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29 février 2008

La privatisation de la vie publique

Dans le Courrier International de la semaine dernière (celui sur Génération Obama et Sarkozy, ce grand malade), j'ai lu un article qui m'a paru lumineux. Pas tant les articles sur Obama, qui finalement ne sont pas très éclairants (d'ailleurs, je pense qu'ils ne le sont pas parce que personne ne comprend vraiment le phénomène Obama. Peut-être un article dessus dans les jours à venir...), ni ceux sur Sarkozy, ce grand malade, qui ne font que synthétiser les arguments anti-Sarko qu'on peut trouver en sortant du pays du camembert, mais un article à la fin du journal.* Je ne vais quasiment jamais jusqu'à la fin de mon CI car j'y suis abonné, mais cette semaine, j'ai pris le temps de le lire jusqu'au bout. Et il y avait une réflexion d'un philosophe, parue dans El País, qui m'a impressionné par son exactitude et sa pertinence. Il expliquait Sarkozy, le désintérêt des gens pour la politique, la personnalisation de la vie politique, le lissage des clivages, le flou des programmes politiques, les débats sur la morale, la remise en cause de la laïcité, le pathos dans les campagnes électorales... tout ça en une seule idée : la confusion public-privé.

Ce philosophe, au doux nom de Daniel Innerarity, nous explique qu'il y a une confusion public-privé qui s'est installée dans la vie de tous les jours. "On assiste à une espèce d'invasion du privé, d'extraversion du personnel sur la scène publique, un phénomène rendu possible sans doute avant tout par le fait que l'espace public officiel, banalisé et rituel, s'est vidé de sa substance et, de ce fait, est incapable d'offrir des significations communes auxquelles puissent s'identifier les individus", nous dit-il. Cela pourrait expliquer le remplacement des donnes abstraites par des histoires personnalisées, qui touchent plus les gens. En témoigne l'irruption des émissions comme Loft Story. On part de rien, et on fait une histoire. Au fait, lisez Le cauchemar médiatique, de Daniel Schneidermann. Comme les médias vivent pour le sensationnel, pour l'image, pour le choc des photos bien plus que le poids des mots, ils ont personnalisé la vie politique car les enjeux seraient trop compliquée pour les individus lambda. Et c'est comme ça qu'on choisit un candidat à la présidentielle parce que c'est une femme, ou un noir, sans regarder son programme. Suivez mon regard, et d'ailleurs la plupart du temps il vaut mieux ne pas regarder le programme.

Et si on a privatisation (si j'ose dire) de la sphère publique, on a aussi politisation de la sphère privée. "Nous vivons une époque où l'expérience privée qu'est l'identité personnelle est devenue une force politique majeure." Comme quand un homme politique met en avant son passé de vétéran du Viêt-Nam. Suivez mon regard.

En même temps, chez les individus, on a confusion entre intérêts privés et commun, entre loi et morale, entre le toléré et l'approuvé. Les individus voudraient de plus en plus une réalité à leur image, prennent leur cas pour des généralités en quelque sorte. Et c'est ça, justement, qui crée la distinction entre sphère publique et sphère privée. "Dans nos sociétés sont fréquemment formulées des revendications qui vont au-delà de la quête de justice sociale et économique : les droits politiques que nous exigeons sont le bonheur personnel, la reconnaissance morale, la gratification sexuelle ou le salut de l'âme. Or, ce sont des choses qu'il est absurde d'exiger et qui, de surcroît, ne sont pas nécessaires au développement de l'identité de chacun." Et l'auteur de citer Martin Luther King : "Nous ne demandons pas que vous nous aimiez. Nous exigeons seulement que vous cessiez de nous importuner." Et ce serait ça qu'on aurait perdu.

L'auteur termine en rappelant que la vie en société passe aussi par la tolérance de choses qui ne nous plaisent pas. Vouloir éviter à tout prix la frustration empêche de vivre en société. Et montrer ce qu'on fait de manière privée en permanence (ce que je fais aussi dans une certaine mesure par ce blog, en publiant mon nom, prénom, photo, âge, résultats de partiels, etc...) n'est pas nécessaire. "Pourquoi, dès lors, nous entêter à rechercher cet assentiment public ? Cette quête d'approbation témoigne sans doute de la profonde fragilité de l'identité, des sentiments ou des convictions religieuses." Et il conclut par "Il n'est pas possible de vivre sans espaces d'indifférence négociée, sans ce que le sociologue Erving Goffman appelait une "inattention courtoise". C'est grâce à ces espaces que nous consolidons la principale conquête de notre civilisation, qui est non pas l'assurance d'une affection réciproque mais la possibilité de vivre et même d'agir ensemble sans la compulsion d'être identiques."

C'est beau, non ?

Le lien de l'article complet est introuvable gratuit et en français. À défaut, je vous laisse avec l'article en espagnol ! 

*Je m'excuse pour cette phrase de 4 lignes. J'écris au fil de la plume, donc des fois c'est pas très agréable... ;-) 

27 février 2008

L'Arche de Zoé expliquée par un copier-coller

Texte diffusé le dimanche 25 novembre 2007 de 12 heures à 13 heures,
dans l'excellente émission « La Planète Bleue » sur la chaîne de radio
suisse romande « Couleur 3 », qui est une chaîne de radio très fiable
à tous niveaux.


Quand la fameuse affaire de l'Arche de Zoé a éclaté, curieusement, le
Président Sarkozy n'est pas venu au secours des enfants victimes, ni
des familles abusées, mais des voleurs d'enfants.
Pourquoi ? Pour protéger qui ? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé
au Tchad chercher les journalistes français et les hôtesses espagnoles ?
Pourquoi le président français a-t-il annoncé, haut et fort, qu'il
irait chercher lui-même les membres de l'association « Arche de Zoé
», quoi qu'ils aient fait, mettant ainsi le feu à un baril qui
n'avait pas besoin

d'arrogance pour s'enflammer..
S'agit-il d'une maladresse due à la précipitation, ou l'affaire des
illuminés de l'Arche de Zoé cacherait t-elle une autre affaire
autrement grave, bien plus glauque, qui aurait conduit le président
français à la gaffe internationale ?
Y aurait-il des imbrications entre l'exfiltration d'enfants tchadiens
vers l'Europe, l'industrie pharmaceutique, et les milieux d'affaire ?
Chaque jour qui passe voit apparaître de nouvelles questions.

Pourquoi et comment l'association l'Arche de Zoé, a-t-elle bénéficié de
passe-droits au ministère des affaires étrangères, au ministère de la
défense, voire au ministère de l'intérieur ? Pourquoi et comment
l'association l'Arche de Zoé, a-t-elle pu utiliser les avions Transal
de l'armée française, pour transporter son matériel de N'Djaména à
Abéché ? Pourquoi les services du ministère français de la défense,
connaissaient-ils le plan de vol du Boeing affrété par Eric Breteau,
le président de l'Arche de Zoé?

Le Boeing atterrit à Abéché, un aérodrome sous contrôle militaire
tchadien ... et français, certains gradés français étant présents
dans la tour de contrôle. C'est depuis Abéché, que, grimés en blessés, les
gamins devaient embarquer dans l'avion garé en bout de piste.
Est-ce que les moyens tout à fait étonnants dont a profité l'Arche de
Zoé, est-ce que la précipitation maladroite du président Sarkozy, à
s'impliquer personnellement dans l'affaire, aurait un rapport avec le
financement trouble de l'association l'Arche de Zoé ? Cette affaire,
qui est tout le contraire d'une histoire de pieds nickelés, soulève
tellement de questions, que certains se demandent aujourd'hui, si derrière
cette bavure humanitaire, ne se cache pas une affaire d'une toute
autre ampleur, une affaire d'expérimentations thérapeutiques sur des
patients pas du tout volontaires.


L'association l'Arche de Zoé est une initiative d'un organisme
français Paris Biotech Santé. Elle est financée par une société de
développement de produits pharmaceutiques BioAlliance Pharma, dont le
propre frère du président, François Sarkozy, est vice-président du
conseil de surveillance. Certains observateurs se demandent si
BioAlliance Pharma, qui mène des recherches sur le sida et pratique
des essais thérapeutiques, n'aurait pas un lien avec l'affaire des
infirmières bulgares, dont la libération avait déjà été négociée par
la famille Sarkozy. Quelles sont les réelles activités de BioAlliance
Pharma, dont fait partie le frère du président Sarkozy ?

La compagnie développe des médicaments pour traiter des maladies
décrites comme mille fois plus virulentes en Asie du Sud-Est et dans l'Afrique
subsaharienne que chez nous. Pour développer ces traitements la
société pratique des expérimentations sur des patients, comme par
exemple pour le Loramic, cinq cent quarante patients répartis sur quarante sites
différents à travers le monde. Stéphanie Lefèvre, la secrétaire
générale de l'Arche de Zoé, est directrice adjointe de Paris Biotech
Santé. Et François Sarkozy, le frère du président, figure avec elle
parmi les membres du comité d'évaluation de cet organisme spécialisé
dans la recherche bio- médicale. D'où les questions qui enflent sur le
web. Y aurait-il un rapport entre ces sociétés pharmacologiques, et
l'intervention du président Sarkozy au Tchad. C'est comme la maladie
d'Alzheimer, devenue grande cause nationale française, aussitôt après
l'élection de Nicolas Sarkozy. Cette déclaration surprise aurait-elle
un rapport avec le fait que son frère, François Sarkozy, siège à AEC
Partners, dont le principal client est l'américain Pfeizer, leader
mondial de l'industrie pharmaceutique, et spécialiste du traitement
de la maladie ... d'Alzheimer.

Au printemps dernier, le Nigéria a attaqué devant la justice
internationale le géant Pfeizer, qui aurait je cite : « effectué en
1996, de façon illégale, l'essai clinique d'un médicament, le Trovan, sur
deux cents enfants » fin de citation. L'inventeur du Viagra aurait
secrètement utilisé des enfants comme cobayes, pour tester de nouvelles
molécules, sous couvert d'aides humanitaires. Onze enfants sont morts
lors de ces tests. D'autres ont subi de graves séquelles : surdités,
paralysies, lésions cérébrales, cécités. Le Nigéria réclame dix
milliards de dollars à Pfeizer. C'est le Washington Post qui a révélé le
scandale.

Le journal belge sept sur sept s'interroge lui aussi sur le rôle de
Paris Biotech Santé, où travaille Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale
de l'Arche de Zoé, et François Sarkozy le frère du président. Je cite
« L'Arche de Zoé n'est pas une histoire d'amateurs. Ils sont très
professionnellement organisés, et ne manquent pas de fonds et de
soutiens, en tout genre. La soit disant « petite » association semble
avoir préparé cette opération au Tchad, avec beaucoup de relations
d'influence, et de moyens techniques et financiers très important. »
Fin de citation.

Pourquoi le président Sarkozy veut-il aller récupérer les militants
de l'Arche de Zoé au Tchad ? Pourquoi a-t-il voulu aller récupérer
les infirmières bulgares en Lybie ? Est-ce que c'est juste pour faire
le beau, pour parader devant les caméras du monde entier, ou est-ce
que tout en haut de l'état français, on redouterait que des choses finissent
par se dire dans les geôles africaines. On évoque notamment des
expérimentations humaines financées par de puissants labos de
biotechnologie, sous couvert d'aide humanitaire.
Non, non, bien sûr, çà se serait de la science fiction !

Fin de citation


Voilà un quinquennat qui est reparti sur les chapeaux de roues dans
la continuité des derniers septennats et quinquennats, dans les
histoires de magouilles, de mafias, d'aide et de protection de la famille et des amis.

24 février 2008

XD

J'ai trouvé une application à la con et je n'ai pas envie de parler d'un sujet sérieux, alors j'ai essayé... les résultats sont étonnants !

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C'est à chier ce test !
En plus j'ai 97% avec Carla ! Je dis pas non si elle veut bien ! ^^ 
 

21 février 2008

JFK

Je ne vais pas ici vous parler de John Fitzgerald Kennedy, encore moins de John F. Kerry, ni de Barack Obama.

Non, c'est de l'autre JFK dont il est question : Jean-François Kahn. Vous savez, le vieux papy, récent ancien directeur de Marianne, hebdomadaire auquel j'ai été abonné pendant un an et qui s'est récemment illustré par son appel à une vigilance républicaine. Le texte dit exactement cela :

Pour une vigilance républicaine


Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.



- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.



Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.

Et il est signé par les principaux opposants à notre cher Président : Ségo, Galouzeau, Bayrou, Chevènement, Dupont-Aignan, Mamère, Montebourg...

Jusqu'ici, j'avais manifesté à l'égard de cet appel, purement formel dans la mesure où il signifiait pour moi "Sarkozy c'est pô bien", une indifférence royale. Et voilà que, presque par hasard, j'ai mis Canal+ ce soir, vers 19h20. Or, l'invité n'était autre que le papy Kahn. Connaissant ses qualités de débatteur, je me réjouissais de ce que j'allais entendre. Bah j'ai été déçu, les p'tits !

Face à Kahn, Aphatie. J'aime bien Jean-Michel Aphatie. Je le trouve impertinent juste ce qu'il faut, intelligent, un peu de gauche quand même mais pas trop biaisé. Et il prenait cette lettre sous un autre angle : parler de monarchie élective, ce s'rait-y pas un peu faire comme une partie de la gauche française en accusant la droite d'antirépublicanisme ? Il a cité Mitterrand en 1964 avec Le Coup d'État permanent, qui disait que la Vème République était une dictature parce qu'elle dérivait vers un pouvoir personnel.* Le même discours, mot pout mot.

Kahn ne s'est pas laissé faire ; habile débatteur au début, il réussissait à tourner le dialogue à son avantage en racontant des boutades quand le ton montait. Mais l'impertinence si chère à Kahn s'est vite transformée en paranoïa et en provocation systématique. Tous les membres du jury (Denisot, Massenet, etc) ont pris fait et cause pour Aphatie.

Raté pour JFK. Je l'ai trouvé très parano sur ce coup-là. Il faisait de la rhétorique dans un style très "extrême-droite", avec moins de talent qu'un Le Pen. Il est bien descendu dans mon estime, et ça m'a ouvert les yeux sur un fait concernant Jean-François Kahn : je trouve qu'il aime bien avoir raison. Et que comme il est très fort en critique, pour qu'il ait raison, il faut que ce soit aux dépens d'autres. Cette fois, il s'est lâchement attaqué à Aphatie, qui n'est peut-être pas exempt de tout reproche, mais qui est selon moi un homme respectable, voire brillant.

Ce qui m'amène à expliquer les motivations qui m'ont poussé à me désabonner de Marianne. Sur le blog Crise dans les médias, Filaplomb m'avait dit qu'il trouvait Marianne trop anti-tout (si je me souviens bien). Je lui avais répondu que j'étais d'accord, mais qu'ils le faisaient bien. Sauf que ça m'a lassé. La critique systématique, ça va cinq minutes, mais au final ça vous fait déprimer. Et puis c'est vrai que je les trouve, à plusieurs égards, très poujadistes. Les "on vous l'avait dit", ça fait un peu trop autocongratulation. J'aimais bien quand ils disaient quelque chose et que, plusieurs mois plus tard, je me rendais compte à quel point ils étaient dans le vrai. Par exemple, c'est Marianne qui a inventé l'expression "droite bling-bling". Mais ça m'a soûlé quand ils ont fait un article pour dire "on vous l'avait dit, c'est nous qu'on l'a fait."

Et surtout, la dénonciation de la surmédiatisation de Sarkozy. C'est vrai, ils ont raison, c'est pas bien. Mais de là à dire que c'est antidémocratique, il y a un pas qu'ils ont choisi de franchir et moi pas. Et surtout, ce qui m'a lassé, c'est qu'à une ou deux exceptions près, depuis le 6 mai 2007, ils ont fait quasiment toutes leurs couvertures sur Sarkozy. Heu, c'est-y pas un peu antinomique, ça ?

Pour toutes ces raisons, je me suis désabonné de leur magazine. Pour finir par ce par quoi j'ai commencé, c'est-à-dire non pas Kennedy ou Obama, mais Kahn, je le trouve capable de réflexions brillantes, mais il aime un peu trop avoir raison et ne supporte pas assez la contradiction à mon goût. Ajoutez à cela qu'il a une fâcheuse tendance à attaquer personnellement ses interlocuteurs, parfois à la limite de l'insulte. -1, Monsieur Kahn...

19 février 2008

Le facteur qui faisait trembler la gauche

Aujourd'hui j'avais envie d'écrire un article. Un bon article, comme ceux du bon vieux temps où bloguer tous les jours ne me gênait nullement. Mais une multitude de sujets s'offraient à moi : parler de Fidel ? Je l'avais déjà fait il y a quelques mois, Chahid aussi. L'idée me plaisait bien, mais j'avais le sentiment d'avoir déjà tout dit. En me relisant, je constate que ce n'était pas le cas, mais bon...

Parler de Sarko ? Je l'ai déjà tellement fait...

Alors j'ai décidé de parler d'un sujet qui n'a pas trop de rapport avec l'actualité la plus brûlante : Olivier Besancenot et la LCR.

J'y ai déjà réfléchi à plusieurs reprises, notamment dans mes révisions de science politique sur les partis et les groupes d'intérêt, complété par un meeting du Facteur à Aix, il y a quelques mois.

Alors, les sondages (avec tout ce qu'on peut dire des sondages) font état d'une montée de ce brave monsieur. Il est l'un des rares "petits candidats" à avoir réitéré son score de 2002 en 2007, c'est un homme très charismatique (pour l'avoir vu en vrai, je peux vous le dire, il en jette), et il a de la marge. Alors, en tant que socialiste, dois-je le craindre, l'encourager ? M'en foutre ? Avoir de la sympathie pour lui ?

Et bien jusqu'à l'avoir vu en meeting, j'avais de la sympathie pour lui. Et quand je l'ai vu, j'ai compris qu'il pouvait représenter une menace réelle pour le PS. Charismatique, avec un discours cohérent, et bientôt avec un appareil à son service. Tout ça est un avantage sur un PS inaudible, sans tête et dont l'appareil est un fléau plus qu'un service. J'ai alors commencé à le considérer en adversaire.

Le credo de la LCR est assez simple : mener une politique de gauche ambitieuse : augmenter les salaires, nationaliser les grandes entreprises, édifier un État fort qui fasse en sorte que personne ne vive dans la misère... et ça, le meilleur moyend de l'obtenir est l'action sociale. Vive la grève, en quelque sorte. Blocages, manifestations, pour défendre les acquis sociaux. Intransigeance syndicale, SUD, CGT, tout ça. Et en ça, la LCR montre bien qu'elle n'est pas un parti protestataire (du moins pas encore car elle n'a pas de succès électoral à sa mesure), mais bien un groupe d'intérêt.

Rappel de science po : un groupe d'intérêt, c'est une organisation qui fait pression sur le pouvoir (ce que Le Pen appelle l'establishment) pour obtenir la prise en compte de ses revendications. Les deux derniers partis-groupes d'intérêt, ce sont les Verts et le FN. Les Verts, c'est assez facile à comprendre : leur but était d'insérer la thématique de l'écologie dans le discours politicien. Ils ont plus ou moins réussi, même si c'est Nicolas Hulot qui les a grillés à la présidentielle, et même si notre divin Président ne parle pas beaucoup d'écologie. Il faut dire qu'après la baudruche du Grenelle de l'Environnement et avec ce plot de Borloo, il ne fallait pas s'attendre à des merveilles. Bref.

Le FN aussi est en quelque sorte un groupe d'intérêt : il a réussi à imposer sa thématique favorite, à savoir l'immigration, et dans une moindre mesure l'identité nationale (voir leur tract pour les municipales), dans le discours des politiciens "classiques". Prenons au hasard Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pendant la campagne. Vous voyez où je veux en venir ? Et le FN, comme les Verts, s'est dégonflé comme par magie dès lors que son thème était repris.

Et bien je crois que la LCR a un rôle à jouer sur le PS. En effet, si le PS choisit durablement l'option sociale-démocrate de ses voisins européens (le New Labour et le SPD en tête) et abandonne son aile gauche(iste ?), il pourra émerger un parti rassembleur sur ce vide. Et s'il monte électoralement et devient incontournable, deux options possibles :

-Soit le PS devient à son tour un parti de centre-gauche, et le nouveau parti de Besancenot pourra peser sur les scrutins (si toutefois il reste audible), voire forcer le PS à accepter de gouverner avec lui. Et il jouera le rôle d'aile gauche du PS.

-Soit le PS, pour éviter l'hémorragie à sa gauche, reprend à son compte les thématiques qui pourront lui être imposées par la nouvelle force, et s'impose comme grand parti de gauche.

En tout cas, je crois que Besancenot a choisi une stratégie qui peut être payante et qui peut à terme être bénéfique au PS, et à la gauche dans son ensemble. 

13 février 2008

L'île aux fleurs

À voir. Un excellentissime court-métrage brésilien.
Traduction du début :
"Ceci n'est pas un film de fiction.
Il existe un lieu appelé l'île aux fleurs.
Dieu n'existe pas." 

08 février 2008

De la démocratie en Amérique

Voilà, l'Arlésienne est arrivée ! 

Je sais, ça fait peut-être un peu prétentieux de plagier Tocqueville pour mon titre, mais je n'ai pas trouvé mieux pour la VF. VF parce qu'effectivement, il y aura une version anglaise (pas VO car étant français, ma VO est aussi la VF). Comme dirait Sarko : "ce serait quand même extraordinaire que je publie un article où je ne dis pas du mal des Américains et que je n'en fasse pas profiter les Américains !" Et ici aussi, je suis plus sarkozyste que gaulliste car je ne dis pas qu'ils n'ont qu'à parler français, ce peuple de grands niais sans histoire qui n'a qu'à s'occuper de ses affaires sans faire chier la belle princesse qu'est la France et dont je me fais une certaine idée. Enfin, l'article précédent, qui s'appelle "Together, everything becomes possible", est un article sur les primaires américaines en anglais. N'étant pas un traducteur professionnel, je n'y ai pas forcément dit exactement les mêmes choses qu'ici, et je vous conseille de le lire, ne serait-ce que pour améliorer votre angliche. Et si vous voulez le commenter, ce sera in English of course. Sinon, c'est ici que ça se passe.

Alors l'article sur les primaires américaines m'est venu alors qu'on m'a demandé, cette semaine, pour qui j'étais : Hillary ou Obama ? Évidemment, on exclut tout républicain, car les Républicains, pour un français, socialiste, anti-américain, athée convaincu comme moi, c'est l'incarnation même du mal. Beurk. EVIL. Pire que Sarkozy, c'est dire. D'ailleurs, je vais régulièrement visiter le blog des néoconservateurs français (leblogdrzz.over-blog.com) parce que c'est tellement l'incarnation du mal que ça me fascine. De même que mon journal préféré est Le Figaro, mais JAMAIS je ne leur donnerai un euro. Je lis tout sur leur site, non mais ! Mais je m'égare. Jusqu'ici, je disais plutôt Hillary, parce que je savais qu'elle voulait rendre le système de santé plus accessible, et que je ne savais rien du programme d'Obama. Mais je me suis dit que si je ne savais rien, d'une part, il y avait un problème médiatique, parce que les médias ne couvraient que les personnes (ça fait plus vendre), et d'autre part que ce n'était pas une raison pour m'informer moi-même. Je vais donc écrire cet article comparant les programmes d'Obama et d'Hillary. Je m'excuse pour John Edwards et les autres, mais les blogs étant des médias, il faut aussi faire du sensass, et le plus sensass reste quand même les duels. Et c'est pas pour dire, mais déjà que je suis certain qu'Hillary va remporter les primaires et les élections, je ne vais pas m'encombrer de gens qui n'ont aucune chance de gagner.

Comparons donc les sites de campagne d'Hillary et de Barack : Le plus impressionnant, c'est que les sites reflètent parfaitement l'image qu'ils se sont donnés. Sur la page d'accueil du site d'Hillary, on a un drapeau américain stylisé accompagnant un "Hillary for President" en guise de bannière. L'image est une photo d'un meeting en extérieur, où on la voit de dos et dans l'ombre. En face, il y a une foule qui n'a pas l'air militante, mais plutôt composée de citoyens lambda, qui ont l'air de curieux. Et sur cette image, il y a marqué "HELP MAKE HISTORY ; Keep the Momentum going." Elle veut faire proche du peuple, et me rappelle furieusement quelqu'un d'autre. Au-dessous, il y a un lien qui nous propose de poser des questions à Hillary. Ca ne vous rappelle rien, ça ? Proche du peuple, posez des questions, j'y répondrai, ma plus belle histoire c'est vous... ? La version espagnole de la page la montre humaine, en compagnie de latinas, et non plus en meeting.

Chez Obama, par contre, l'image de rêveur est exploitée à fond. Sa photo est sur la bannière, et il est en chemise blanche, éclairé de face, et il regarde loin devant et se brûle les yeux. À côté, il y a une phrase qui nous dit "JE VOUS DEMANDE DE CROIRE. Pas seulement en ma capacité d'apporter un changement à Washington... Je vous demande de croire en vous." Waooh, ça me fait rêver... enfin, presque. Les tons sont des variations de bleu et de blanc, et me font penser à l'UMP sarkozyste. Ensemble tout devient possible, en somme. Au-dessous, des images défilent, avec des "YES WE CAN" et les évènements passés et à venir (le New Hampshire y était il y a encore quelques jours, mais il a été supprimé très vite ^^). La pragmatique et le rêveur. L'incarnation même des préjugés qu'on a sur eux.

Le programme, maintenant. Ce qui m'a frappé, c'est qu'il ne s'agit pas d'une profession de foi, mais d'un programme écrit à la troisième personne (Obama veut... Hillary pense que...), et cette façon d'écrire m'a choqué. En France, personne ne ferait ça : les candidats parlent en leur nom, et ne font pas répéter leur programme par des gens. M'enfin, c'est comme ça. Ensuite, Hillary a un programme mieux emballé, avec des titres accrocheurs comme "Renforcer la classe moyenne" ; "Finir la guerre en Irak" ; "Réformer notre système d'immigration". Bien mieux que Barack, qui lui classe ses promesses par thèmes : "Économie" ; "Éducation" ; "Foi" (oui, je sais, it's so shocking) ; "Droits civils"... Par contre, à l'intérieur, les propositions de l'une et de l'autre nous donnent la désagréable impression que chaque page a été écrite par une personne différente. On trouve des discours où il faut chercher les propositions sur certaines pages, et d'autres nous donnent directement un listing de mesures prêtes-à-voter.

Je ne vais pas détailler point par point les programmes, parce que sinon on y est encore demain. Je vais essayer de trouver ce qui clive dans les thèmes essentiels, à savoir l'économie, la santé, la démocratie, la politique extérieure, l'immigration et l'éducation.

On va commencer par l'immigration : alors là je dis Obama en force ! Les deux veulent renforcer la police aux frontières, lutter contre l'embauche de sans-papiers et faciliter l'intégration des immigrants, clandestins ou pas, en leur apprenant l'anglais notamment. Par contre, Hillary soutient le programme qui permet aux pachucos d'obtenir la citoyenneté en s'engageant dans l'armée... s'ils ne se font pas tuer en Irak. Beurk. Obama, lui, met l'accent sur l'augmentation des régularisations et le codéveloppement avec le Mexique. +1.

Sur l'économie, s'ils étaient payés à la page, Obama l'emporterait largement ; son programme économique est super-long. Celui d'Hillary est éparpillé un peu partout, donc la comparaison est difficile. Les deux se portent en tout cas en défenseurs de la classe moyenne (une bonne partie de l'électorat) et veulent un impôt plus juste, à savoir baisser les impôts pour plein de monde. Encore une fois, aucun des deux ne dit où il veut prendre le manque à gagner ; ah, si, Obama laisse entendre que ce sera à ces salauds de riches. Mais chuut, faut pas le dire fort.

A propos de la santé maintenant, je ne sais pas si vous avez vu Sicko, qui est le plus mauvais des films de Michael Moore, mais le problème du système américain, c'est les compagnies d'assurance privatisées qui se gavent et qui sont prêtes à vous laisser crever pour vous prendre vos sous. Contre ça, Hillary propose des mesurettes : un crédit d'impôts pour les familles qui ne peuvent pas payer les énormes sommes que leur demandent les assurances, légitimant ainsi de système et vidant les caisses de l'État ; interdire aux compagnies de refuser une personne si elle a une "condition préexistante" ; et une assurance qu'on garde si on perd son emploi. Rappelons que sous Bill, elle avait été chargée de réformer le système de santé, et qu'elle avait lamentablement échoué face aux lobbies. Obama, lui, propose à peu près les mêmes choses, en rajoutant beaucoup de détails, dont la lutte contre la paperasse bureaucratique.

En politique étrangère, Obama tape fort sur Hillary, qui a voté pour la guerre en Irak, a accordé le bénéfice du doute à Bush sur l'Iran, ou a soutenu sa politique de "marginalisation" des États ennemis. D'ailleurs, dans son programme, elle fait la girouette et dit qu'il faudra parler à nos ennemis. Et c'est bien sa seule proposition, d'ailleurs. Elle n'énumère que des idées générales, très manichéennes dans le cadre du conflit israélo-palestinien (sioniiiiisteuh !!), évite soigneusement de dire son plan pour l'Irak et souhaite continuer (mais elle ne dit pas comment) la guerre contre le terrorisme. Obama veut se barrer d'Irak en 16 mois montre en main, et commencer le retrait dès son arrivée à la Maison-Blanche. Cela s'accompagnera d'une politique diplomatique "agressive", avec une discussion (bastooon !) avec l'Iran et la Syrie sur les frontières irakiennes, l'isolement d'Al-Qaïda et des extrémistes afin de mettre fin à la guerre civile. Ambitieux, le petit ! Sur l'Iran, il affirme être le seul à soutenir une discussion directe avec l'Iran, en jouant sur la carotte plutôt que le bâton. Sur Israël, il est pour la création de deux états, un juif et un palestinien, qui cohabitent en sécurité. C'est beau de rêver ! Cela dit, si on est un peu attentif, on remarque qu'il est tout aussi sioniiiiiisteuh que l'autre. Sur la politique extérieure, je dis quand même +1 pour Obama, même s'il ne pourra pas faire le dixième de ce qu'il propose et s'il est sioniiiiisteuh.

Sur l'éducation, pour la petite enfance, Hillary nous fait sa Ségolène et dit que c'est la famille qui est la base de l'éducation ; par conséquent, il faut aider davantage les familles pour préparer l'entrée des enfants à la maternelle. Et abaisser l'âge d'entrée de 5 à 4 ans. D'autres ambitieuses propositions comme des écoles écologiques, le recrutement de plus de profs, l'objectif de diviser par 2 l'échec scolaire des minorités, le développement de lieux accueillant les enfants après les cours de 15 à 18h, et une orientation mieux adaptée aux secteurs en expansion. Et bien sûr, augmenter les bourses d'entrée à l'université. Je dis chapeau. Obama propose aussi d'aider les familles ente 0 et 5 ans, de réformer les contrôles de connaissances pour mieux les adapter à la réalité, de développer l'apprentissage de l'anglais pour les étudiants étrangers, de recruter des profs et de promouvoir la solidarité entre jeunes et vieux profs. Et créer un plancher de 4.000$ de bourse universelle pour l'entrée à l'université.Tout ça m'a l'air bien sympa, mai, déjà biaisé par le discours ségoléniste, je trouve Hillary plus convaincante.

Sur la démocratie enfin, Hillary a un programme plus complet. Obama propose de durcir les punitions contre les fraudeurs et les militants anti-système qui donnent de fausses informations sur le droit de vote. Là, j'avoue que je n'ai pas compris à quoi ça faisait référence. Obama propose aussi l'égalité républicaine à la française, à savoir la fin des statistiques ethniques, alors que Notre-Divin-Président veut mettre ça à l'ordre du jour dans le pays des droits de l'Homme. Un petit détail qui fait tout chez Hillary : rendre le jour des élections férié. Parce qu'aux USA, c'est pas des feignants, ils ont pas les 35 heures, eux ! ^^ Et ils peuvent bosser toute la journée sans pouvoir aller voter !

Voilà, j'en ai fini avec ce long article. Comme beaucoup, je ne suis pas plus avancé après qu'avant, mais ça me permet de voir un peu quels sont les programmes des deux candidats. 

06 février 2008

Des mangasses

J'aime pas les mangasses. Vous savez, ces bandes-dessinées japoniaises qui se prononcent manga, mais que les néophytes prononcent mangasses, ce que je fais avec un brin de provocation. De manière générale, j'aime pas. J'ai grandi au milieu de personnes qui aimaient ça, à cause de ma console Nintendo. Et oui, la console Nintendo vous propulse rapidement dans le pays du Soleil Levant, de gré ou de force. Parce que les nintendophiles (du moins jusqu'à la Wii, qui a popularisé cette marque jusqu'aux néophytes) ont longtemps été une secte à part dans le monde du jeu vidéo. Très minoritaires face aux géants de la mondialisation qu'étaient Sony et Microsoft.

Mais bien conseillé par un ami mangaphile, j'ai découvert (je devais être en cinquième, j'avais donc 11 ans) un manga qui me plaisait. Il répondait au doux nom de Dr Slump. Une grosse connerie écrite par Akira Toriyama, le gars qui a fait le cultissime Dragon Ball. Et d'ailleurs Dr Slump ressemble à Dragon Ball, si on réduit considérablement le côté "BASTOONN" et qu'on rend ça plus drôle (certains lui reprocheront d'être trop scato, je l'entends mais j'aime ça, alors...). J'ai dévoré les dix-huit volumes en me poilant, et à la fin j'étais triste que ça s'arrête.

Un peu attiré par Détective Conan (de Gosho Aoyama il me semble) mais vite lassé, j'ai toujours été très distant vis-à-vis des mangasses. Jusqu'à l'année dernière, où j'ai découvert une deuxième série qui m'a fait flasher. Et j'ai regretté amèrement de ne pas avoir connu cette série sept ans plus tôt. Ca s'appelle GTO : Great Teacher Onizuka. C'est assez connu, ça vous dit peut-être quelque chose. Par Tôru Fujisawa.

C'est l'histoire d'un loubard japoniais qui commence à en avoir marre de son existence car il approche de la trentaine. Alors armé seulement d'un diplôme falsifié venant d'une fac minable, il veut réaliser son rêve et devenir... prof. Par un coup de baguette magique (qui dure quand même tout le long du premier volume), il réussit finalement à se faire engager dans un lycée où, haï de son sous-directeur, il se voit, par vengeance, attribuer la pire de toutes les classes.

La suite de ses aventures raconte comment il réussit à se mettre la classe dans la poche, alors qu'on la croyait irrécupérable. Surtout, il apprend aux gnomes, non pas l'éducation civique (ce pour quoi il est payé), mais à se faire bien voir. Parce que venant d'un milieu où la réputation fait tout, il sait à quel point il est important de se faire respecter, bien plus qu'il ne faut avoir de bonnes notes.

Ajoutez à cela que l'humour n'est pas du tout sacrifié à une morale (sinon c'est pas drôle, ça devient du Chuck Norris ^^). Ce qui n'empêche pas la morale de passer. Et quand j'étais au collège, j'avais de gros problèmes sociaux alors que je réussissais bien aux contrôles. J'ai passé quatre années de merde, sans ami, à faire le fayot et surtout à tout faire pour me faire haïr, en faisant semblant de me demander pourquoi tout le monde me détestait. Ma crise d'adolescence n'a pas été l'affirmation de moi contre les vieux, mais au contraire contre mes pairs.

Alors on peut toujours dire que si ma tante en avait, elle s'appellerait mon oncle, mais je pense vraiment que cette série m'aurait fait comprendre quelques trucs si je l'avais découverte il y a un pitit moment. En tout cas, asociaux ou pas, profs ou pas, élèves, étudiants ou pas, je vous conseille cette série : GTO, de Tôru Fujisawa. 

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