revenir de sitôt.
Seul Correa semble être sorti à peu près indemne de cette histoire, mais il faut dire qu'on le connaît pas trop.
18:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chavez, uribe, correa, venezuela, équateur, colombie, sarkozy
07 mars 2008
Les petits plaisirs politiques
Devant ce titre énigmatique, vous vous demandez sans doute de quoi je vais parler. Des municipales en France ? Des législatives en Espagne ? Alors je vois mal comment on pourrait en être fier avant les résultats, qui plus est du premier tour. Et surtout, une victoire ne serait pas pour moi un PETIT plaisir.
Alors quoi ? Et bien vous savez que j'aime bien me moquer des politiques, de leurs tics de langage, de leur langue de bois en chêne véritable (j'ai compris pourquoi le logo de l'UMP c'est un chêne ! ^^), de la rhétorique... et cette semaine, j'ai pu entendre deux exemples de rhétorique politicienne comme je les aime. Et un comme je les déteste.
Le premier était dans le cadre de mes cours : sisi, je vous jure, notre prof d'anglais nous a fait écouter des discours des deux cons qui veulent plus que tout au monde être en première ligne pour se faire descendre par un gars qui a le même nom qu'une marque de frites. Vous voyez ce que je veux dire... En tout cas, j'ai pu constater à quel point ils sont forts en langue de bois. Par exemple, alors que le "modérateur" du débat demandait à Hillary l'éventualité d'un ticket Hillary-Obama ou le contraire, Hillary a fait une longue tirade sur la nécessité de rester unis pour sortir les sortants et battre McCain (elle y croit encore, c'est beau l'illusion). J'ai aussi, blague à part, constaté son rire, hum... particulier. Je comprends pourquoi elle est toujours sérieuse ; chaque fois qu'elle rit, elle perd 50.000 voix ! ^^
Mais surtout, ce qui m'a le plus plu et déplu, c'est le Front National. Car à Montpellier, j'ai reçu les tracts des candidats pour les municipales. Or, il y a un candidat FN (Alain Jamet, pour ne pas le citer). Et il a tellement d'argent qu'il s'est payé le luxe de se faire un tract pour lui. Et vous connaissez la rhétorique d'extrême-droite, c'est un plaisir de la lire ! Les violentes diatribes contre l'establishment, avec les traîtres et la fausse opposition, immigrationnistes, européistes, et tout ça. Du poujadisme comme on l'aime ! Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer ce fameux tract. C'est beau, non ?
Celui qui m'a également beaucoup plu est le tract national (si j'ose dire). Un peu d'humour, mais toujours avec le discours qui pue la merde sur le fond mais qui est excellent sur la forme.
Mais ce qui m'a vraiment déçu, c'est Le Pen. Jean-Marie de son prénom. Je l'ai vu l'autre jour sur TFnul. Je savais qu'il était vieux, usé et fatigué, mais j'ai pu ici le constater. Déjà à l'annonce des résultats du premier tour, je l'avais trouvé particulièrement mauvais. Il avait joué le mauvais perdant, avec un service minimum de rhétorique contre l'establishment (Sarkolène, c'est pareil, immigrationnistes, etc). Mais làààà ! Il a été mi-na-bleuh ! Jean-Marie n'a même pas critiqué l'establishment, la trahison sarkozienne ; il s'est contenté de dire qu'ils allaient peut-être dépasser les 5% aux cantonales. Répondant à PPDA qui lui demandait s'il pouvait remonter, il a montré qu'il était vieux en rappelant qu'il avait connu l'époque où les socialistes faisaient 5% (Defferre en 1965, sic). Quelle déception ! Le Pen ne fait plus de rhétorique d'extrême-droite, il ne sait plus la faire. La fin est proche. Marine aura bien du mal à reprendre le flambeau car bien qu'étant avocate (donc charismatique), elle n'arrive pas à la cheville de son papa.
12:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : front national, fn, le pen, municipales



